neoleadership    guinee  devise human Right Watch Nelson Mandela Fundation Union Africaine
Neoleadership

RadioNLS
WINAMP    REALPLAYER    MEDIAPLAYER

Radio NLS à la carte

Universités
Contacts
Nos partenaires
Africatime
Alwihda
Guinea-forum
L'Observateur
Radio-Guinée
Presse guinéenne
Le Lynx
La Lance
Autres sites Guinéens
Agences de Presse
AFP et TV5.org
Yahoo actualités
IRIN
Actualité africaine
Jeune Afrique
BBC News Africa
Africa Mining Intelligence
Presse du Monde
CNN (USA)
Usinfo.Stat.Gov (USA)
BBC World (UK)
Liberation (F)
RFI (F)
Le Matin (CH)
Jeux
Ping Pong
Aéroports
Aéroport Int. de Genève
Aéroports de Paris
Aéroport de Bruxelles
Autres aéroports
Articles
Guinée : Collectif pour une Transition Démocratique en Guinée

 18 janvier 2006  

Manifeste

Introduction

Constat d’échec politique et de régression économique et sociale de la Guinée . Le bilan de vingt-deux ans de pouvoir du régime de Lansana Conté est désastreux. Du fait de ses dirigeants et en particulier d’une gouvernance incompétente, opaque, corrompue et irresponsable, la Guinée a régressé sur tous les plans.

Dans le domaine politique, après la Première République, l’arrivée au pouvoir du Général Lansana Conté le 3 avril 1984 a, suite à une période de régime d’exception (sans Constitution de 1984 à 1990) suscité de l’espoir quant à l’accès au multipartisme et à l’instauration d’un Etat de droit démocratique. Cependant, malgré l’adoption d’une Constitution pluraliste en 1990, la vie politique a été marquée par le non-respect des principes démocratiques, l’absence d’indépendance de la Justice et la non-application de la Constitution, violée en premier lieu par les institutions censées la respecter et l’appliquer. Dans ce contexte, aucune des élections, qu’elles soient présidentielles (1993, 1998, 2003), législatives (1995, 2002) ou communales (2000, 2005), n’a été libre, compétitive et transparente. Toutes ont été contestées, la plupart ont même été boycottées par les partis politiques d’opposition. Après la mutinerie des 2 et 3 février 1996, la restauration autoritaire du régime de Lansana Conté s’est accélérée et a trouvé son apogée dans la modification de la Constitution, adoptée de manière illégitime par le référendum de novembre 2001 dans le seul but de supprimer la limitation du pouvoir, la séparation des pouvoirs ainsi que l’indépendance de la Justice.

Malgré ce fiasco politique et juridique, le Chef de l’Etat se maintient au pouvoir grâce à la manipulation de l’administration et du Gouvernement, au soutien des caciques de l’armée et à un entourage économico-mafieux, ce clan évoluant grâce au pillage des ressources économiques et financières du pays en toute impunité. Face à cette situation, les partis politiques de l’opposition sont limités dans leur action de protestation car violemment réprimés par la force. Ces partis souffrent par ailleurs d’un manque de stratégie commune en période électorale pour faire front contre le régime au pouvoir, en particulier lors de l’élection présidentielle de décembre 2003 et certains manquent d’assise nationale. L’Assemblée Nationale est illégitime et non représentative de l’échiquier politique du pays. Aucun parti de l’opposition n’y siège. Mis à part quelques journaux, les médias libres et indépendants tels que les radios et les chaînes de télévision privées n’existent pas, malgré des revendications répétées dans ce sens et des promesses jamais tenues de la part du Gouvernement.

Sur la plan social, la régression est très visible et les populations rurales et urbaines sont les premières touchées : accroissement de la pauvreté, carences graves du système de santé et du système éducatif, chômage, en particulier chez les jeunes, absence de protection sociale. De surcroît, les Guinéens ne bénéficient ni de l’électricité ni de l’eau courante, dans ce château d’eau de l’Afrique. Cette crise profonde n’épargne aucune catégorie socio-professionnelle, hormis la minorité se trouvant dans les arcanes du pouvoir. Du fait de cette souffrance au quotidien et de l’idéologie du précédent régime ayant durablement marqué les mentalités, les Guinéens et Guinéennes, conscients des dures réalités, ont du mal à manifester leur exaspération, d’autant qu’un fatalisme ambiant s’est emparé de bien des esprits. La plupart, dont les jeunes, se sentent abandonnés de l’Etat ou se retrouvent livrés à eux-mêmes, d’où le rêve d’aller chercher ailleurs ce qui leur fait défaut sur place. Beaucoup ne survivent que grâce aux petites activités dites informelles. Ils ne voient aucun avenir se profiler à l’horizon. La société civile tente de s’organiser dans le domaine du développement et de la citoyenneté pour faire face aux défaillances de l’Etat, mais elle connaît de nombreuses difficultés dues à un environnement global défavorable.

L’économie guinéenne connaît le même sort que l’Etat : elle est en faillite en raison de la mauvaise gouvernance. Tous les indicateurs macro-économiques sont en état d’alerte maximale Pourtant, la Guinée est loin d’être un pays pauvre ; elle dispose d’énormes potentialités humaines ainsi que de ressources naturelles et économiques variées et abondantes. Le problème est donc politique. La Guinée a besoin d’une renaissance politique lui permettant de se redresser sur de nouvelles bases.

Malheureusement, jusqu’à présent, le Gouvernement guinéen a réussi à faire croire à la communauté internationale qu’il était capable d’enclencher des réformes et qu’il en avait la volonté, ce qui s’est révélé totalement faux avec le temps. Les populations guinéennes savent que ce n’est que bluff et poudre aux yeux pour mieux accaparer les financements extérieurs. Le dernier exemple éloquent est l’organisation des élections communales du 18 décembre 2005 où le Gouvernement a excellé une fois de plus dans l’art de tromper les candidats et les électeurs, hormis ceux affiliés au parti présidentiel. Qui peut encore croire que le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP) de Lansana Conté dispose d’une quelconque crédibilité auprès des populations guinéennes ? Dans ce cas, comment se fait-il qu’il ait remporté 31 communes sur 38 dans le pays, si ce n’est par une fraude massive ?

Cette situation ne peut plus durer. Elle est devenue insupportable et intolérable. Nous avons donc décidé de prendre nos bâtons de pèlerins pour changer le cours des choses.

I. Qui sommes-nous ?

Un collectif d’intellectuels guinéens. Nous sommes avant tout des patriotes qui aimons notre pays et qui, forts de notre engagement civique et de nos compétences complémentaires, ne pouvons plus nous contenter d’analyser la situation consternante qui prévaut en Guinée et de faire des bilans négatifs dans les domaines politique, social, économique et culturel.

Cela signifie que nous avons décidé d’agir. Par quels moyens ? Avec quelles motivations ? Dans quels objectifs? Pour quelle finalité ? Comment ? Avec qui ? Tel est l’objet de ce Manifeste que nous diffusons largement.

II. La nature de notre démarche

Nous agissons en tant que membres de la société civile. Notre démarche n’est pas partisane, c'est-à-dire que nous n’intervenons pas au nom ou dans le cadre de partis politiques, quels qu’ils soient. Chacun de nous agit librement, en son âme et conscience, sans aucune pression, avec ses qualités et sa volonté pour un avenir meilleur de notre pays. Notre Collectif est un mouvement citoyen qui s’implique pour un changement politique en Guinée. Nous nous constituons en groupe de pression.

III. Pourquoi ce Manifeste ? Nos motivations

Depuis quelques temps, de nombreux Guinéens et Guinéennes s’expriment oralement ou par écrit, à travers le constat et la condamnation du bilan catastrophique du régime de Lansana Conté, tantôt sur le ton académique, tantôt sur celui de la dérision ou encore de la rancœur et du désespoir. Tous aboutissent à la conclusion du caractère dramatique de la situation socio-politique et économique en Guinée. Tous s’accordent sur le fait que cette situation devenue insupportable pour le plus grand nombre de nos compatriotes est intolérable et doit être dénoncée. Tous sont convaincus que la Guinée peut être dirigée et se développer autrement. Cependant, peu d’entre eux disent que faire maintenant pour pour sortir de ce gouffre et tourner définitivement la page.

Dans ce contexte, nos motivations sont les suivantes :

- Nous voulons rompre avec la léthargie et la passivité ambiantes et nous pensons qu’il est de notre devoir, en tant qu’intellectuels, de tenter de peser positivement en faveur du changement politique et démocratique ;
- Nous ne pouvons pas attendre que les forces décadentes et conservatrices encore au pouvoir ou dans l’ombre du pouvoir décident pour nous, au risque de voir se reproduire le système en place pour une durée indéterminée ; nous prenons en mains notre propre destin ;
- Nous voulons éviter que la Guinée bascule dans une crise majeure ou dans une guerre civile à brève échéance. Nous alertons l’opinion nationale et internationale des risques prévisibles à court terme et luttons pour la prévention d’un conflit dans notre pays ;
- Nous entreprenons une action de plaidoyer auprès de la communauté internationale pour l’informer et la sensibiliser à la situation réelle politique, sociale et économique qui règne en Guinée, contrairement à ce que livre la propagande officielle et aux litanies de contrevérités diffusées par le Gouvernement en place ;
- Forts de notre réflexion et du débat ouvert que nous suscitons au nom de l’intérêt supérieur de la Guinée, nous nous érigeons en force de proposition et d’action.

IV. Nos objectifs

Les objectifs qui sous-tendent notre initiative citoyenne sont la préparation et l’avènement d’une transition pacifique et démocratique en Guinée.

La transition politique est une période transitoire entre la fin du mandat présidentiel actuel et le début du mandat du prochain Président de la République élu. C’est la période qui interviendra entre le moment de la vacance du pouvoir du Président Conté et l’élection du prochain Président de la République. Dans le cas présent, la vacance du pouvoir peut arriver de différentes manières : par la démission du Chef de l’Etat, l’empêchement (pour des raisons médicales) ou la disparition (naturelle) du Chef de l’Etat.

La Constitution de 1990 prévoit en son Article 34 que : « en cas de vacance de la fonction du Président de la République consécutive au décès ou à la démission du Président de la République, ou à toute autre cause d’empêchement définitif, … la vacance est constaté par la Cour Suprême, saisie par le Président de l’Assemblée nationale, ou, en cas d’empêchement de celui-ci, par l’un de ses vice-présidents ». Compte tenu de la situation gravissime que connaît notre pays, avec une dégradation accélérée des conditions de vie des populations ainsi que du tissus économique (pendant que la minorité au pouvoir et proche du pouvoir continue à détourner à son profit les ressources nationales sans être inquiétée), nous voulons que la transition politique intervienne rapidement, de manière pacifique et démocratique :

- Rapidement : signifie que nous ne pouvons pas attendre la fin du mandat présidentiel prévue pour décembre 2010. Dès lors, les autorités compétentes qui sont la Cour Suprême et l’Assemblée Nationale doivent constater sans tarder l’empêchement du Chef de l’Etat ;
- De manière pacifique : en premier lieu, la transition doit être conduite par des autorités civiles responsables et non par un quarteron de militaires agissant par la force. La science politique de l’Afrique depuis les indépendances nous enseigne clairement que les militaires ne sont ni formés, ni habilités, ni dûment mandatés pour prendre et exercer le pouvoir, bien au contraire. Et la connaissance du contexte politique guinéen nous rappelle que lors de son coup de force en 1984, Lansana Conté a été acclamé par la foule : mais qu’a-t-il fait de son pouvoir durant ces deux décennies ? De surcroît, il n’est pas certain qu’un Amadou Toumani Touré ait été identifié à Conakry et que l’exception malienne soit capable de se reproduire en Guinée. En second lieu, nous pensons qu’il faut préserver la vie humaine et éviter au peuple guinéen - qui a connu bien des souffrances depuis l’indépendance - un bain de sang supplémentaire et des morts inutiles ;
- Démocratique : la transition doit être conduite par des leaders convaincus et porteurs des principes démocratiques donnant les garanties que ces principes seront appliqués tout au long de leur mandat.

V. La finalité de notre engagement

Nous nous investissons dans ce combat citoyen pour l’amélioration des conditions de vie, le bien-être des Guinéens et Guinéennes et un vrai développement politique, économique, social et culturel de notre pays.

Pour que notre engagement serve l’intérêt général en Guinée à court, moyen et long termes, nous voulons voir plus loin que la Transition qui ne va durer que quelques mois et faire en sorte que l’issue de cette Transition débouche sur l’alternance politique : une alternance démocratique, la première en Guinée depuis l’indépendance en 1958.

Le fondement de notre démarche est donc de jeter les bases politiques permettant une restauration durable de l’Etat de droit et de la démocratie en Guinée, seuls moyens de parvenir à la prospérité de notre pays dans tous les domaines et à celle des Guinéens et Guinéennes sans exclusive.

VI. Les modalités de mise en œuvre d’une Transition pacifique et démocratique en Guinée en 2006

1. Les conditions de réussite d’une Transition pacifique et démocratique se trouvent, d’une part dans les qualités, les compétences et les garanties qu’offre le futur Premier Ministre et, d’autre part, dans la mission de ce Chef du Gouvernement et de son équipe.

Le portrait-type du futur Premier Ministre de Transition devrait réunir les traits suivants :

- Disposer des compétences nécessaires à l’exercice d’une telle fonction, notamment celle d’un bon gestionnaire du pays ; donner la preuve de sa conviction et des garanties suffisantes qu’il mettra tout en œuvre pour l’instauration d’un régime démocratique et la tenue d’élections libres et transparentes durant son mandat ; l’une de ces garanties consistera à proclamer solennellement qu’il ne sera pas candidat à ces élections ;
- Maîtriser les rouages de la scène politique et diplomatique africaine et internationale, notamment les mécanismes de prévention des crises politiques et de gestion des conflits internes ;
- Être un Premier Ministre de consensus, à la fois accepté et respecté par les populations guinéennes, la société civile, les partis politiques d’opposition et la communauté internationale.

La mission fondamentale du Premier Ministre de Transition et de son Gouvernement sera de tout mettre en œuvre pour qu’une élection présidentielle libre, compétitive et transparente se tienne d’ici la fin de son mandat. C’est une noble mission qui nécessitera environ dix-huit mois car il importe de reprendre à zéro tout le processus électoral, d’aval en amont, avec le concours d’une véritable Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et la présence d’observateurs africains et internationaux. Par ailleurs, pendant la Transition, le Premier Ministre veillera au rétablissement de l’eau et de l’électricité afin de soulager les populations et de faciliter la relance économique et sociale. Il remettra également de l’ordre dans les finances de l’Etat. Enfin, le Premier Ministre de Transition se consacrera à la révision des articles de la Constitution adoptés de manière illégitime lors du référendum contesté de novembre 2001. La Constitution de 1990, dans son Article 91, prévoit que « l’initiative de la révision de la Loi Fondamentale appartient concurremment au Président de la République et aux Députés. Le projet ou la proposition de révision adoptée par l’Assemblée Nationale ne devient définitif qu’après avoir été approuvé par référendum ». A cet effet, compte tenu du contexte actuel (illégitimité et non-représentativité de l’Assemblée Nationale), le Premier Ministre devra disposer de pouvoirs spéciaux lui permettant d’avoir l’initiative de cette révision. Le projet de modification devrait, légalement et idéalement, être adopté par référendum. Toutefois, en cas d’impossibilité ou de grande difficulté empêchant cette procédure, un Comité Consultatif Représentatif (CCR) composé de tous les courants politiques et de la société civile procèdera à cette révision partielle constitutionnelle. En raison de sa mission fondamentale d’organiser l’élection présidentielle dans des conditions incontestables, la mission du Premier Ministre de Transition n’aura pas pour objet, faute de temps, de lancer de grands chantiers politiques, économiques et sociaux ni de grandes réformes. Le dossier très important de la Réconciliation nationale, de même que les grandes questions de société ne pourront pas, pour les mêmes raisons, être abordés en profondeur. Ils le seront par le futur Président de la République élu qui disposera d’un mandat plus long. 2. Les conditions de mise en œuvre de la Transition pacifique et démocratique sont, par conséquent, les suivantes : a) Démission du Chef de l’Etat. Sinon, déclaration immédiate de son empêchement par les autorités compétentes ; b) Mise en place du schéma constitutionnel : étant donnée la vacance du pouvoir présidentiel, la suppléance est assurée, selon l’Article 34 de la Loi Fondamentale, par le Président de l’Assemblée Nationale ; c) Non-intervention de l’armée dans ce processus politique ; les forces armées et de sécurité restent dans leurs casernes au nom des principes républicains ; d) Nomination par consensus, avec l’appui de la société civile, des partis politiques d’opposition et de la communauté internationale du Premier Ministre de Transition par le Chef de l’Etat intérimaire ; définition de la mission du Premier Ministre et de la durée de son mandat (n’excédant pas 18 mois) ; e) Mise en place du Gouvernement de Transition de large ouverture et lancement du processus de transition. Préparation et tenue de l’élection présidentielle aboutissant à l’alternance.

VII. L’inauguration de la Troisième République de Guinée par le premier Président de l’alternance

Cette inauguration est possible à l’horizon 2008-2009. La particularité de ce Président sera d’être le premier Président de la République de l’alternance dans notre pays et de bénéficier de toute la légitimité pour réaliser son projet politique.

Ce Président pourra alors organiser des élections législatives qui viendront conforter son pouvoir via l’obtention d’une majorité confortable à l’Assemblée Nationale et lui permettront d’appliquer le programme pour lequel il aura été élu.

En résumé, il existe actuellement une seule voie pour obtenir une alternance démocratique en Guinée : il faut tout d’abord que le Premier Ministre de Transition s’engage solennellement et donne toutes les garanties nécessaires qu’il honorera sa mission essentielle : celle d’organiser une élection présidentielle libre, crédible et honnête. Il convient ensuite que tous les partis politiques légalement constitués présentent leurs candidats ; que ces candidats battent campagne avec des projets de société novateurs et se lancent dans de véritables débats d’idées et de programmes. Ce faisant, le renouvellement de la classe politique mérite, lui aussi, d’être encouragé. C’est alors le vainqueur de cette élection, pleinement légitimée par les électeurs, qui sera le Président de l’alternance.

VIII. Recommandations pour une Transition pacifique et démocratique en Guinée

1. Au Chef de l’Etat, le Général Lansana Conté :

Nous lui demandons de démissionner immédiatement compte tenu, premièrement, de son incapacité physique et deuxièmement de son bilan insoutenable de vingt-deux ans d’échec. S’il ne veut pas démissionner pour des raisons liées à son tempérament et à sa culture de soldat, nous lui suggérons de prendre sa retraite sans délai, au même titre que tous les militaires qu’il a récemment mis dans cette situation. La probabilité pour que le Président Conté démissionne de lui-même avant la fin de son mandat est quasiment nulle ; cependant, par principe, personne ne doit écarter cette hypothèse ; au contraire, il convient de l’y encourager ou, à défaut, de le convaincre à opter pour la seconde solution.

En cas de refus catégorique, ce qui est très probable, nous demandons à toutes les forces vives du pays (la société civile, les partis politiques d’opposition, les médias etc.) de se joindre à nous pour exercer une immense pression jusqu’à obtenir satisfaction.

2. Aux Présidents de la Cour Suprême et de l’Assemblée Nationale

Nous leur demandons, en tant qu’institutions compétentes mandatées par la Constitution, de déclarer immédiatement l’empêchement du Chef de l’Etat. Si, par solidarité avec le régime de Lansana Conté, ces autorités refusent de jouer leur rôle (ce qui est très probable vu qu’elles servent ce pouvoir depuis de longues années), toutes les forces vives de Guinée devront se mobiliser et faire pression jusqu’à obtenir satisfaction.

3. Au Président de l’Assemblée Nationale prévu pour assurer l’intérim du Chef de l’Etat

Nous savons que cette personnalité est actuellement un pilier du régime de Lansana Conté. Aucune force de l’opposition et de la société civile ne lui accorde la moindre confiance pour conduire une Transition pacifique et démocratique. La solution est donc de faire du Président de la République par intérim un Président aux seules fonctions honorifiques et sans aucun pouvoir pour gérer la Transition. Il pourra toutefois, s’il le souhaite, être candidat à l’élection présidentielle.

4. À l’armée nationale et aux forces de sécurité

Nous leur rappelons leur devoir républicain, c’est-à-dire de ne pas s’ingérer dans le processus de Transition politique et démocratique qui doit relever de la seule responsabilité des dirigeants civils.

En période de transition démocratique, la mission de l’armée est d’assurer la défense nationale et la fonction des forces de sécurité de veiller à la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire ainsi que de garantir la sécurité des institutions républicaines.

5. Aux partis politiques de l’opposition Nous leur demandons de s’engager pleinement pour parvenir à une Transition pacifique et démocratique en Guinée et leur suggérons de se préparer à l’alternance politique, noble combat et seul combat qui vaille, pour sortir le pays de l’impasse.

6. A la société civile

Nous lançons, par tous les moyens de communication, un vibrant appel à la société civile, en particulier aux intellectuels, aux jeunes, aux femmes, aux médias indépendants, aux syndicats, aux associations, aux organisations civiques dont les ONG de défense des droits de l’hommes, aux comités citoyens, à la diaspora guinéenne de par le monde, aux autorités traditionnelles et religieuses, aux forces économiques etc. pour qu’ils adhèrent massivement à notre texte fondateur et à notre action de plaidoyer afin que tous ensemble, nous parvenions rapidement à une Transition pacifique et démocratique dans notre pays.

Nous proposons à la société civile, à tous ceux qui comme nous veulent changer de mode de gouvernance, de relayer et d’amplifier notre action en adhérant directement au Collectif pour une Transition Démocratique en Guinée (COTRADEG) à nos côtés ou en constituant des comités à buts similaires partout où ils se trouvent.

Nous insistons sur le rôle et l’importance de l’engagement de la société civile dans la période actuelle pour l’obtention du changement souhaité. A cet effet, nous communiquons ci-dessous nos coordonnées et sommes ouverts à toutes questions, suggestions et propositions constructives par écrit.

7. A la communauté internationale

Nous nous adressons tout particulièrement aux décideurs politiques, diplomatiques et stratégiques africains et internationaux, en premier lieu aux représentants des organisations sous-régionales, régionales et internationales telles que la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’ONU et aux partenaires au développement de la Guinée.

Nous leur demandons de peser de tout leur poids pour faciliter une Transition pacifique et démocratique en Guinée et d’exiger toutes les conditions permettant l’alternance politique à l’issue de cette Transition. A cet effet, nous leur recommandons de :
- Se prononcer fermement, dès à présent, contre l’éventualité du scénario d’un nouveau coup de force par l’armée visant à confisquer le pouvoir ;
- Suivre de très près l’évolution de la situation en Guinée et de mettre en œuvre les mécanismes de prévention des crises et d’alerte précoce prévus par leurs organisations ;
- Veiller scrupuleusement à ce que le Chef de l’Etat par intérim, actuellement Président de l’Assemblée Nationale, ne puisse jouer qu’un rôle honorifique pendant la période de Transition ;
- Soutenir sans réserve le processus visant à faire le choix d’un Premier Ministre de Transition par consensus et veiller à ce que ce Premier Ministre dispose des moyens et des pleins pouvoirs nécessaires à sa mission ;
- Accompagner et appuyer le processus tout au long de la Transition.

8. Aux organisations internationales non gouvernementales (OING) aux centres de recherches en sciences politiques, juridiques, économiques et sociales en Afrique et dans le monde

Nous souhaitons que les OING telles que les Ligues des droits de l’homme poursuivent leur veille politique et juridique et qu’elles continuent à alerter l’opinion sur la Guinée chaque fois que nécessaire. Nous sollicitons nos collègues chercheurs afin qu’ils nous fassent part de leurs analyses et de leurs expériences similaires dans tous les domaines couverts par ce Manifeste.

Conclusion

Nous sommes profondément convaincus qu’une Transition pacifique et démocratique est réalisable en Guinée en 2006. C’est une question de conviction, de volonté commune, de ténacité et de méthode.

Certes, les forces de résistances au changement existent, nous les avons identifiées. Mais le seul moyen de les empêcher de continuer à nuire n’est plus seulement de les dénoncer : il faut les combattre. Et la meilleure façon de les combattre est de préparer très activement une Transition pacifique et démocratique à laquelle, elles sont, par définition, étrangères et réfractaires.

Nul n’a le monopole de la Guinée : il importe donc de nous organiser en fonction d’objectifs communs et d’un seul intérêt, l’intérêt supérieur de la Guinée. Aidez-nous, rejoignez-nous, ce combat est autant le vôtre que le nôtre : c’est celui de tous les citoyens guinéens. Plus nous serons nombreux à exiger une Transition pacifique et démocratique et plus solides seront nos chances de réussir rapidement.

Sortir du marasme actuel et préparer un avenir différent et meilleur pour la Guinée est le défi qui se présente aujourd’hui à nous tous et que nous devons relever. ***

1. Membres fondateurs du Collectif pour une Transition Démocratique en Guinée (COTRADEG)

BANGOURA Mohamed, Docteur en Science politique de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Professeur de Biologie,
BANGOURA Dominique, Docteur d’Etat en Science politique, Présidente de l’Observatoire Politique et Stratégique de l’Afrique (OPSA), Université de Paris I Panthéon-Sorbonne
DIOP Moustapha, Docteur en Anthropologie juridique, enseignant à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne
SAKO Cheick, Docteur en Droit, Avocat à la Cour, Barreau de Montpellier, ancien Président de Juristes sans Frontières

Ces membres fondateurs du COTRADEG sont des auteurs ayant contribué aux ouvrages collectifs publiés récemment sous la direction de Dominique Bangoura :

- « Guinée : l’alternance politique à l’issue des élections présidentielles de décembre 2003 », Paris, L’Harmattan, 2004, 335 p.
- « Quel avenir pour les jeunes de Guinée ? »
Paris, L’Harmattan, 2005, 260 p.

Contacts :

BANGOURA Mohamed: madibangoura@aol.com, tel: (33) (0)6 61 50 48 31
BANGOURA Dominique : domibangoura@aol.com, tel : (33) (0)6 85 46 73 91
DIOP Moustapha: mousto.batoul-diop@wanadoo.fr, tel: (33) (0)6 66 31 85 32
SAKO Cheick, cheick.sako@wanadoo.fr, tel: (33) (0)6 07 77 64 30

2. Membres adhérents du Collectif pour une Transition Démocratique en Guinée

3. Comité international de soutien au Collectif pour une Transition Démocratique en Guinée

Plusieurs hautes personnalités ont donné leur accord de principe de soutien à notre démarche citoyenne. Nous allons publier leurs noms prochainement.

4. Signataires

Le Manifeste pour une Transition démocratique en Guinée est largement ouvert à la signature de tous les membres de la société civile ou de la diaspora guinéenne.

5. Soutien des partis politiques

Les membres fondateurs,
COTRADEG, 18 janvier 2006


© Copyright www.nlsguinee.com / (Tous droits réservés)



retour
Evolutions dans l'histoire



Chefs des partis politiques


Visitez nos partenaires


Images de la Guinée profonde
Ces images sont bien des réalités de ce magnifique pays! La Guinée est pourtant l'un des pays les plus riches au monde du point de vue ressources naturelles.
Cette faillite économique est le résultat du pillage systématique des biens publics, le clientellisme, la corruption, le détourment des fonds publics et une mise à l'écart de la majorité des cadres compétants et intègres du pays.
Réagissez et dites au monde entier ce que vous pensez de cette situation.
Contactez-nous | Charte de NLS | © 2005 Nlsguinee.com | Webmaster: Elhadji B. LY à Zurich | | Voir livre d'or | signer livre d'or