Guinée: faible affluence aux élections locales
19 décembre 2005
Les élections locales de dimanche en Guinée ont été marquées par une faible affluence dans les bureaux de vote et par une contestation de l'oposition qui affirme que des irrégularités ont eu lieu.
Le scrutin, marqué par un faible engouement populaire s'est déroulé sans incident majeur signalé dans le pays. Aucun résultat ou taux de participation n'était disponible dimanche soir.
Au total, plus de 5 millions d'électeurs répartis dans 8.614 bureaux de vote devaient se rendre aux urnes pour ces élections communales et communautaires où s'affrontaient 16 partis politiques. Le scrutin a eu lieu dans 38 communes, dont cinq à Conakry, et 303 communautés rurales de développement (CRD) du pays. L'opposition a dénoncé des irrégularités à Conakry et dans sa banlieue.
L'Union des forces républicaines (UFR, opposition) de l'ancien Premier ministre Sidya Touré, a indiqué à la presse avoir découvert à Kaloum, le quartier administratif et des affaires de Conakry, un bureau de vote clandestin installé au siège local du parti au pouvoir, le Parti de l'unité et du progrès (PUP). Fodé Touré, un responsable de l'UFR, a présenté à la presse des bulletins de vote, dont une forte proportion de bulletins en faveur du parti au pouvoir, découverts selon lui dans ce bureau qui a ensuite été fermé.
Des délégués de l'opposition et de la Commission nationale électorale, chargée de superviser le scrutin, ont par ailleurs été chassés par des militaires hors de plusieurs bureaux de vote installés dans des garnisons. "C'est le cas dans les camps Samory Touré (siège de l'état-major des armées) et Alpha Yaya (près de l'aéroport)", a déclaré le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), Ba Mamadou.
Ce dernier, qui a pu finalement accéder à ces bureaux, a affirmé que des votes multiples d'électeurs en faveur du parti au pouvoir y ont été enregistrés. Le ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation, Kiridi Bangoura, a pour sa part déclaré que ces élections ont été marquées par des "imperfections mineures" n'ayant pas affecté le bon déroulement du scrutin. M. Bangoura a démenti "les allégations fantaisistes et mensongères qui ont circulé pendant toute la journée faisant état de bourrage d'urnes et de bureaux de vote fictifs".
Ces élections doivent permettre de pourvoir 4.399 sièges de conseillers, dont 836 sièges communaux et 3.563 communautaires, selon la Commission électorale nationale autonome. Elles sont considérées par les bailleurs de fonds comme un test dans un pays en proie à une profonde crise économique avec des mouvements sociaux récurrents.
Certains observateurs y ont vu un pari déjà gagné par le ministre Kiridi Bangoura qui, selon eux, a réussi à mettre les partis d'accord pour aller aux urnes. Les opérations de vote se sont déroulées de 08h00 à 18h00 (locales et GMT) sur l'ensemble du territoire. La campagne électorale, ouverte le 2 décembre s'était achevée vendredi après s'être déroulée dans l'indifférence quasi-générale, malgré l'animation des derniers meetings à Conakry, la capitale, où deux militants de l'opposition ont été légèrement blessés dans des heurts avec des policiers.
Source : AFP
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