Pauvreté : Washington a ses propres vues pour aider l'Afrique
07 juin 2005

Washington est favorable, comme ses partenaires les plus industrialisés, à un allègement à 100% de la dette multilatérale des pays les plus pauvres mais ses vues divergent sur les meilleurs moyens d'y parvenir.
Ainsi le Trésor américain et le Congrès opposent un "non" catégorique à l'idée de vendre une partie des réserves d'or du Fonds monétaire international (FMI) pour effacer la dette due par les pays les plus endettés à cette institution.
Le métal fin du FMI provient pour l'essentiel des souscriptions initiales des Etats membres qui devaient régler un quart de leur quote-part en or. Selon le président de la commission économique du Congrès, Jim Saxton, il ne saurait être question de vendre l'or du FMI pour d'autres bénéficiaires que "les pays contributeurs et leurs contribuables". En revanche, Washington propose de financer l'effacement de la dette des plus pauvres auprès du FMI, de la Banque mondiale ou encore la Banque africaine de développement par des coupes dans les programmes d'aides.
Autre point d'achoppement, les Américains souhaitent donner la préférence aux dons plutôt qu'à l'octroi de nouveaux crédits aux pays déjà très endettés. Si les ONG (organisations non gouvernementales) applaudissent à l'idée, les pays membres de la Banque mondiale notamment craignent pour les finances de l'institution qui risquent d'être ainsi rapidement asséchées. Washington en revanche y voit un moyen d'assortir la distribution de l'aide de conditions strictes sur la bonne gouvernance ou la lutte contre la corruption entre autres.
Selon les chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les Etats-Unis restaient en 2004 au dernier rang des pays industrialisés en matière de pourcentage d'aide au développement par rapport au PIB, soit 0,16%. La Norvège se classant première avec 0,87%. Mais l'économie américaine étant la première du monde, les contributions américaines à l'assistance officielle au développement dépassent en valeur absolue celles des autres pays riches (près de 19 milliards USD). Par ailleurs, les Américains restent réticents à la création, proposée par le ministre britannique des Finances Gordon Brown, d'une Facilité financière internationale (IFF), qui permettrait par exemple dans un premier temps de financer une vaste campagne de vaccination en Afrique.
Enfin, Washington, persuadé que sortir de la pauvreté passe par la promotion de la croissance économique, a lancé des initiatives comme l'Agoa (African Growth Opportunity Act) en 2000 qui octroie des incitations financières pour faciliter les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Afrique. Quelque 37 pays ont été déclarés éligibles pour bénéficier des avantages Agoa. Et le Compte des défis du Millénaire (MCA), un mécanisme créé en 2002 par l'administration Bush, vise à apporter une aide financière sous forme de dons aux pays adoptant les principes de gestion politique et économique soutenus par les Etats-Unis. Deux pays, le Honduras et Madagascar, ont obtenu respectivement 215 millions USD et 110 millions USD par ce biais. La dotation du MCA pour 2005 s'élève à 1,5 milliard de dollars.
"Le MCA est une initiative révolutionnaire qui récompense les pays qui gouvernent de manière juste, investissent dans leurs ressources humaines et défendent la liberté économique", selon la Maison Blanche.
© (AFP)
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