Guinée : Soyons capables de répondre à l’aspiration de la majorité de nos compatriotes
07 janvier 2006
Tout a été dit, tout a été fait ou presque, le président, ses fidèles dans l’armée et ses ministres sont intraitables. Ils continuent de laisser ce pays pour compte. Ils ont tous peur du changement et vivent mal cette situation malgré l’apparence.
Avec cette incertitude, ils ont peur et s’imaginent le pire en cas de changement, ce gouvernement formés de corrompus et/ou d’incompétents est incapable d’accepter la réalité. Tous ses membres ont peur du changement inéluctable qui arrivera en Guinée.
Toutes les forces vives intellectuelles de l’extérieur du pays, plus libres de leurs actions, doivent dans un premier temps s’atteler à montrer à ces dirigeants qu’ils peuvent se retirer du pouvoir sans qu’ils ne soient livrés à leurs populations qu’ils ont affamés pendant des dizaines d’années.
L’heure n’est pas aux menaces, on dit souvent que celles-ci sont inutiles quand on est incapable de mobiliser les moyens permettant de les exécuter, elles peuvent produire l’effet inverse. Il faut que les gens reviennent sur terre et qu’ils essaient de faire de vraies propositions à ce gouvernement pour qu’il entame un changement pouvant faire sortir notre pays de cet abîme.
A mon avis, pour sortir la Guinée de la situation actuelle, il n’y a que deux solutions :
- la première, comme l’avait suggéré l’opposition, consiste à faire une nouvelle proposition de partage du pouvoir entre gouvernement et opposition comme cela se passe en Côte d’Ivoire. Vous me direz que si Gbagbo a accepté c’est parce qu’il y a les fusils à sa porte. Le jeune (vraiment très jeune) ministre, M. Kiridi Bangoura, organisateur des pseudo-élections de décembre dernier avait qualifié cette proposition de fantaisiste. Il répondra un jour de ses prises de position contraires à l’intérêt de la majorité des Guinéens.
Cette proposition doit être soumise non seulement au gouvernement guinéen mais aussi à l’Union Africaine, l’Organisation des Nations Unies, l’Union Européenne, les Etats-Unis d’Amérique, la Russie et la Chine. Elle (la proposition) doit montrer au monde entier qu’aucun groupe politique, ethnique ou religieux ne veut bafouer ou se venger d’un autre. Il faut un premier ministre qui sera nommé par la communauté internationale et le président actuel doit être amnistié et mis à la retraite avec tout le respect qu’un ancien chef d’Etat peut avoir. Cependant, éloigné de la sphère de décision, il pourra s’il le souhaite chercher à jouer un rôle majeur dans l’Union Africaine ou dans un autre organisme international comme Alpha Oumar Konaré ou Abdou Diouf, à lui de fournir un bon CV, de dire ce qu’il sait faire et ce qu’il a fait pour son pays, la Guinée.
Si par malheur, le gouvernement refuse la première proposition, ce qui est fort probable, les guinéens doivent se réunir pour savoir comment passer à la seconde solution.
- La deuxième solution, l’ultime, sera la conquête du pouvoir par tous les moyens. Les guinéens vivent mal toutes classes confondues y compris l’armée, il y a une minorité au pouvoir qui en profite. Il ne sera pas très difficile aujourd’hui surtout avec la mise à la retraite des meilleurs éléments de l’armée.
«Tout acte de création est avant tout un acte de destruction» disait Picasso !
Doit on, nous guinéens continuer à avoir peur de libérer notre pays d’un clan incapable de le servir ?
Il faut savoir que tous nos voisins ont réglé leurs problèmes, ils vivent aujourd’hui en démocratie et osent espérer un avenir meilleur. Alors il est temps que nous entamions le processus qui nous mènera à une véritable démocratie, au respect des deniers publics et au respect de l’intégrité territoriale de notre pays.
M L.D., Suisse
Correspondance spéciale pour Nlsguinee.com
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