CAN 2006 : Henri Camara «traître et maudit» pour les Guinéens
06 février 2006
Les milliers de supporters guinéens, qui n'arrivent pas à digérer vendredi la défaite (2-3) du "Syli national" face aux "Lions" du Sénégal en quarts de finale de la Coupe d`Afrique des Nations (CAN) continuent de s'en prendre à l'avant-centre sénégalais Henry Camara, auteur du 3ème but, qu'ils considèrent comme "un traître et un maudit qui a marqué contre son pays d`origine".
Les supporters du "Syli national", dépités, déçus et démoralisés, estiment que sans les prestations de l'avant-centre sénégalais qui n'a pas pas cessé de donner le tournis à ses anges gardiens, les "Lions" n'auraient jamais pu vaincre le onze national guinéen qui attendait de pied ferme cette équipe au sein de laquelle évolue un certain El Hadj Diouf qui "n'a jamais eu de respect pour l'équipe guinéenne".
De nombreux autres supporters, qui en veulent à Henry Camara, affirment aussi que l'arbitre béninois a refusé sans raisons, le premier but de Kaba Diawara en première mi-temps et un penalty que "tout bon arbitre, non corrompu, devrait siffler". Le troisième groupe de supporters déçus est constitué "des entraîneurs d'un dimanche", terme qu'aimait à utiliser l'ancien international malien de Bordeaux, Karounga Keita, au moment où il dirigeait le Djoliba de Bamako, son club de toujours, lorsque des supporters déçus arrivaient à se faire passer pour des entraîneurs.
Ce groupe de supporters en veut au coach Patrice Neveu de n'avoir pas fait jouer à temps Ismaël Bangoura, le sociétaire du Mans, dont les deux buts marqués cette année dans le championnat français contre Marseille relèvent d’un exploit incommensurable aux yeux de plusieurs Guinéens.
Par ailleurs, de nombreux fidèles musulmans, qui répondent constamment présents aux grandes prières de vendredi ont ignoré les mosquées pour cause du match Guinée-Sénégal.
Cependant, certains parmi eux, ont regretté au coup de sifflet final de n`être pas allés accomplir leurs devoirs et d`avoir par conséquent commis un péché. Les bureaux et commerces étaient quasi-vides dès les premières heures de la matinée. Une dame d'une trentaine d'années indique que la défaite du "Syli national" est logique "parce que les Guinéens ont trop parlé," ajoutant qu`El Hadj Diouf, n'a pas eu tort de sous-estimer le onze national guinéen, composé "de joueurs fatigués, qui ne croient qu'en l'argent".
D'autre part, contrairement à cette dame, de nombreux supporters lucides ont affirmé que la victoire des "Lions" est logique et ont appelé au calme et au fair-play.
Dès le coup de sifflet final, un impressionnant cordon de police a occupé l'Avenue Diallo Telly, au centre-ville, dans les quartiers de Kouléwondy et de Sandervalia, où vivent de nombreux Sénégalais qui travaillent majoritairement dans la bijouterie pour assurer leur sécurité. Les rues et grandes avenues sont restées vides plus de deux heures après le match.
La déception est vive et Henry Camara reste au centre de toutes les discussions. On rappelle que l'attaquant sénégalais de Wigan (Premier League anglaise), Henri Camara, auteur du troisième but des "Lions" est né à Dakar de parents guinéens. D'ailleurs, il n'est pas le seul, puisque trois autres joueurs de l'équipe nationale du Sénégal, à savoir Rahmane Barry, Souleymane Camara et Diomanssi Camara sont de parents originaires de la Guinée.
Source : Rewmi.com
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