Guinée : La liberté d'expression en danger !
22 décembre 2005
Victime d'agression violente le 25 novembre dernier par des inconnus armés, le Directeur de publication du journal en ligne de la liberté d'expression, LES ONDESDE GUINEE, à porté plainte contre X à l'Escadron Mobile N° 2. A défaut de pouvoir le rencontrer, il a aussi écrit au Président du Conseil National de la Communication et à d'autres Organisations. Lisez...
A M. le Président du Conseil National de la Communication
CONAKRY
Objet : Lettre d’information
Monsieur le Président,
Je voudrais vous informer par la présente que dans la nuit du 25 novembre 2005, entre 19 heures et 20 heures j’ai été physiquement attaqué par quatre individus munis d’armes automatiques et embarqué de force à bord d’une 4x4 de couleur plutôt sombre dû à l’obscurité.
Mes assaillants ne portaient pas de tenues militaires ou paramilitaires mais, tout au long du trajet, s’adressaient entre eux par « Oui, chef » ou par « Non, chef ». Ils m’accusent d’avoir publié des articles de presses injurieux à l’endroit du chef de l’Etat et de l’Armée. Après avoir encaissé quelques paires de gifles, le chauffeur se dirige vers Bambéto.
A mi-chemin et après l’arrêt bus au niveau du Collège Bill Clinton, il est
ordonné de virer à droite et de prendre la route secondaire non bitumée.
A moins de deux cent mètres, leur « chef » ordonne de virer à gauche vers le cimetière de Bambéto. A une dizaine de mètres il arrête le véhicule, coupe le moteur et éteint les phares. Ils me débarquent avec des injures obscènes, déchirent ma chemise puis me ligotent les bras derrière le dos et commencent à me frapper violemment dans l’abdomen et sur tout le corps à coups de poings et à coups de pieds. Les douleurs me font vomir. Les coups étaient si intenses et si douloureux que je perds connaissance.
Tard dans la nuit, j’entends le vrombissement lointain d’un moteur.
J’aperçois des lueurs puis de j’entends des voix. L’une d’entre elles dit : « Il n’est pas encore mort. S’il arrive à s’en sortir, ça lui apprendra à être poli. » Je me rends compte que je suis sur un tas d’ordures. Couché sur le côté gauche.
L’un d’entre eux me retourne sur le ventre avec son pied ou un objet long et solide puis me détache en disant : « Tu prends beaucoup trop de liberté en insultant le chef de l’Etat et l’Armée. La prochaine fois, on t’enterre vivant. C’est le prix de ton insolence ». Tout se brouille devant moi et je m’effondre.
Je reprends connaissance au petit matin. Une douleur intense me parcourt le corps tout entier. Je me sentais affaibli et traumatisé par cette douloureuse expérience jamais vécue auparavant. Je porte encore les traces de sévices sur mes bras.
Les propos tenus par mes assaillants confirment une action bien planifiée et exécutée et non un simple acte crapuleux. Je redoute une autre attaque fatale contre moi et les éléments de ma famille.
C’est pourquoi, je souhaiterais bénéficier d’un soutien et d’une protection
en attendant que toute la lumière soit faite sur ce qui m’est arrivé.
Veuillez agréer Monsieur le Président, l’expression de ma profonde reconnaissance.
Amadou Sadio Diallo
Directeur de publication
LES ONDES DE GUINEE
CC : - La presse nationale et internationale
- AGEPI (Association Guinéenne des Editeurs de Presse Indépendante)
- AJG (Association des Journalistes de Guinée)
- Représentant Reporters Sans Frontières
- Amnesty International
- Human Rights Watch
- IFEX
- Organismes internationaux / ONG
ALY SYLLA
|