Liberia : La première présidente en Afrique investie à la tête du Liberia
16 janvier 2006
Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue présidente en Afrique, a prêté serment lundi pour un mandat de six ans devant plusieurs dirigeants internationaux venus célébrer à Monrovia un jour historique pour le Liberia, petit pays ouest-africain ruiné par la guerre.
Cette ancienne économiste de la Banque Mondiale, âgée de 67 ans, a été élue le 8 novembre 2005 contre George Weah, qui avait contesté les résultats, selon lui entachés par la fraude, avant d'abandonner sa procédure de recours.
L'ex-footballeur n'était pas présent lundi devant le "Capitol", bâtiment qui abrite le Parlement, en face duquel se sont massées plusieurs milliers de personnes, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Moi, Ellen Johnson Sirleaf, je jure solennellement de protéger, défendre et faire respecter la Constitution de la République du Liberia et je remplirai consciencieusement, fidèlement et de manière impartiale mes devoirs au mieux de mes capacités, avec l'aide de Dieu", a-t-elle déclaré devant le président de la Cour suprême du pays, Henry Reed Cooper.
Le vice-président libérien Joseph Boakai et les 30 sénateurs et 64 députés issus des législatives du 11 octobre ont également été investis au cours de la même cérémonie.
Les parlementaires, dont Isaac Nyenabo, président du Sénat, et Edwin Snowe, président de l'Assemblée nationale, ont prêté serment de concert devant le président sortant de l'Assemblée, George Koukou.
Cette cérémonie met un terme à deux ans et demi de pouvoir du gouvernement de transition de l'ex-président Gyude Bryant, installé à la fin de la guerre civile et qui a souvent été critiqué pour son inaction et sa corruption.
Vêtue d'un tenue africaine de couleur crème et coiffée d'un chapeau assorti, le première présidente africaine s'exprimait devant un parterre de personnalités de haut rang comprenant la première dame des Etats-Unis Laura Bush, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, et les présidents d'Afrique du Sud Thabo Mbeki, du Sénégal Abdoulaye Wade, du Niger Mamadou Tandja, du Ghana John Kufuor et de Sierra Leone Ahmad Tejan Kabbah.
La ministre française déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, Brigitte Girardin, le ministre chinois des Affaires étrangères Li Zhaoxing, le Premier ministre guinéen Cellou Dalein Diallo et Simone Gbagbo, l'épouse du président ivoirien Laurent Gbagbo, étaient également présents sur la place du "Capitol".
Alors que plus de 15.000 Casques bleus de l'Onu sont déployés dans le pays, le dispositif sécuritaire a été renforcé ces derniers jours dans la capitale. De nombreuses rues du centre-ville étaient fermées à la circulation lundi matin et l'aéroport a été fermé aux vols commerciaux.
Deux bâtiments de la marine de guerre américaine mouillaient au large de Monrovia, signe, comme la présence de Mmes Bush et Rice, de l'appui de Washington au processus en cours.
La mission de Mme Sirleaf s'annonce extrêmement ardue, car tout est à reconstruire dans ce pays fondé en 1847 par des esclaves affranchis venus des Etats-Unis.
Ravagé par des années de guerres civiles (1989-2003) qui ont fait plusieurs centaines de milliers de morts et de déplacés, le Liberia accumule les difficultés économiques et aura besoin de l'aide de la communauté internationale pour se redresser.
Lors d'un discours prononcé après sa prestation de serment, Mme Sirleaf s'est engagée à rompre avec les mauvaises habitudes des administrations précédentes et à gouverner dans un esprit d'union nationale.
"Je m'engage à répondre à vos besoins (...) Mon gouvernement tendra la main de l'amitié et de la solidarité pour rallier tous les partis politiques (...) en tournant le dos à nos différences", a déclaré Mme Sirleaf.
"Sous mon administration, la corruption sera le principal ennemi public. Nous l'affronterons et le combattrons", a-t-elle également promis.
Source : AFP
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