Guinée : Les vraies causes de l’échec de l’opposition guinéenne
17 janvier 2006
L’opposition politique guinéenne n’avait aucune chance de gagner les élections communale et communautaire du 18 décembre 2005 pour plusieurs raisons.
En effet, le scrutin organisé par Kiridi Bangoura aura démontré une fois pour toute que le système électoral mis en place par le régime mafieux de Lansana Conté est absolument mauvais et impropre à assurer une élection équitable.
Tout d’abord, dans ce système le corps électoral est mal protégé ou pas du tout protégé. Pour cette raison, les fraudes massives et les magouilles de toutes sortes seront inéluctablement au rendez vous de chaque scrutin. Ce fut le cas de la consultation du 18 décembre 2005.
En plus, la CENA, l’organe sensé être responsable de l’organisation et de l’équité des consultations électorales est une coquille vide. Elle a été créée pour jouer le jeu du pouvoir en place plutôt que celui d’un arbitre impartial, bref celui d’un métronome de la démocratie.
Par ailleurs, dans ce système imposé et plombé par les phénomènes de formatage des Institutions de la République , technique couramment utilisée par Lansana Conté et ses amis, pour parvenir à l’émasculation de notre jeune démocratie, ce sont la complexification des procédures, la multiplication des documents à fournir pour être candidat et l’augmentation des charges financières liées aux candidatures qui sont à la base de l’échec de l’opposition politique guinéenne avec à la clé un nombre impressionnant de listes rejetés.
La quasi totalité des partis de l’opposition ne bénéficiant d’aucun financement public, comment couvrir l’ensemble du territoire national et comment peuvent ils surmonter l’ésotérisme et le cafouillis des dispositions anticonstitutionnelles entourant le scrutin du 18 décembre 2005? C’est dire qu’avant même le vote, la victoire était déjà acquise au PUP.
On comprend donc aisément que les dernières élections communale et communautaire, sensées renouveler certains transferts de pouvoir à la base pour assurer la gestion des intérêts locaux par des responsables élus démocratiquement c’est à dire directement et librement par les populations locales ne peuvent être qu’un canular d’un très mauvais goût.
Par Cécé Roger Haba, Paris France
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