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Guinée: la fin
30 décembre 2005
Après une tumultueuse et incertaine année 2005 qui s’achemine vers sa fin, le peuple de Guinée comme toujours garde l’espoir pour la nouvelle année 2006.
2005, un président malade et souvent dans des comas très prolongés ce qui résulte son incapacité à diriger efficacement les affaires courantes du pays, une administration démissionnaire, moribonde et corrompue, une opposition indécise et manquant de caractère, une jeunesse clochardisée et poussée vers le suicide, des institutions illégales et fantômes, une assemblée de fouttoirs et de badeaux bénévoles, une armée de poltrons et d’opportunistes en quette de grades, traumatisée par les psychoses de complots, une économie dilapidée, une monnaie de singe, un système éducatif bafoué, nos moeurs et coutumes abandonnés, une culture piétinée, la délinquance juvénile incontrôlable, le banditisme et le vandalisme débordants, l’insécurité galopante, la débauche dépasse l’imagination du commun des mortels, la nation est divisée plus que jamais, le pays s’engouffre de plus en plus dans l’infine pauvreté, la patrie est en danger, la Guinée se meurre.
Le tout crée et entretenu par un président incompétent et insouciant, entouré par un clan politico-mafieux et militaro-affairiste.
Le général Conté apparait aux yeux de tous les observateurs comme quelqu’un qui n’a aucun charisme, aucune autorité dans la conduite des affaires de l’état. Il ne maî trise aucun dossier, l’administration est dans une situation chaotique, l’état est paralysé, l’impasse est globale dans l’ensemble de l’administration devenue moribonde.
L’essentiel de ce qui échappe à cette inertie est entre les mains de divers clans antagonistes qui gravitent autour de Conté, et chaque clan tire de son côté les dividendes du pouvoir pour consolider ses emprises sur les affaires de l’état.
Telle est l’image forte de notre cher pays en cette fin de l’an 2005. Un pays que la nature a doté de toutes les ressourses humaines et naturelles lui permettant un développement rapide. Mais malgré ce scandal géologique, si nous ne prenons pas conscience de notre retard vis-à-vis des autres pays en mettant fin à ce système corrompu, nous ne sortirons jamais de notre léthargie et de notre paupérisation.
Après ces tapes à l’oeil d’élections, les agissements et réactions du pouvoir montrent une fois de plus la volonté de Conté de s’enfermer dans la politique de l’autruche et de la fuite en avant.
Nous devons savoir qu’une telle logique ne vise pas seulement à donner le coup de grâce à notre jeune démocratie, elle cherche également et délibérément à attiser les tensions interethniques. Ceci nous laisse dire comme si le meilleur moyen pour Conté de se maintenir au pouvoir était d’alimenter sans cesse tensions et divisions.
Sachons une fois de plus que la Guinée ne sera liberée, développée que par nous les guinéens.
La position de nos partenaires ne doit pas consister à soutenir une politique qui apprivoise le peuple de ses droits et la confiscation du pouvoir par la violence et l’intimidation. Elle doit nous aider à ouvrir les perspectives d’un changement pour le bien-être du peuple dans une alternance démocratique.
Mais sachant que ces mêmes partenaires défendent leur interêt, régardent moins les violations des droits de l’homme, nous ne saurions compter que sur nous-mêmes afin d’aspirer au changement tant attendu.
Après ce tableau noir de ces années écoulées d’un pouvoir agonisant, nous esperons que l’année nouvelle nous apporte la solution aux divers problèmes dont notre cher pays fait face.
A l’aube du nouvel an 2006 l’espoir pour le guinéen ne cesse de pointer à l’horizon, dans tous les esprits l’espoir de la fin de Conté et de son systéme se dessine un peu partout:
- La vieillesse et la maladie auront-elles finalement raison sur le dictateur en cette année 2006 à defaut d’un putch?.
- La geurre de succession entraî nera t-elle la disparution du système et assisterons-nous à l’avènement de la 3ème République?.
- L’émergence de nouveaux leaders sur la scéne politique donnera plus d’espoir au peuple.
- La Guinée ne tombera pas dans la folie de la guerre civile contrairement à ses voisins et le pire sera évité, seule voie de sortie de crise c’est l’organisation sans délai d’un dialogue national.
Comme toujours la fin d’un régime de dictature ne se passe pas sur un plateau d’or, elle a des rebondissements imprévisibles sur la suite des événements. Nous demandons au peuple de Guinée:
- La vigilance pour parer à toute vélléité de dérapages.
- L’abstention afin d’éviter tout esprit de vengeance.
Cette nouvelle année 2006 sera beaucoups plus cruciale pour le peuple de Guinée, si rien n’est fait maintenant le pire sera difficile à éviter.
Nous lançons cet appel aux forces armées guinéennes seules capables d’éviter à la Guinée le pire, qu’elles agissent au nom du devoir patriotique pour le bonheur du peuple guinéen.
Au peuple de Guinée, nous savons que l’espoir n’est pas perdu.
BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2006 AU PEUPLE DE GUINEE
Une analyse de Mohamed ‘’Joe’’ Sidibé
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