Guinée : Kirdi-Kirdi comme les autres !
20 janvier 2006
Il avait promis des élections propres. Il a publié les résultats malpropres des élections communales et communautaires, à plusieurs tours joués à la démocratie. L’UPR décampe de l’Assemblée nationale, nonobstant son opposition à la politique de la chaise vide. Hélas ! Les adversaires de Fory Coco, une fois encore roulés dans la farine et la poussière, comprennent un peu tard que les urnes transparentes et le bulletin unique ne constituent nullement une avancée vers des élections régulières. Les employés de la Fory gouvernance ont plus d’un tour dans leur sac. On n’avait pas encore vu un cadre supérieur au MATD. Les premiers essais de Kirdi-Kirdi en matière d’élection, sont un coup de poignard dans le dos des populations qui appellent de tous leurs vœux, le changement de leur sort. N’est-il que la voix de son maître comme les autres ou bien ses supposés subordonnés ont-ils ignoré ses instructions ? Dans le premier cas, on se demande ce qu’il va inventer encore en 2007, pour abuser les partis de l’opposition qui ont la particularité de former un bloc, après avoir été roulés dans la poussière et de se chamailler pour un oui ou pour un non, à la veille d’échéances électorales.
Dans le deuxième cas Kirdi-Kirdi devrait démissionner ou créer sans délai une CENI (commission électorale indépendante). La CENA Commission Autonome, comme le HCAE et la CNE, ont servi de faire valoir au MATD.
Son président, Dr. Arachide Touré qui se présente comme un démocrate et un sage, devrait trouver la sagesse de rendre le tablier. Ce qui serait de nature à montrer à Fory Coco les réalités qu’on lui cache. Les bailleurs de fonds sont venus à ces élections. Ils ont vu et vécu les fraudes électorales à grande échelle. Ils devraient reconnaître que les conseils communautaires et communaux qu’on est en train d’installer, n’ont pas la légitimité voulue pour gérer les communautés de base. Et demander l’annulation pure et simple de ces fausses élections du 18 décembre dernier et la création d’une CENI.
Les syndicats des travailleurs se méfient comme de la peste, du soutien des partis politiques à leurs grèves. Ils ont peur que la Forygouvernance les accuse d’être manipulés. Hélas! Peut-on durablement et significativement améliorer le sort des travailleurs et les conditions du travail, sans changer la politique du gouvernement ? Des enfants des écoles sont souvent abattus à bout portant, quand ils manifestent pacifiquement pour revendiquer de meilleures conditions d’études. Sans que les enseignants ou les associations de parents d’élèves lèvent le petit doigt. Qu’est-ce-qui peut les faire bouger si les problèmes de l’éducation ne les concernent pas?
La société civile doit se ressaisir et prendre sa place dans la défense du droit de vote et le respect du libre choix des électeurs.
Alyou Barry
Source : le Lynx
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