Guinée : Déclaration du RDG sur les élections du 18 Décembre 2005
16 janvier 2006
Les élections communales du 18 Décembre 2005 organisées par le régime dictatorial de Lansana Conté ne constituent pas des élections libres et transparentes étant donné que les conditions préalables nécessaires, notamment la mise en place d’une commission électorale autonome et le droit à un dialogue politique ouvert n’existent pas en Guinée.
Le dialogue politique qui a précédé ces élections n’était pas ouvert et sincère. Seuls les partis qui se considèrent comme des satellites du PUP (Parti de l’Unité et du Progrès), ont accepté d’y participer. Le peuple de Guinée était le grand absent de ce semblant de dialogue. Les organisations des droits de l’homme et les membres de la société civile n’ont pas été invités au dialogue. Le problème de fond de la Guinée (la réhabilitation des victimes de l’ancien régime) n’a jamais été mentionné.
Il n’y avait même pas eu l’observation d’une minute de silence à la mémoire des victimes du Camp Boiro.
Il n’y avait eu aucune perspective pour une véritable réconciliation nationale.
Aussi, tous les partis politiques sont unanimes qu’il y a eu des fraudes massives dans le processus électoral. En outre, des informations émanant d’observateurs internationaux et d’agents de surveillance nationaux ont fait état de plusieurs irrégularités concernant le déroulement des élections.
Pour ces raisons, le Rassemblement Démocratique de Guinée ne voit dans ces élections une _expression de la volonté démocratique. Encore une fois, les Guinéens n’ont pas eu l’opportunité d’exercer leur droit de vote. Les résultats des élections ne semblent pas refléter le choix et la volonté du peuple de Guinée.
Face à la situation très préoccupante de notre pays, j’ai ce message pour tous les acteurs politiques de l’opposition. Il tient en deux mots : unité et action. Aujourd’hui, le peuple de Guinée s’impatiente. Il veut le changement. Ce n’est pas le moment de nous diviser. Nous devons tous oublier notre orgueil, les petites rancunes et nos ambitions personnelles en vue de conjuguer nos efforts et œuvrer dans l’intérêt supérieur de notre pays. Nous devons commencer le vrai dialogue politique pour trouver une solution durable à la crise que traverse notre pays. Je propose aux leaders Ousmane Bah, Alpha Condé, Bah Mamadou, Sidya Touré, Jean Marie Doré et à tous les autres leaders de partis politiques, des organisations patriotiques, et la société civile de prendre contact avec nous dès que possible pour définir une stratégie commune pour la victoire. Notre pays est pris en otage. Nous avons tous le devoir de libérer notre peuple. Personne ne viendra risquer sa peau pour libérer notre pays à notre place. Sous peine de perdre totalement la confiance du pays, nous devons nous retrouver.
Nous sommes condamnés à vivre et à travailler ensemble.
Par M Barry IV
Pour le RDG
Contact : barryquatre@yahoo.com
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