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Afrique : «Sans équité sociale, sans politique de développement, il n'y aura pas d'issue»

 21 janvier 2006  

PAROLES D'AFRICAINS (1)

Dans le cadre du Forum social de Bamako, rencontre avec le Sénégalais Mohammed Seck, membre de l'association Solidarité immigré du réseau No Vox. Pour lui, les élites africaines et les gouvernements des pays du Nord sont en grande partie responsable du désespoir qui règne en Afrique

«Je suis un produit de l'immigration rentré au pays. J'ai étudié au département de philo de la fac de Rennes dans les années 90. Mon objectif a toujours été de plancher sur les droits de l'homme. Alors j'ai voyagé : aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne. Au Portugal, pendant sept ans, jusqu'en 2003, j'ai travaillé pour une association Solidarité immigré qui s'occupait de la défense des "sans-voix". Des "sans-toits", des "sans-droits". On s'est battu, on a obtenu des droits : on est passé officiellement de 1% d'immigrés à 5%. Parce qu'on a réussi à légaliser des sans-papiers. Puis, je suis rentré au Sénégal pour tenter d'amener mon expertise dans mon propre pays. Ce fut très dur, déprimant. Un pays mangé par les privatisations de la santé et de l'éducation, les effets dévastateurs du libéralisme, où les solidarités ont volé en éclat, où la démocratie est en perte de vitesse.

Le problème de l'immigration doit être d'abord géré par l'Union africaine et non pas par les dirigeants des pays africains. Parce que l'élite n'a pas de problème d'immigration. Ils ont de beaux visas pour faire de belles études. Mais le peuple vit dans la misère, plus de 50% sous le seuil de pauvreté. Les Etats ne parlent jamais du chômage. 90% des Africains vivent dans le secteur informel, de travail précaire, de conditions insupportables. Si les candidats à l'exil sont si nombreux, c'est que le désespoir n'a jamais été aussi terrible. Sans équité sociale, sans politique de développement réel, il n'y aura pas d'issue.

Commençons par rapatrier l'argent placé par les leaders corrompus des pays africains dans les grandes banques européennes. Des milliards de dollars volés croupissent là-bas pour une infime minorité.
Qu'attendent les populations des pays pauvres d'Afrique pour se révolter contre leur gouvernement éthiopien, tchadien ou congolais qui ont spolié ou spolient leur propre population et rejettent la responsabilité sur les gouvernements des pays du Nord ?

La démocratie, c'est pas seulement le vote. C'est la vigilance. Qu'est-ce que la démocratie quand on change la constitution en un claquement de doigt avec la bienveillance des capitales européennes. La démocratie en Afrique, c'est aussi permettre aux cerveaux de rester dans leur pays. Alors quand j'entends la France parler d'«immigration choisie», je bondis. On nous pompe nos meilleurs éléments, et on ferme les yeux sur les paysans qui meurt de faim et viennent s'échouer sur les barbelés aux frontières de l'Europe... Quel est ce monde où tout circule, les capitaux, les matières premières, mais pas les hommes ?»

par Christian LOSSON
Source : Liberation du 19 janvier 2006

«Pour sauver l'Afrique, il faut moderniser la tradition»

PAROLES D'AFRICAINS (2)

Dans le cadre du Forum social mondial de Bamako, rencontre avec Bily Diabaté, griot de Guinée-Conakry. Pour lui, ces «médiateurs de la parole» ont un rôle central à jouer dans la résolution des conflits entre les peuples africains

«On a mis 72 heures de bus pour venir de Guinée- Conakry. On serait venus à pied s'il le fallait. Car nous sommes des griots, des communicateurs traditionnels, des faiseurs de paix, des médiateurs de la parole. On devait venir au Forum social mondial de Bamako pour participer aux débats consacrés à la prévention et à la résolution des conflits. Leur expliquer qu'on peut jouer un rôle central. C'est notre rôle, nous griots, dans la sous-région d'Afrique de l'Ouest. Notre rôle depuis la charte de Kouroukanfouga en 1236. A l'époque, les tâches ont été réparties aux différentes parties : les marabouts et les hommes de castes. On est donc des hommes de castes chargés de promouvoir la paix. Depuis le XIIIe siècle, nos tâches n'ont pas changé : conseiller les chefs et réconcilier les factions belligérantes, sauvegarder les mœurs et coutumes pour les relater aux générations futures.

Les griots, les sages ont toujours œuvré pour le dialogue et le rapprochement. Entre villages, où les conflits majeurs sont tranchés sous le toit du «Sotigui Kémo» (le vieux, le chef du village). Entre Etats, aussi. Le griot Sory Kandia Kouyaté a ainsi permis la résolution, dans les années 70, de la crise entre le Mali et la Haute-Volta (actuel Burkina Faso). Nous, on a travaillé dans les conflits libérien, sierra- léonais. Pour apaiser, aussi, les différents entre les réfugiés et les populations autochtones. Nous, les griots, on connaît l'arbre généalogique des familles, des tribus. On est un peu les garants de cette mémoire collective, que les frontières post-coloniales ont fait volé en éclat. La balkanisation de l'Afrique a favorisé les tensions, les conflits et le mal-développement. Nous, on dit par exemple qu'en Guinée forestière, dans le sud du pays, les Könö guinéens sont du même groupe que les Könö libériens, et vice-versa. Pareils pour les Soussous de la Sierra Leone qui ont afflué en Guinée...

On n'arrête jamais de tenir notre ministère de la palabre. On doit partir à Abidjan pour voir le président ivoirien Gbagbo et lui dire que ce n'est pas ainsi que l'on gère une crise. On a été reçu par le président sénégalais Wade quand ça chauffait avec la Gambie. On a expliqué aux deux hommes qu'il pouvait cohabiter. Ils nous ont écouté. Au fond, l'Afrique est victime de la démocratie importée par l'Occident. Combien y a-t-il eu des réunions internationales qui ont vraiment permis de mettre fin à des guerres locales ou régionales ? Les chemins de la paix ne passent pas toujours par la diplomatie classique. Là où la diplomatie moderne échoue, la diplomatie traditionnelle, elle, peut triompher. Pour sauver l'Afrique, il faut faire une chose : moderniser la tradition.»

par Christian LOSSON
Source : Liberation du 20 janvier 2006


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