Guinée : Femmes et violence
31 janvier 2006
Pour lutter contre la féminisation du VIH/Sida et la violence à l'égard des femmes, le 14 janvier dernier, au CHU Donka, le Cercle Scientifique des Amis pour le Développement (CASAD) a organisé une conférence débat sur le thème: "Femmes, violence sexuelle et VIH dans le monde.
Dr Mandjou Diakité, CHU Donka, dans son exposé “ Femme VIH/Sida en Afrique et en Guinée ” a mis l'accent sur les causes de la féminisation de la pandémie. La vulnérabilité dépendant d’une foule de facteurs telles les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) non traitées qui favorisent la transmission du virus de 300 à 400%, la non-utilisation des préservatifs dans les rapports sexuels, les mutilations génitales féminines, les mariages précoces, le sororat, le lévirat, les conflits....
De son côté, Dr Diaby Abdoul Karim, du Service Médecine Légale à Ignace Deen, à propos de la violence à l'égard des femmes, se basant sur une enquête dans les quatre coins de la Guinée : “ C'est pas une mauvaise chose de corriger une femme lorsqu'elle est surtout mariée". A N'Zérékoré, les personnes interrogées estiment que l'autorité familiale ne peut être efficace que si le mari est craint et obéi de sa femme. A Kindia, un participant, "l'excision ne pouvant être considérée comme violence faite à celle qui la subit autant établir la liste de toutes les femmes de nos différents quartiers". Chez les Kankankas la nouvelle mariée est accompagnée chez son époux avec une cravache dans la valise. Plus qu’un symbole ! Les Labékas, eux, considèrent que la femme appartient à son mari, l'enfant à ses parents.
Dans la capitale, quelques personnes interrogées estiment que la femme et l'enfant ne sont pas à violenter. L’enquête révèle que la plupart des femmes interrogées ont été violentées par des partenaires directs. 20 à 70 % des femmes maltraitées n'en avaient pas soufflé mot avant d’être interrogées. Car une femme qui envoie son mari devant les juges signe son divorce.
Kounkou Mara
Source : le Lynx
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