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Guinée : A NOUS LA DEMOCRATIE !
01 janvier 2006
Très chers compatriotes, chers frères et sœurs, guinéennes et guinéens !
La démocratie est vraiment le seul model qui puisse redonner souffle et espoirs à nos Nations et à tout un continent en grand péril. La démocratie a atteint un niveau vraiment envieux, même si elle montre parfois son mauvais visage, qui est celui que connaît l’Occident à nos jours. Une démocratie qui protège la liberté individuelle tout en permettant la décision majoritaire, une démocratie où la transparence est la règle, une démocratie qui favorise l’égalité de tous plutôt que la liberté de chacun; une démocratie où tous jouissent des fruits de tous…
Ah ! Cette belle démocratie !
Cependant, très chers compatriotes, on se demande pourquoi alors elle ne marche pas chez nous. Tout le monde aspire à elle mais nous n’y arrivons pas, le calque ne nous réussi pas.
En effet, le concept démocratie est vide et il convient donc de le remplir tout en tenant compte de son principe fondamental qui est : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». En quelque sorte, le contenant (gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple) reste le même partout mais le contenu change en fonction des différentes coutumes, des différentes cultures, des différentes expériences,… et des différentes réalités.
Pour les nordistes capitalistes et libéraux, la culture de cette démocratie, dont nous avons énoncée plus haut n’est que l’accomplissement d’un long parcours qui a commencé en 507 avant J.C à Athènes. Cette démocratie subira des révolutions et évolutions, dont les plus marquantes n’ont commencé qu’à partir du siècle des lumières qui a d’ailleurs aboutit à la révolution française de 1789 (Nous ne comprenons pas alors pourquoi le monde prend mal l’idée de révolution).
Le siècle des Lumières relèvent d’une attitude, d’une méthode de pensée. Selon Emmanuel Kant, le mot d’ordre de ce siècle doit être «ose savoir » : le désir de réexaminer et de remettre en question toutes les idées et valeurs reçues, d’explorer de nouvelles idées dans des directions différentes, doit être permanent ; c’est un mouvement intellectuel et une période historique marquée par des événements décisifs.
Ainsi, chers frères et sœurs, nous, nous ne volons plus que mettre le costume bien ficelé par les occidentaux, en tout cas nous l’avons essayé et continuons de l’essayer, mais une chose reste claire, ce costume nu nous vas pas, soit qu’on est de trop ou de moins à l’intérieur.
Alors, ne pensons nous pas qu’il est aussi temps de remplir le concept démocratie à nos tailles ?
Ne pensons nous pas qu’il est temps d’y réfléchir tous ensemble?
Ne pensons nous pas qu’il est temps d’éclairer toutes les époques sombres de notre histoire?
Ne pensons nous pas que c’est l’époque de l’ «ose en parler, ose ton prochain, ose le changement »?
Ne pensons nous pas qu’il est temps de «savoir s’unir» pour pouvoir «savoir se diviser» ?
Très chers compatriotes, dans ce monde en perpétuel changement, il est mieux de «penser le changement que de changer le pansement ». Il ne sert absolument à rien de restituer un model de gouvernement tyrannique et dictatorial par un modèle de gouvernement animé d’une haine ou d’une vengeance.
Le célèbre Gandhi ne disait-il pas que «Si nous entretenons dans notre cœur la malice et la haine et que nous faisions semblant de ne pas vouloir la vengeance, celle-ci devra faire retour sur nous, et elle nous conduira à notre perte ».
Aujourd’hui, nos leaders vont tous (dispersés) aux élections en prônant tous la démocratie, mais non seulement ils oublient qu’ils ne jouent pas encore dans un environnement démocratique mais ils oublient aussi qu’ils ne vont pas contre un parti politique mais contre une classe politico-mafieuse, une classe qui n’a aucun intérêt à la démocratie, une classe enracinée et qui cherche à entretenir son pouvoir, une classe qui a les armes et l’armée en main.
Ils (les leaders) oublient que ce ne sont pas les élections qui mettent un homme providentiel au pouvoir mais les circonstances.
Très chers compatriotes, la démocratie n’est qu’une aspiration et non une réalité chez nous ; nous voulons la démocratie, mais nous ne sommes pas encore dans un environnement démocratique, nous cherchons tous à aller aux élections divisés, alors que nous ne savons même pas nous unir.
Nous cherchons à nous diviser alors que nous ne savons pas nous unir.
Ces désastreuses élections communales du 18 décembre précédent n’ont fait que montrer les bavures de la classe politique guinéenne et non pas de l’Administration et du Gouvernement guinéen, si je peux me permettre d’appeler ainsi le PUP, car pour eux la fraude est de coutume, il n’y a qu’à voire les petites graines semées chaque jour sous forme de corruption.
Très chers frères et sœurs, chers compatriotes, étant naturellement divisé (ethnies), il nous sera très difficile de savoir se diviser; nous devons revenir d’abord sous forme de molécules pour ensuite pouvoir se diviser en atomes. Etant donné que «n’est divisé que ce qui était uni », alors tant que nous n’arriverons pas à vérifier la relation «divisé existe parce que unité existe», dans nos Nations, nous ne ferons que mal nous diviser.
Revenir à l’état d’union parfaite est impossible, car toute société est constituée de castes, tribus, ethnies, races,… avec des spécificités différentes; c’est la raison pour laquelle nous parlons non pas de l’union au sens étroit mais d’union au sens large, c’est-à-dire au « s’avoir s’unir ».
Savoir s’unir, c’est d’avoir une vision commune, un idéal commun ainsi que des démarches communes, tout en restant différents, complémentaires et non nuisibles à la majorité.
N’oublions pas si vite qu’au moment du siècle des lumières, les scientifiques, intellectuels et philosophes politiques n’étaient pas encore dans un environnement de démocratie. Il fallut qu’ils se réunissent, observent, et publient même des œuvres communes (Encyclopédie 1751-1772) pour cultiver l’idée d’une restructuration de l’ordre social au sein du peuple et le préparer au changement.
Et nous n’ignorons certainement pas les causes de la révolution française qui a inspirée toute les contrées du monde d’antan et qui a aboutit au niveau de démocratie d’aujourd’hui.
Chers frères et sœurs, sachons enfin nous unir pour sauver l’avenir, celui-ci est plus précieux que tout le passé. Il faut qu’on arrive à quitter le passé, le quitter ne veut pas dire l’oublier mais le tolérer et savoir qu’il faut de grands sacrifices pour toute Nation, toute Société et tout Continent. La justice reste inconditionnelle, mais pour tout regard que nous jetons sur le passé, nous devons regarder deux fois vers l’avenir. Il faut tolérer, tolérer et encore tolérer car c’est la seule épée qui guérit au lieu de faire couler plus de sang.
«Osons en parler, osons nous et osons le changement », c’est l’époque des révélations, il est temps que la classe intellectuelle, ces hommes d’Etats, ceux qui pensent moins aux élections prochaines qu’aux prochaines générations, il est temps que ces hommes intègres approchent les hommes politiques, qui quant à eux ne pensent qu’à mesurer leur degré de popularité à travers des élections truquées.
Il est enfin temps de restructurer la classe politique guinéenne et surtout de constituer des forums où chacun pourra déballer dans la confiance toutes ses intrigues, des forums où nous pourrons subvenir à des réparations, à des réconciliations et des pardons national, pas nationaux mais national, d’abord.
Les hommes d’état sont appelés à communiquer car tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l'entraide et la solidarité visant à un but commun : l'épanouissement de chacun dans le respect des différences. » Françoise Dolto
Ces dernières catastrophes communales ne doivent pas entraîner « un effet de scission » au sein de la classe politique guinéenne.
Quant à la classe intellectuelle, pour elle, ces catastrophes ne font que renforcer et constituer des preuves de leurs dits. Ces élections doivent enfin entraîner cet « effet de fusion » tant attendu.
La classe politique est déclassée du premier rôle, c’est l’époque de la classe intellectuelle, et soyons sure qu’à partir de cet instant nous sommes tous non seulement responsables de la situation qui prévaut chez nous mais nous le sommes aussi au même titre que ces politiciens.
Si nous optons réellement pour la diversité d’opinions (démocratie) alors rétablissons d’abord l’unité d’opinion.
Je me suis toujours amusé à imaginer comment la population, comment le peuple réagirait à des meetings combinés, par exemple des meetings où un Jean-Marie Doré, un Sydia Touré, un Bah Mamadou, un Alpha Condé, pour ne citer que ceux-là, accepteraient de passer la parole dans leur régions naturelles où leurs QG respectifs à un homme de consensus minutieusement choisi par l’ensemble de la classe intellectuelle et politique guinéenne. Des meetings où le peuple pourra voire et toucher tous ces leaders politiques, des meetings où ces leaders politiques feront comprendre à leurs militants (la population) que le combat est unique et tous nous œuvrons dans le même sens, des meetings où ils feront comprendre à leurs militants les raisons et les critères de choix de l’Homme de consensus, des forums où des militants de différentes régions vont se retrouver et échanger, des forums qui permettront d’informer instantanément la population des stratégies de leurs leaders, des forums multiethniques de bon esprit.
Très chers compatriotes, il est vrai que le multipartisme est l’une des caractéristiques fondamentales de la démocratie, et n’est-ce pas que c’est au multipartisme que nous aspirons ?
Mais sachons d’abord nous unir, en se contentant non du parti unique dont nous avons déjà fait expérience, mais du bipartisme et croyez moi que dans l’ensemble de définition de démocratie, à notre époque nous devons considérer le bipartisme comme intégré dans le multipartisme.
Le bipartisme signifierait clairement et véhiculerait plus sincèrement et plus directement l’opinion d’ensemble, le bipartisme permettra, après le changement, la rédaction d’une bonne constitution fondée sur les Droits de l’Homme et qu’elle protège, que chaque article de la constitution puisse être la conséquence d’un principe ou d’une observation.
La question consiste à définir le «bon» modèle de gouvernement et cette nouvelle constitution éclairera le chemin de notre démocratie.
Personnellement, j’opte pour le multipartisme; seulement voilà le multipartisme suppose une population relativement instruite, mature et consciente des décisions stratégiques reposant sur ses simples voix. Et les réalités sont autres chez nous, car plus des 3/5 de la population ne sont pas instruits, n’ont aucun accès a l’information et cherche juste à satisfaire, de la manière qu’ils pensent légitime, leurs besoins physiologiques.
Le multipartisme peut-il avoir raison d’exister chez nous aujourd’hui ?
Si OUI, alors que chaque parti présente un programme qui sera autre que celui axé sur l’épanouissement et l’amélioration des conditions de vie de la population en rétablissant :
1- les infrastructures de base (les moyens de communication, l’alimentation en eau, électricité et les denrées de premières nécessités)
2- le système judiciaire (lutte contre la corruption et les détournements de fonds public et l’impunité),
3- le système éducatif (en scolarisant les jeunes filles et en améliorant considérablement les conditions d’apprentissage),
4-les tendances démographiques (en prônant un planning familial bien équilibré pour parer non seulement à une croissance démographique non maîtrisable mais aussi un chômage anticipé très élevé),
5-la politique monétaire (en appliquant des reformes anti-inflationnistes pour soutenir le pouvoir d’achat, en renégociant la dette extérieure, en encourageant l’investissement et le rapatriement des fonds des résidents guinéens à l’étranger pour soutenir la baisse chômage, en veillant aux équilibres de la balance des paiements)
6-la politique fiscale en la rendant plus respectueuse, non seulement restera sans entrave à l’initiative privée mais veillera aussi à la rééquilibration les inégalités,
7-la coopération dans une ouverture de marché relative au développement des PME autochtones.
8-le soutien et l’entretien des œuvres culturelles pour développer de plus en plus le tourisme national et international dans le respect de nos coutumes évolutionnistes et modernes.
9- une participation directe ou indirecte de la population aux débats publics pour favoriser une communication directe ou indirecte entre gouvernement et population, pour connaître l’état d’avancement dans les reformes, pour développer plus de civisme.
-Si NON, alors qu’est-ce qui nous empêche d’aller vers l’unanimité, vers le choix d’un Homme de consensus, vers la vérité ?
Très chers compatriotes, j’ai peur qu’on comprenne mal mon idéal de société, mais croyez moi, ce qui nous empêche d’aller vers l’unanimité n’est autre chose que cet ethnocentrisme cultivé depuis 47 ans maintenant.
Nous ne le disons moins souvent que le mot démocratie, mais c’est cela la vérité. Ne croyez-vous pas qu’il sera très difficile, dans ce cas, d’avancer dans le multipartisme régionaliste, car le programme reste généralement le même. Il ne sert absolument à rien de restituer un régime dictatorial, tyrannique par un régime animé d’une ambition de vengeance, de haine ou de pillage.
Si nous ne sommes pas d’accord, pour nous le prouver il ne reste plus qu’à combattre ensemble comme un Homme (celui de consensus) notre obstacle commun.
Chers frères et sœurs, «Il n'y a pas de situations désespérées, il y a seulement des hommes qui désespèrent des situations », l’impossible n’est plus de ce monde et cela depuis la découverte de la gravitation universelle par Isaac Newton à la fin du 17ème siècle.
«Osons savoir, osons changer», n’ayons pas peur de la révolution car elle seule a permis aux grandes nations d’aujourd’hui d’arriver à ce stade si envieux (révolution française). Comprenons-nous maintenant J.F.Kennedy lorsqu’il dit : «Tout le monde veut le progrès. Mais le progrès requiert le changement... et le vrai changement reste impopulaire».
Les vrais changements sont lents et ils ne sont jamais sanglants. Le sang, c'est toujours pour payer la hâte de quelques hommes pressés de jouer leur petit rôle.
Chers frères et sœurs, guinéennes et guinéens, à la lumière de tout ce qui précède nous aurons compris que la démocratie n’est qu’une aspiration et non une réalité chez nous.
Voila ce que devient la démocratie lorsqu’elle est dévoyée par des pouvoirs qui ne sont ni élus par le vote populaire ni contrôlés par les citoyens.
Pour parvenir à cette démocratie, dans sa belle image, il faut non seulement restructurer l’espace politique guinéen, mais aussi parvenir à un consensus grâce au mouvement des nombreux «scienti-intello-patriotes» qui occupent désormais la première place dans la lutte pour la démocratie en Guinée et dans nos Nations.
Chers frères et sœurs, chers compatriotes, Hommes d’Etats et Hommes politiques, c’est une année qui vient de s’écouler, une année marquée par la misère (à l’image de la crise du riz, de carburant, d’eau, d’électricité, de transport), par la répression (profitons d’ailleurs de l’occasion encore une fois pour saluer et honorer les âmes de nos frères et mères martyres qui ont succombés à l’une répression à balle réelle à Télémélé ainsi qu’aux autres régions), par une année de pauvreté extrême, par une année de plus dans la régression et de moins vers le changement.
La nouvelle année 2006 s’annonce-t-elle bonne en Guinée ?
Etant donné que nous ne sauront jamais dans ce monde « de la poule ou de l’œuf le premier à exister », alors nous prions le Tout puissant, le Tout miséricordieux, l’unique, le plus haut, le sage, que cette nouvelle année soit une année de : réveil national, de compréhension, d’entente, de changement, de démocratie adaptée, de lumière, de prospérité, de bonnes surprises et surtout de conscience nationale pour la Guinée, les guinéens et toutes les nations du monde.
Par contre, on peut être sûre que cette nouvelle année 2006 sera bonne :
- si nous provoquons l’ «effet Fusion» et évitons l’ « effet scission » suite aux élections communales du 18 décembre dernier.
- si la classe intellectuelle décide de répondre favorablement à ces nouvelles vocations : l’approche de la classe politique et le choix d’un Homme de consensus.
- si nous tirons les bonnes leçons du passé ; des leçons il y en a plusieurs, mais les bonnes.
L’année 2006 ne dépend que de notre volonté à changer les choses, il ne faudrait plus croire aux miracles, c’est l’époque de l’« ose en parler, ose ton prochain et ose le changement ».
«Nous sommes tous responsables de ce que nous n’aurons pas empêché »
Meilleurs vœux à toutes et à tous !
«Vive la voix de la jeunesse,vive la classe intellectuelle, vive l’effet fusion, vive le changement pour que vive la démocratie en GUINEE »
M Diallo Mamadou Oury
Etudiant en Administration des Affaires
E-mail :chiccodiallo@yahoo.fr
Correspondance spéeciale pour Nlsguinee.com
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