Guinée : Le mauvais choix politique de l’opposition
09 décembre 2005
Faut-il participer à une élection pour prouver que le régime en place qui a toujours fait du vol électoral sa devise que celui ci peut récidiver ou alors faut-il participer à une élection pour apporter le changement ?
C’est la question que doit répondre notre opposition « Rigollot ».
Si c’est pour prouver que le gouvernement va tricher les urnes, voler les élections alors l’opposition a atteint son rôle. Donc, elle n’a qu’à se satisfaire et se réjouir d’avoir atteint son objectif, plier bagages et atteindre les prochaines séances électorales.
Bien avant la date fatidique du 18 Décembre 2005, la transparence des élections est déjà compromise comme l’ont reconnu tous les ténors de la petite opposition guinéenne.
La faute ne vient nul part que du coté de l’opposition qui n’a jamais su s’entendre devant un adversaire politique commun. Elle s’est toujours divaguée en ordre dispersée et dans un état d’ivresse politique.
Pourquoi un rapprochement n’est-il pas toujours possible au sein de la classe politique Guinéenne malgré tous les cris des Guinéens pour que les partis d’opposition partent dans le combat politique comme un seul homme ?
Nous devons reconnaître que l’opposition Guinéenne ne constitue plus une force politique capable d’exercer une réelle pression sur le processus électoral en cours pour provoquer une alternance politique en Guinée. Les Guinéens doivent sortir de cette hibernation ou fantaisie politique que l’opposition actuelle apportera le changement tant voulu.
La réalité du politique en Guinée et cela est indéniable aujourd’hui, c’est que l’opposition guinéenne traditionnelle qui constituait l’incarnation des espoirs de tout un peuple depuis des décennies s’est évaporée comme une fumée.
Le moment propice est arrivé pour que les Guinéens comprennent que le changement en Guinée ne viendra ni par les urines et encore moins à travers cette opposition trop déchirée, trop égoïste et surtout trop aveuglée politiquement pour des intérêts égoïstes.
La solution c'est de suspendre toutes les activités de ces partis ethno-régionalistes politiques et mettre les différents chefs de tribus de ces partis tribalo-regionalistes en chômage technique et y penser à d’autres voies pour une solution à la crise politique en Guinée avant qu’il ne soit trop tard.
Ces partis politiques ethno-regionalistes sont plus dangereux que le régime en place car à maintes reprises, ses leaders ont fait preuve d’inconscience et de manque de cohésion devant l’intérêt national, primant leurs intérêts égoïstes. Quand il s’agit de l’avenir de la Guinée, cette opposition a montré une maladresse impardonnable et surtout un manque de dénominateur commun : la primauté de l’intérêt national sur les dividendes personnelles, ethniques ou régionalistes.
Rappelons nous que la persistance du chaos et du statu quo fait le beau temps pour certains cadres qui font parti de la clique qui ne trouve leur bonheur que dans la conduite de la patrie vers le chaos total.
Si rien n’est fait, la guinée risque de devenir l’Angola des années 1970, c'est-à-dire un pays en guerre, une nation en faillite où toutes les rapaces connues vont se retrouvées afin de « sur-piller » les ressources du pays et l'appauvrir comme c'est le cas dans n’importe quel pays riche de sous sol mais en guerre et aussi dans les pays où les dirigeants par ignorance ou par complicités mènent petitement mais sûrement leur peuple vers les même situations tragiques.
Comment expliquer l'exception Guinéenne ?
Où chercher les causes profondes qui font que la Guinée est l'une des plus étonnantes nations africaines de par son paradoxe tant économique que politique ?
Etonnante par le comportement de sa population qui, malgré les diverses vicissitudes subies, destructrices socialement et économiquement, a croisé les bras face à l'adversité certes chaotique, et se confine au fatalisme et à la résignation coupable. Le désespoir a, à la longue, envahi leurs corps et esprits.
La faillite de l’état en Guinée depuis des décennies est attribuable au laxisme dans la gestion et conduite des affaires publiques, soutenu par une propension des dirigeants politiques à se préoccuper de leur sort personnel, ce comportement a conduit à la destruction de l'appareil de l'Etat.
La crise en Guinée, c'est d'abord, une crise de l'Etat. Ensuite, une crise de la démocratie parce que, les leaders politiques se voient comme des «Prophètes » très distant des réalités quotidiennes des Guinéens. C’est aussi une crise d’opposition dans la mesure où cette opposition a beaucoup de mal à dépasser les considérations partisanes et les intérêts catégoriels et mercantiles pour constituer un bloc de lutte pour le changement.
Faut-il le rappeler que, le vote est une expression démocratique. Il est vrai que les élections ne sont jamais une fin en soi. Mais c’est le passage obligé vers un Etat démocratique, surtout pour un pays où l’Etat et les institutions sont notoirement marqués par l’absence de légitimité.
Le vote est par conséquent une expression démocratique qui permet de prendre en compte les préoccupations du peuple en vue de les rencontrer de manière à consolider la stabilité et l’autorité de l’Etat. Mais cela n’est possible que dans un climat politique stable, transparent et libre où toutes les forces politiques en compétition partent avec les mêmes marges de manœuvres, les mêmes accès aux medias et aux ressources de l’état.
L’opposition guinéenne qui avait boycotté les élections législatives et présidentielles pour suspicion de vol et manque de transparence, avait critiqué les quelques partis qui avaient décidé de tester le terrain politique des législatives et traiter Mr Mamadou Bhoye Barry, candidat malheureux de l’élection présidentielle de toutes les tares et insultes du monde, donc cette opposition décide de participer dans des élections de moindre poids politique donc de moindre importance alors que les conditions sur le terrain électoral ne se sont pas améliorées mais au contraire, devenues plus défectueuses.
Des années d’apprentissage des fraudes électorales ont raffiné le système de duperie et de mensonge, pour le rendre plus efficace et plus habile dans la magouille des urnes et de sélection de listes électorales et des candidats aux élections.
L’opposition vient de « manger ce qu’elle avait vomi il y a des années ». Ce qui était amère, nauséabonde, fétide et non comestible hier est soudainement devenu délicieux, savoureux et comestible pour une raison que seule cette opposition connaît.
Un proverbe africain sait : « la personne avec laquelle tu t’es battue est préférable que celle que l’on ignore ». Si cela est vrai, les Guinéens et la Guinée sont mieux entre les mains de ceux que l’on connaît que ceux que l’on ne connaît de rien, ni de leur vision, ni de leur conviction et de leur état d’âme.
Loin de choisir leur destin, les Guinéens vont le 18 Décembre 2005, élire des sangsues politiques et économiques qui leurs suceront jusque dans la moelle osseuses. Dans un désespoir fatal ils échangeront leurs votes pour l'un ou l'autre des candidats contre le bout de pain d'un jour et les Guinéens replongeront dans leur perpétuelle misère.
Tant que les Guinéens n'atteindront la maturité requise pour se prendre en charge, tant que les problèmes et les solutions seront rangés dans les oubliettes et les couloirs au lieu d’être affrontés, tant qu'un vrai intérêt national ne se développe pas au sein de la population, tant que les Guinéens ne voudront pas bousculer les mentalités sociopolitiques, tout miracle restera impossible et illusoire.
L’effort à fournir est immense dans la mesure où il consiste à réhabiliter le citoyen Guinéen dans conscience et dans sa mentalité pour qu’il reprenne en main la destinée de son pays. C’est un long processus qui consistera d’abord à refonder un Etat en lui donnant des institutions nationales fiables après avoir situé le cadre juridique de l’exercice du pouvoir pour mieux faire face aux défis de développement.
Aujourd’hui, l’un des problèmes majeurs de notre pays est que le sens d’imagination des Guinéens, est bloqué par l’état extrême de misère, de dénuement, de précarité et de fragilité qui se trouve dans notre propre sens être Humain.
Il Nous faut donc libérer l’imaginaire dans le sens d’un projet de société qui nous mobilisera pour changer les choses. On est complètement figés, tétanisés, paralysés dans notre imaginaire. Nous devons libérer nos capacités d’innovation, d’imagination, de dialogue et de tolérance dans nos diversités et différences si nous voulons une Guinée meilleure au mérite de ses potentialités et avec laquelle nous n’aurons pas honte devant nos enfants.
Cela exige que nous prenions au sérieux la crise de l’éducation, la crise de l’école, la crise de l’université dans notre pays où le système scolaire est totalement déstructuré.
La Guinée est victime de comportements de ses fils et filles et cela à tous les échelons du pays. La Guinée est infectée par une nouvelle de escroquerie et malversation de fonds, de courbettes, d’hypocrisie, sciemment érigée en système et entretenue par les « argentivores et budgétivores » du régime en place, dénués de tout scrupule, en quête d’une quelconque opportunité alléchante pour réaliser leur fantasme : Belles villas, belles et nombreuses femmes, belles et nombreuses maîtresses, des parc automobiles de dernier cri et cela n’en déplaise aux rêveurs patriotes !
Voilà la triste ambiance qui prévaut dans notre pays. Il faut savoir mettre un terme à ce pandémonium.
La liberté coûte très cher, et il faut ou se résigner à vivre sans elle ou se la payer son prix.
Soyons donc réalistes et demandons l’impossible !
Les tenants du pouvoir ne pourrons en aucun cas accepter un dialogue politique franc qui risquerait d’ouvrir la boite de Pandore qu’ils monopolisent.
Dr Mamadou Diallo
Depuis Washington State (Seattle)
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