Suisse - Guinée : Peut-on échapper aux griffes des autorités guinéennes, même étant en Suisse ?
23 janvier 2006
Chers fidèles lecteurs, c’est avec une très grande consternation que nous avons appris la présence en Suisse de « mystérieux compatriotes » venus identifier les requérants d’asile en vue de leur renvoi en Guinée.
Plusieurs jeunes réfugiés guinéens reçoivent régulièrement des convocations de la part des autorités Suisses (Bundesamt für Migration – BFM) à Berne, pour une prise de contact avec les autorités diplomatiques guinéennes pour l’obtention des documents de voyage... Ce qui reste tout à fait dans le cadre de la normalité.
Ce qui nous préoccupe par contre, c’est la dernière nouveauté en la matière car on nous annonce la présence discrète en Suisse de mystérieux personnages guinéens dont on ignore l’identité officielle à qui on a confié la lourde tache de désigner de façon purement abstraite ceux qui doivent bénéficier des documents en vu de leur renvoi en Guinée.
Des sources bien informées nous ont indiqué que ceux qui sont chargés d’identifier nos compatriotes refusent tout contact avec ceux qu’ils veulent identifier et n’entendent en aucune façon se faire connaître.
Les autorités suisses ayant adopté ces dernières années des mesures contraignantes en matière d’asile, entendent diminuer fortement le nombre de requérants d’asile vivant sur son sol.
Selon nos informateurs, c’est dans cet ordre d’idée que des accords secrets ont été conclus avec le Gouvernement de Cellou Dalein Diallo pour le renvoi de nos compatriotes et cela malgré le risque réel que courent certains une fois renvoyer en Guinée.
Nous avons d’ailleurs publié un article intitulé : « Guinée : La Suisse va- t-elle échanger des êtres humains contre des ordinateurs ? » et qui dénonçait les conséquences de ce type d’accord.
Cet article est d’ailleurs disponible sur le lien suivant :
www.nlsguinee.com/articles/article157.html
Parmi les jeunes requérants d’asile convoqués à Berne le mardi 17 janvier 2006, figure un de nos correspondants ici en Suisse en la personne de M SIDIBE Gando.
M Sidibé est connu pour son engagement dans la communauté guinéenne de Suisse ; il est non seulement l’un de nos principaux correspondants mais aussi le commissaire aux comptes de l’A.R.G.S.Z (Association des Ressortissant(e)s Guinéen(ne)s et Sympathisant(e)s à Zurich).
Il est connu pour être l’auteur de plusieurs articles allant du domaine politique à celui socioculturel. Il participe activement à toutes les activités de la communauté guinéenne de Zurich et environs…
Certains articles de M SIDIBE sont encore disponibles sur notre site www.nlsguinee.com; ces multiples « comptes-rendus » sur les différents concerts culturels organisés ici à Zurich par notre communauté sont très appréciés.
Rappelons par ailleurs que M Sidibé n’est pas le seul à être convoqué à Berne ces derniers temps, mais à notre grande surprise, il a été immédiatement mis aux arrêts par les autorités et transférés au centre de détention « Ausschaffungshaft de Zurich ».
Des témoins nous ont indiqué que M SIDIBE s’était beaucoup intéressé à l’identité de ceux qui voulaient l’identifier. Si tel est le cas, on peut se demander si le fait de s’enquérir de l’identité de ces fameux « missionnaires » nécessitait vraiment la mise en détention immédiate de notre correspondant ?
N’est-il pas naturel de vouloir connaître l’identité de ceux qui voulaient l’identifier ?
M SIDIBE a-t-il commis un crime de lèse majesté en poussant loin sa curiosité à la différence de certains guinéens qui se contentaient de parler à des inconnus ?
Nous estimons qu’il est tout à fait normal et c’est la moindre des choses dans ce genre de situation de chercher à savoir qui on a en face de soi.
C’est une attitude «primordiale» pour certains et «vitale» pour d’autres ! Il est absolument vital que l’on sache qui sont ces personnes qui viennent en Suisse pour identifier les réfugiés. Qui les a envoyés en mission en Suisse, comment se déroule l’identification… ?
Pourquoi ceux qui viennent aider les autorités suisses pour l’identification des jeunes guinéens en vu de leur renvoi, ne veulent pas être eux-mêmes identifiés ?
Pourquoi ne veulent-ils pas que l’on sache qui ils sont et pour qui travaillent-ils ?
Pourquoi il y a tant de mystères qui entourent le processus de rapatriement des guinéens vivant pour des raisons aussi diverses que variées à l’extérieur du pays ?
Nous voyons autour de ce mystère les conséquences des accords secrets conclus entre les autorités suisses et le premier ministre guinéen M Cellou Dalein Diallo au tout début de sa nomination. Cet accord permettait à la Suisse de livrer du matériel informatique à la Guinée et en retour, le premier ministre guinéen se serait engagé à faciliter le renvoi des requérants d’asile guinéens vivant sur le territoire helvétique par l’octroi de documents de voyage (Laisser - passer et autres).
Si personne ne peut s’opposer à la législation suisse en matière de renvoi des illégaux vivant sur son sol, force est de constater tout de même que les réfugiés ont tout à fait le droit de savoir qui veut les identifier.
Nous craignons que ce processus d’identification se déroule de façon tout à fait obscure dont les conséquences seront le renvoi de personnes risquant réellement leur vie en Guinée.
Nous rappelons encore une fois que la guinée n’est pas un pays démocratique et les dernières communales sont là pour l’attester. Pire, les exactions commises contre le correspondant en Guinée de notre organisation l’ANDD en la personne de M Amadou Sadio Diallo, Directeur de publication « LES ONDES DE GUINEE », attestent de la brutalité avec laquelle certains hommes des medias sont traités.
Lire le rappel de ces faits sur le lien suivant : www.nlsguinee.com/articles/article482.html.
Nous voulons que les identifications se fassent de façon transparente et que toute personne concernée puisse obtenir une information juste sur toute la procédure de renvoi. Ceci d’autant plus que certains guinéens qui sont dans la même situation et qui ont pu rencontrer ces mystérieux « missionnaires guinéens » nous ont confirmé que ces derniers ne sont que de simples « troubadours et de petits courtiers » qui passent le clair de leur temps à « fouiner » au ministère guinéen des affaires étrangères à Conakry ainsi dans les chancelleries guinéennes à l’étranger.
Certains parmi ces missionnaires en mal de sensation sont connus pour être des trafiquants notoires de visas pour tous ceux qui veulent s’expatrier.
Il est donc primordial pour nous que les autorités helvétiques sachent que le Gouvernement guinéen ne respecte pas les droits les plus élémentaires de ses concitoyens… à plus forte raison les droits de ceux qui dénoncent leurs multiples exactions.
La transparence au niveau de l’identification des réfugiés doit être la règle et non l’exception.
Ceci d’autant plus qu’il y a actuellement ici en Suisse alémanique et au moment où nous écrivons ces lignes, le corps d’un jeune guinéen à la morgue dans le canton de Saint Galle.
Les circonstances de la mort tragique de ce jeune ne sont toujours pas élucidées. On nous dit que le jeune est décédé suite à une grève de la faim dans un centre de détention avant son rapatriement en Guinée. Les autorités pénitentiaires se refusent à tout commentaire pour l’instant.
Peut-on se permettre de tous les excès au nom de la lutte contre les abus en matière d’asile ?
Malgré tous ces faits avérés, certains petits avatars guinéens se permettent de venir jusqu’ici en Suisse narguer le monde et identifier des personnes en vu de leur renvoi dans un anonymat absolu…
Ceux qui ont pu échapper aux griffes du système autocratique de Lansana Conté ont tout à fait le droit de savoir qui les poursuit jusqu’ici en Suisse et surtout qui les a envoyés en mission auprès des autorités suisses.
Nous tenons Cellou Dalein Diallo et son gouvernement pour personnellement responsable de la vie de notre correspondant M Sidibé Gando.
Que ceux qui espèrent importer leurs pratiques barbares ici en Suisse sachent qu’ils seront tôt ou tard démasqués et qu’ils répondront de leurs actes devant le peuple de Guinée.
Nous sommes peinés enfin de constater que ces pratiques soient possibles sur le territoire helvétique au nom de la lutte contre les abus en matière d’asile.
Nous espérons que toutes les organisations de défense des Droits de l’Homme se pencheront rapidement sur ces cas préoccupants.
Par M Ly Elhadji Baila
Directeur Exécutif de www.nlsguinee.com
Membre fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
Secrétaire Général de l’Association des Ressortissants Guinéens et Sympathisants à Zurich (AR.G.S.Z)
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