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Guinée : A propos du « Wassolon », Histoire ou fiction?

 09 février 2006  

Article réalisé par: Thierno Sadou Diallo depuis les USA

J’ai lu avec effarement l’article publié sur certains sites guinéens faisant le récit de l’implantation des peulh dans la region ouest-africaine, et plus particulièrement dans le « Wassolon ». J’ai été frappé d’abord par ce titre bien singulier : « Le Wassolon, l’empire Peulh du Mandingue ». Je ne suis pas historien mais ni dans mes lectures, ni dans mes cours de lycée, je n’avais entendu parler d’un tel empire. Le Wassolon ou Wassoulou m’était bien familier mais en tant qu’empire ? Alors, me disais-je, il serait fort intéressant que je lise ce document. Mais plus je parcourai le texte plus ma stupeur était grande. A cause des erreurs et autres inexactitudes, des déformations et du message voilé qu’il entendait véhiculer. Ma conscience d’intellectuel ne pouvait donc me pousser qu’à réagir et apporter certaines précisions.

Thierno Sadou Diallo

D’abord, le titre ! Il n’y a pas eu dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest un empire peulh. A plus forte raison un empire peulh du mandingue. Cela n’aurait été possible que dans le cadre de l’état théocratique du Fouta-Djalon qui n’était en fait qu’une confédération. Ou encore dans le Fouta-Toro au Sénégal où il n’existait que le royaume, certes puissant, du Tékrour. Ou bien dans le cadre de la guerre sainte et des conquêtes territoriales menées par El hadj Oumar à l’est du fleuve Niger. Ou bien encore celles menées par Ousmane Dan Fodio au Nigeria. Pour parler d’empire, il faut réunir un ensemble de territoires qui soit soumis à une même autorité, c’est-à-dire une nation qui soit soumise à la domination d’un empereur.

A ce jour, il n’y a eu que trois grands empires en Afrique de l’Ouest : l’empire du Ghana, l’empire du Mali et l’empire Songhai. Il convient de préciser ici que ce n’est point l’assèchement du Sahara qui a décimé l’empire du Ghana. Ce sont les almoravides et leurs alliés musulmans qui ont mis un terme à la domination du Ghana en saccageant la capitale Kumbi-Saleh et en massacrant le reste de la population qui s’y trouvait. L’assèchement du Sahara a eu lieu a une epoque bien antérieure à ces événements.

C’est le royaume du Sosso qui est né des ruines de l’empire du Ghana et non l’empire Songhai. Le Sosso n’était même pas un empire mais un royaume dominé par l’énigmatique Soumaoro Kanté ou Soumangourou qui avait défait tous ses rivaux et les rois des contrées environnantes. Il a fallu une coalition de plusieurs états avec leurs armées sous le commandement de Soundiata Keita pour venir à bout de la puissance militaire de Soumaoro Kanté pendant la bataille de Kirina en 1235.

Après la défaite de Soumaoro, cette coalition a permis la naissance de l’empire du Mali avec la désignation de Soundiata Keita comme chef suprême, devenant ainsi le premier empereur de cette puissante nation qui comprenait entre autres des malinké, des soninké ou sarakollé, peulh, jallonké, Kissi et bien d’autres minorités.

C’est seulement après la désintégration de l’empire du Mali que survint l’empire Songhai ou l’empire des Sonrai. Il convient de signaler ici que contrairement à ce qui a été écrit dans « Wassolon, l’empire Peul du Mandingue », l’empire Songhai et l’empire Sonrai représentent un seul et même empire. Le sonrai désigne simplement la langue ou le peuple de cet état. Et ce n’est nullement « la progression de la sécheresse, les guerres fatricides pour la domination de l’eau et des terres agricoles qui ont conduit cet empire à son déclin ». Ce sont les expeditions marocaines qui ont fini d’affaiblir et anéantir le Songhai dans une guerre presque interminable.

Quant au récit fait de la pénétration des Peulh dans cette zone, il est encore plus tiré par les cheveux. Il faut comprendre que les Peulh ne sont pas le seul groupe ethnique en Afrique de l’Ouest qui soit venu d’ailleurs. Pratiquement tous les groupes de cette region ont immigré des parties Nord et Est du continent, refoulés vers le Sud à une époque ou à une autre. Certains historiens soutiennent que toutes les populations de l’Afrique de l’Ouest descendent du Sahara à l’époque où cette région était encore fertile, arrosée avec des milliers de cours d’eau. D’autres chercheurs comme l’eminent Cheick Anta Diop vont même jusqu’à dire que pratiquement toutes les populations de l’Afrique de l’Ouest seraient originaires de l’Egypte Ancienne. Et cela inclurait les Sérère, les Sarakollé, les Ouoloff, les Peulh, les Bamana, les Haussa du Nigeria, les populations du Cameroun et bien d’autres.

En ce qui concerne les Peulh, les phases migratoires de cette population à travers l’Afrique de l’Ouest ne constituent plus un mystère. Celui qui prétend ne pas savoir avec certitude cette odyssée ne connait tout simplement pas l’Histoire. Comme d’autres peuples, les Peulh sont venus de l’Est du Continent, et si l’on croit Cheik Anta Diop et Aboubacry Moussa Lam, de l’Egypte ancienne et de ses contrées environnantes. La première phase migratoire les a fait échouer au Sud-Ouest de la Mauritanie. La tradition orale et l’étude de la toponymie indiquent que les Peulh ont séjourné en Mauritanie depuis des temps très anciens. Avant de s’installer dans l’actuel Sénégal, ils avaient d’abord longuement séjourné sur la rive droite du fleuve Sénégal. Vers la fin du Xe siecle, il y avait deux royaumes noirs qui régnaient sur le Sahara Méridional : l’un le Tékrour était aux abords du fleuve Sénégal, et l’autre plus à l’est, le Ghana qui englobait de vastes territoires et était peuplé par les ancêtres des actuels Soninké (Sarakollé). Déjà dans le royaume du Ghana, on pouvait voir les premiers pasteurs peulh parcourir tout le territoire. Il convient de signaler ici un fait très important : les premiers rois du Tékrour étaient d’origine Soninké (Sarakollé) et bien entendu l’empire du Ghana a été fondé par un autre groupe de Soninké dont les Cissé représentaient la branche royale. Toutes les études ont montré que les Peulh et les Soninké ont des affinités très poussées. Les Peulh ont toujours vécu auprès des Soninké et vice-versa. Il n’est pas exclu que ces deux groupes soient venus de l’est du continent, des alentours du Nil, l’un suivant l’autre. Tout compte fait, on les retrouve ensemble sur l’axe du fleuve Sénégal dans le Tékrour, et dans l’empire du Ghana dont la capitale Kumbi-Saleh se trouvait au Sud-Est de l’actuelle Mauritanie, pratiquement à la frontière avec le Mali. De plus, les recherches ont montré que la langue Peulh, le Pular est beaucoup plus proche du Soninké et du Sérère que n’importe quelle autre langue africaine. Lorsque les almoravides et leurs alliés musulmans ont envahi l’empire du Ghana, les Soninké ont dû faire appel à leurs alliés Peulh pour resister aux attaques.

Mais qui sont les Soninké ? Ils représentent un groupe ethnique très large. En république du Mali, ils sont connus sous le nom de Sarakollé ou Marka. En Guinée, ils ont fait de Kankan leur capitale. La dispersion du peuple soninké est telle que certains de ses éléments sont difficilement identifiables du fait de leur absorption par les autochtones de leurs pays de résidence. Dans certains cas, ils ont perdu peu à peu l’usage de leur langue d’origine pour prendre celle des aborigènes et il est aujourd’hui difficile de les prendre pour des Soninké. Ce qui est le cas par exemple en Guinee où les Soninké ont été absorbés par les Malinké, et dans une moindre mesure par les Soussou et les Peulh. Mais ils n’en gardent pas moins leurs patronymes qui sont généralement Cissé, Sylla, Diakité, Dramé, Tounkara etc… Plus tard, certains préfèreront tout simplement adopter de nouveaux noms qui cadraient mieux avec leurs activites. Lorsque le Ghana fut détruit, les états vassaux, pour la plupart dirigés par des chefs Soninké, vont s’affranchir de la tutelle de l’empire et suivre leur propre chemin. Ce fut le cas par exemple de Mema, la capitale d’un grand royaume sur le Djoliba, dirige par les Tounkara. C’est là que Soundiata se réfugia après avoir été exilé par son frère Dankaran Touman. Et c’est grâce aux rois Soninké de Méma, dont Moussa Tounkara, que Soundiata Keita put organiser la coalition qui allait venir à bout du redoutable Soumaoro Kanté.

Quand je lis maintenant dans « Wassolon, l’empire peulh du Mandingue » que c’est dans « la traversée du désert que les Peulh auraient rencontre des arabes, des berbères, des almoravides avec lesquels ils auraient eu des enfants, et que c’est ce qui serait à la source de leur métissage, d’où leur pigmentation de la plus blanche à la plus foncée », vraiment les bras m’en tombent et je ne peux associer un tel raisonnement qu’à une imagination pure et simple de l’esprit, une ignorance totale des faits historiques. Retenez une bonne fois pour toute, l’Histoire ce n’est pas de la fiction ! Le soi-disant métissage des Peulh a eu lieu bien des siècles avant leur départ pour l’Ouest du Continent. Cheick Anta Diop notait dans un de ces ouvrages que le Grand batisseur et conquerant de l’Egypte ancienne, Ramses II et son père Seti Ier représentaient déjà le type peulh tel qu’on le connait aujourd’hui en Afrique de l’Ouest. Il faut comprendre aussi que pour les Peulh, ces questions liées au phenotype, la constitution physique d’un individu, la couleur de la peau n’ont jamais été des critères d’appartenance ou d’identification du groupe. Une telle vision des caractéristiques de la race ne pouvait germer que dans les esprits confus, tordus, acculturés, issus de la colonisation, qui ont plongé nos pays nouvellement indépendants dans une misère abjecte. Chez les Peulh, le seul critère d’appartenance a été la capacité à comprendre et à parler la langue Pular, encore appelé Fulfuldé.

Seule l’ignorance peut faire dire à quelqu’un que les Peulh n’ont aucune tradition guerrière et qu’ils auraient utilisé la ruse pour s’installer dans les territoires ouest-africains. Comme les autres groupes ethniques, l’implantation des Peulh dans les zones où ils vivent s’est faite de diverses manières à travers plusieurs phases de migration. L’une de ces phases a vu certains groupes de Peulh quitter leur habitat sud-mauritanien pour le royaume du Tékrour sur les rives du fleuve Sénégal ou le royaume du Ghana, un peu plus à l’Est. Autant les Soninké s’étaient dispersés à la chute de l’empire, autant les peulh se sont éparpilles à travers les états de la région. Une autre phase a vu des Peulh (les Poulli) arriver au Djallonkadougou (Fouta-Djallon) avec leurs troupeaux. Dans cette région, ils vivront avec les Djallonké en parfaite harmonie et complémentarité pendant des siècles. Les uns pratiquant l’élevage et les autres, l’agriculture. Ce n’est que plus tard qu’une autre vague migratoire, en provenance du Macina (Mali actuel), amènera des Peulh musulmans vers le 17e et 18siecle au Fouta-Djallon. Ces derniers feront bien appel à leur tradition guerrière pour imposer leur religion et batir un état théocratique. D’autres vagues iront du Fouta-Toro vers le Nigeria et jusqu’au Cameroun. Tous ces mouvements de population ne se firent pas sans heurts. Il y eut parfois des conflits et la guerre comme ce fut le cas au Nigeria où Ousmane Dan Fodio eut recours à la guerre sainte pour soumettre les états dominants des Haoussa. Ou encore El Hadj Oumar qui conquit une bonne partie de l’est du Mali. Dans le groupe Peulh, il y a eu donc des pasteurs nomades mais aussi des peulh sédentarisés qui ont décidé de pratiquer l’agriculture comme ceux qui ont préféré rester sur les rives du fleuve Sénégal ou dans le Tékrour. Il y a eu des Peulh musulmans ou marabouts dont la seule activité se résumait à l’apprentissage et à l’enseignement des connaissances religieuses. Il y a eu des Peulh guerriers comme l’ont démontré a plus d’un titre les puissants chefs guerriers du Diwal de Labé.

Justement l’un de ces groupes de Peulh sédentarisés s’est retrouvé dans le Wassolon qui était une contrée de l’empire du Mali. Les Peulh du Wassolon ont progressivement perdu l’usage du Pular pour adopter le Maninka. Leur pénétration dans cette zone est sujette à plusieurs interprétations. Certains chercheurs affirment que les Peulh du Wassolon seraient les descendants des guerriers ayant servi dans l’armée de Soundiata Keita. D’autres soutiennent que ne voulant plus faire le nomadisme, et fuyant les guerres fratricides, ils se seraient confiés à la protection des chefs de l’empire du Mali. D’où leur absorption par le groupe dominant Malinké.

En parlant des Peulh ou de tout autre groupe ethnique de cette region ouest-africaine, il faut se garder d’inventer des stéréotypes. Les mouvements de populations au Sud du Sahara ont été des phénomènes assez variés, progressifs, lents mais surtout très complexes. On ne peut en faire une caricature. Sans quoi on risque de tomber inexorablement dans la bouffonnerie et s’exposer au ridicule.

Thierno Sadou Diallo
tsadoudiallo@aol.com
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