Guinée : « EN VOUS INSULTANT DANS VOS JOURNAUX, LA PRESSE S'EST RETROUVÉE DANS LES CANIVEAUX » DIXIT BOUBACAR YACINE DIALLO
07 février 2006
Le CNC (Conseil National de la Communication) a convié, le mercredi 1er février 2006, les responsables des journaux de la place pour débattre des « manquements graves » constatés ces derniers temps dans la presse. A l’issue de la rencontre, il a été mis en place un Comité de sages chargé de gérer les litiges qui opposent certains confères.
Le Conseil national de la communication (CNC), sous la présidence de Boubacar Yacine Diallo, a initié, mercredi 1ER février dernier, une rencontre avec les directeurs de publication et rédacteurs en chef des différents journaux de la place, ainsi que des représentants de l’AGEPI (Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante) et de l’OGUIDEM (Observatoire guinéen de la déontologie et de l’éthique des madias).
Objectif ? S’entretenir avec eux au sujet des « injures, calomnies, manquements graves à la profession et attaques personnelles entre journalistes » constatées ces derniers temps dans les colonnes de certains journaux. Une situation que déplore Boubacar Yacine Diallo. A l’occasion, le président du CNC promettra de sévir avec rigueur contre les auteurs de tels manquements. A ceux qui respecteraient en revanche l’éthique et la déontologie, son institution leur garantit une protection sans faille, même si cela devait contrarier des personnes « très influentes ».
« Nous ne pouvons pas continuer comme ça » a martelé Boubacar Yacine Diallo, avant d’ajouter : « les lecteurs se découragent chaque jour, car ils constatent que de moins en moins vous diffusez de l’information ». Pis, ce sont les attaques entre journalistes qui sont la cerise sur le gâteau. « En vous insultant dans vos journaux, la presse s’est retrouvée dans les caniveaux », a-t-il poursuivi. De nombreuses personnalités l’auraient interpellé à propos. Pour mettre un terme à cette crise qui n’honore guère la corporation, le président du CNC a proposé la mise en place d’un Comité de sages.
Celui-ci sera en quelque sorte une commission ad hoc et le compte rendu de sa mission de bons offices est attendu le mercredi 15 février prochain. Présidée par El Hadj Diallo Souleymane (Directeur général du groupe Lynx-Lance), ladite commission comprend huit autres membres : Oumou Khairy et Hassan Kaba de L’indépendant, Baldé Saliou et Ibrahima Sory Diallo de L’humanité, Talibé Barry du Diplomate, Akoumba de l’Aurore et Mory Fofana de l’Agepi. Précisons que cette commission est déjà fonctionnelle. Dans la matinée du vendredi 3 février dernier, elle a mené des démarches ‘’fructueuses’’ auprès des rédactions de L’observateur et de La Guinée actuelle.
Si après toutes ces médiations, certains, pour « des raisons qui leur sont propres continuent de s’attaquer, la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », avertira Boubacar Yacine Diallo. Une décision qui du reste sera largement approuvée, et même encouragée, par les journalistes présents.
Quant au patron du Groupe Lynx - Lance, il affirmera que la presse est désormais constituée de clans. Pour lui, il suffit tout simplement de lire les premières lignes d’un article pour en connaître le commanditaire. Ce qui, ajoutera-t-il, n’est pas normal, car les journalistes ne devraient pas jouer aux fantassins dans la guerre des « grands ».
Baldé Saliou, ancien journaliste de Horoya et chargé de la communication à l’UFR (Union des forces républicaines), dira pour sa part que le journaliste est une personne respectée. Il doit faire en sorte que ce respect demeure, en respectant les obligations qui sont les siennes. Dès l’instant où il cesse d’être respecté par le public, alors sa mission s’arrête.
Plusieurs autres confrères prendront également la parole pour donner leur point de vue. Pour les uns, les dérives constatées ces derniers temps dans la presse sont dues à un manque de professionnalisme. D’où la nécessité d’initier des programmes de formation. Boubacar Yacine Diallo, dira, à propos, que des démarches sont en cours dans ce sens. Pour les autres, si la presse se retrouve dans cette situation, c’est parce que l’OGUIDEM ne fonctionne pas correctement. La date pour le renouvellement de son bureau est prévue pour le même mercredi 15 février.
Alpha Camara
L’Observateur, partenaire de Nlsguinee
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