Guinée : Comment Kidiri Bangoura a arnaqué l’opposition ?
15 décembre 2005
Ce jeune sociologue au départ hostile au système est aujourd’hui par la forces des choses l’un des puissants faucons de la MAFIA – Conté.
Ministre de l’administration du territoire, doublé de barons du PUP (au pouvoir), il semble avoir réussi sa mission : organiser une élection où tous les partis politiques répondraient à l’appel et faire en sorte que le pouvoir s’en sorte gagnant, histoire de bénéficier des faveurs d’une communauté internationale ambiguë notamment celle des institutions financières. Et, bonjour l’arnaque !
L’opposition dans sa grande majorité ne voudrait pas se faire mordre à l’appât. Elle était catégorique quant à sa participation jugeant d’avance les conditions d’organisation inacceptables. En fin stratège, Kiridi commence son « négoce » par l’occupation de certaines conditions posées et la tenue des « promesses». Hélas, voila le début de la drible ! Le doyen Bah Mamadou, célèbre dissident de l’UPR, intraitable opposant de Conté mais avocat inconditionnel de son actuel Premier Ministre, est le premier à mordre à l’hameçon. Emerveillé par les « efforts» du Ministre Kiridi et par les « progrès » du gouvernement Dalein, il sera le premier du FRAD à accepter l’invitation et les propositions du Ministre de l’administration.
Par la suite il fera un effort pour essayer d’optimiser ses puissants cadets : Alpha Condé du RPG et Sydia Touré de l’UFR. Ces derniers après consultations des instances de leurs formations finissent par « accepter de participer aux élections malgré les conditions non transparentes pour démontrer leur volonté à la face du monde ». Jean Marie Doré, le leader de l’UPG fut le dernier à boire le reste des couleuvres suite aux pressions amicales de ses « amis du FRAD ». Il finira par rentrer dans cette « danse minée». Kiridi a gagné le premier pari !
La question qui se posait maintenant était de voir la volonté réelle du Ministre à travers les faits. Paf ! C’est la déception totale.
Mais ce que nous pouvons en toute honnêteté reprocher à notre opposition, c’est le fait qu’elle soit partie en rangs isolés à la conquête des communes. Quant aux partenaires au développement et certains bailleurs de fond de la Guinée, leur mutisme face au trucage de Kiridi et de son gouvernement est inquiétant. Pour nous autres qui avons pris nos plumes pour encourager et soutenir l’opposition en croyant à « la bonne volonté » de notre Ministre de l’Administration du Territoire, avons été simplement victimes d’une naïveté inexplicable.
Dans tout cela où est la société civile ?
Où sont les partis politiques de chambre (qui ne descendent jamais sur le terrain) ?
Où sont les femmes ? , les jeunes ? Les intellectuels du pays ? Les militaires républicains ? Etc.
Qu’attendons nous ?
Je pose deux dernières questions : qui doit changer la Guinée ? Le peuple ou seuls les opposants ?
Répondons tous. Seulement que je sache, il appartient aux Guinéens, et seuls aux Guinéens avant tout, de se battre pour changer leur pays, personne ne le fera à notre place. D’où le partage des responsabilités.
En attendant je n’ai qu’un seul regret, un seul, le fait que Machiavel ne soit plus de ce monde, si non en toute sincérité je l’aurais interrogé sur le cas de notre pays : la Guinée.
Ansoumane CAMARA
Président du comité d’initiative du journal Nouvelle jeunesse.
Porte parole de l’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP)
Dakar – Sénégal
Contact : ansoumanecamara2000@yahoo.fr
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