Guinée : DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION GUINÉNNE DES VICTIMES DU CAMP BOIRO ( AGVCB): AN 35, COMMÉMORATION PRÉVUE LE 25 JANVIER 2006
25 janvier 2006
Le monde a commémoré en 2005 le 60e anniversaire de l’Holocauste d’Auswitz. Les crimes contre l’humanité concernent tous les peuples et toutes les générations. Nous sommes certains que la journée du 25 janvier 1971 s’inscrira à jamais dans la mémoire des Guinéens afin que « PLUS JAMAIS ÇA ».
Par devoir sacré, nous, Association des victimes du camp Boiro, célébrons ce 25 janvier un douloureux et triste anniversaire, celui de l’ignominieuse et lugubre pendaison ici même au Pont de Tombo de :
- Baldé Ousmane
- Barry Ibrahima dit Barry III
- Magassouba Moryba, tous trois ministres, ainsi que de :
- Keita Kara de Soufiane, commissaire de son état.
A l’image de Conakry, plus d’une centaine de victimes furent pendues dans toutes les régions.
Aujourd’hui, l’heure est venue de rendre justice et de faire en sorte que personne n’oublie et que ceux qui arrivent apprennent ce qui un jour a pu se passer. Aussi, la communauté mondiale, sensible à cette cause, décidera avec l’Association des victimes du camp Boiro de marquer symboliquement pour l’Histoire et le devoir de mémoire cette sombre page de notre histoire.
Ainsi, plusieurs bonnes volontés participent et aident à la réalisation de cette œuvre historique : la construction d’un Mémorial sur le site du Camp Boiro, dédié aux victimes directes et indirectes de cette tragédie humaine, qui a eu lieu il n’y a pas si longtemps et dont le peuple de Guinée fut le seul à avoir subi des dommages de fait graves dans son évolution, que la communauté mondiale a l’obligation morale – après les symboles et les commémorations – de réparation.
Car de ces genres d’injustices, comme pour l’Holocauste, prescription il ne peut y avoir, d’autant plus à l’encontre d’un peuple, depuis si longtemps dépouillé, dépossédé.
Après une longue et profonde critique de la situation dans ses aspects, l’Association des victimes du camp Boiro rejette toutes les accusations du pouvoir défunt qui cherchait par tous les moyens dans son dessein pour salir nos compagnons et tous ceux qui ont été arbitrairement arrêtés et qui demeurent des victimes innocentes.
Non, trop c’est trop. Il est impérieux, urgent et indispensable de prendre les dispositions radicales dans l’intérêt majeur de la Nation pour un assainissement définitif de la situation de toutes les accusations et de toutes les condamnations finalement reconnues grossièrement injustes. Désormais, il faut sans hésiter reconnaître toutes les victimes comme des innocentes.
Le pouvoir a voulu frapper et disqualifier ceux qui ont osé. Pour employer l’expression audacieuse et encourageante d’Abdoulaye Ly (ministre de la Culture d’alors au Sénégal) : « ce que leurs thuriféraires n’ont pas osé, refuser la courbette et l’avilissement ».
Demain, nous n’irons plus pleurer sur vos tombes et les reliques prestigieuses de votre résistance, vos noms seront exaltés et honorés pour toujours.
L’Association des victimes du camp Boiro se bat et se battra toujours pour faire la lumière et toute la lumière sur la manifestation de la vérité pour le « Devoir de mémoire », pour la « Mémoire collective » pour que « plus jamais ça ».
Nos compagnons ne pouvaient pas être des félons, et ils seront un jour définitivement réhabilités dans tous les registres de l’histoire du pays. Une auréole de gloire vous précédera et vous suivra.
Honneur aux victimes !
Gloire au Peuple !
Vive la Guinée !
Conakry le 21 janvier 2006
Correspondance pour Nlsguinee.com
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