Guinée : Silence, on sauve !
23 décembre 2005
Chaque jour, l’affaire Mamadou, le Scylla des dettes, connaît de nouveaux développements. Le brave Patron des Patrons guinéen passe à l’offensive dès qu’un malin, blotti quelque part, sort un petit quelque chose, quelque portion de vérité sur les détournements de fonds publics que de très hauts fonctionnaires de l’Etat ont aidé à faire. Il y en a d’ailleurs qui sont prêts pour les lieux saints de l’Islam. Dieu soit loué !
Aujourd’hui, ses compatriotes devraient éviter tout regard vers le passé pour mieux focaliser leur attention sur l’avenir, en vue de tenter d’éviter au Scylla, les Futurs ravages de Dixinn-Bora. Aragon, le poète, avait chanté, quasi impuissant : «Des hommes verts et des vautours, vinrent obscurcir notre jour». Sûr que nous ne sommes pas en guerre ! Sûr que le Nazi, dans son uniforme vert olive, a été défait une bonne fois pour toutes. Mais, le temps des vautours semble être arrivé aux portes de la Guinée. Sans qu’elle ne le sache. «Ça meurt et ça ne sait même pas» avait constaté San-Antonio Quand on nage en toute tranquillité, dans un pays de misère, avec des brassées de dollars et d’euros, accompagnés de milliards en monnaie locale, que l’on a contribué à dénigrer, à affaiblir par le vol, la corruption et l’impunité, on peut quasiment obtenir tout ce que l’on veut. Du politique au social. Surtout que, astucieux à souhait, l’on aura réussi à dompter les plus hauts sommets de l’Etat. Au point d’engager l’ultime épreuve d’en domestiquer la périphérie. Les Guinéens ont déjà eu leur Patron des Patrons. Il ne leur manque plus que le Patron du Patron Il faut appeler les choses par leur…non. Mamadou Sylla n’aurait jamais eu le Rapport Zogbélémou même par les vertus de la tendresse, s’il n’avait pas domestiqué le Ministre du Contrôle Financier du Gouvernement Cocoforiste. Mamadou Sylla blanchi, c’est la République qui est salie. Le Ministre du Contrôle Financier a dû ruiner, par avance, le capital de confiance que le pays aurait dû constituer à partir du cas Scylla pour répartir sur de nouvelles bases. Et sortir de la misère qui l’étreint si injustement.
Bien sûr que les deux hommes sont des amis de longue date. Bien sûr que le rapport Zogbélémou sauve d’autres larrons de la Forygouvernannce qui ont choisi de prendre la Présidence de la République en otage pour mieux étouffer le pays. Bien sûr que Charles Kémo et Mamadou Sylla ont été des amis, des amis de prison, pendant la sale période de la non moins sale affaire de la BIAG. Mais, aujourd’hui, M. Charles Kémo Zogbélémou n’est plus à la BIAG. C’est un ministre de la République. Ses analyses et ses conclusions ne sont plus celles de la BIAG, mais celles de la Nation. Ses clients sont les Guinéens. Tous les Guinéens. Comment peut-il, impunément les troquer contre M. Mamadou Sylla ? En le faisant, il a consacré l'impunité en Guinée. N'est ce pas lui le patron de l'Agence Nationale de lutte contre la Corruption ?
Pauvre de nous !
Source : Le Lynx
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