Guinée : Récession économique ou Récession culturelle ?
07 décembre 2005
Très chers compatriotes, frères et sœurs, guinéens, OÙ ALLONS-NOUS ?
Depuis nos soi-disant indépendances les fléaux ne font que se multiplier au berceau de l’humanité, par une simple faute de contradiction entre «vouloir et avoir».
Quand nous voyons de jeunes enfants, femmes, hommes et vieux mourir de faim au Darfour voisin et que l’aide provienne la première de l’extérieur, c’est vraiment très significatif. Ce n’est pas le fait que l’aide provienne de l’extérieur du continent qui est le problème, mais c’est surtout le fait qu’elle provienne la première de l’extérieur qui est vraiment honteux.
Quand nous voyons les multiples conflits qui affectent terriblement le continent, notamment en Côte d’Ivoire voisine et que intervienne les premiers, les forces françaises. Cela aussi est très significatif.
Quand nous voyons qu’un certain groupe de personnes se permettent tout dans nos différents territoires au détriment de la majorité très souffrante. Cela aussi est très significatif. Quand nous voyons plusieurs autres choses comme celles que nous venons de décrire, cela ne peut être que significatif.
Chers frères et sœurs nous n’allons jamais finir de relater toutes nos observations qui indiquent la persistance d’une crise chronique sur le Continent Noir.
QUELLE CRISE !
Si c’est parce que toute société, et même les grandes que nous connaissons aujourd’hui, est amenée a connaître des crises cycliques dans son histoire, dans ce cas nous pouvons comprendre. Supposons que ça soi cela, dans ce cas, nous nous n’arrivons toujours pas à sortir de cette crise qui perdure depuis un peu plus d’un demi-siècle.
Que voulons nous réellement ?
Voulons-nous être compétitifs sur le plan International?
Voulons-nous prospérité, paix et bonheur ?
Voulons-nous la souveraineté?
Pourquoi n’arrivons nous pas à sortir de cette crise qui perdure depuis un peu plus d’un demi-siècle?
J’estime franchement chers compatriotes que nos connaissances macro/micro-économiques sont à l’heure du changement mais soyons sûr et certains que ces règles ne s’appliquent que pour les grandes démocraties de ce monde. Ces démocraties qui ont connu un long parcours et auquel nous aspirons vivement.
Chers frères et sœurs, il est vrai qu’en appliquant des politiques commerciales de dernières générations, C’est vrai qu’en menant des politiques fiscales de point, C’est vrai qu’en appliquant une politique monétaire stricte,
C’est vrai qu’en … C’est vrai qu’en s’ouvrant d’avantage et en laissant le marché réguler, cela favorisera la création de la richesse dans nos pays, parce qu’elle favorisera l’initiative privée et l’esprit entrepreunarial, la création d’entreprises qui, créerons elles aussi à leur tour des biens et services dont bénéficiera le peuple à bas prix du fait de la concurrence, puis nous récolterons de la richesse grâce à une croissance du PIB.
C’est vrai aussi que dans une Nation où il y a de la transparence, il sera plus facile de prévoir et de trouver notre avantage concurrentiel qui pourra nous distinguer des autres, comme en Asie où le principal avantage concurrentiel est « les bas salaires» et la «spécialisation dans l’imitation». De ce fait, toutes les multinationales, pour maîtriser leurs coûts et augmenter leurs profits, y délocalisent leur production et cela au plus grand bien des économies asiatiques car on assiste à des taux de croissance atteignant les deux chiffres.
C’est vrai qu’en appliquant tous les remèdes économiques que nous maîtrisons quelques fois par cœur, fautes d’applications, nous parviendrons à créer de la richesse dans nos Nations.
Mais, mes chers frères et sœurs et chères compatriotes, ne brûlons pas les étapes. Car en parlant justement, de ces mêmes asiatiques qui ne finissent de nous ébahir, savions nous que, en Chine particulièrement, ils doivent leur actuelle révolution économique à leur révolution culturelle qui est la base de toute leur conduite?
QUE VOULONS-NOUS RELLEMENT?
Ce sont pas des ailes qu’il faut à notre esprit, mais des semelles de plombs; ôtons de temps en temps notre veste, nos cravates d’économistes et de financiers et mettons nos lunettes d’historiens, de réalistes et d’humanistes car ce ne sont pas des structures artificielles mais plutôt des structures originales et solides, qui pourrons asseoir d’abord la fraternité, la justice, la solidarité, l’amour du prochain, une conscience nationale et internationale, la conscience de soi,… et la foi en la vérité, des structures qui permettrons à nos postérités de faire enfin triompher la mère patrie qui est «berceau de l’humanité.»
Soyons certains que toute structure artificielle s’effondrera sur sa propre masse et pour preuve il suffit tout simplement de voir un peu ce qui se passe en Côte d’Ivoire voisine, on nous disait que c’était vraiment le petit Paris, mais aujourd’hui on a tous compris que pour être, non pas le petit Paris mais la CÔTE D’IVOIRE il faut plus qu’une peinture ou une caricature, plus que des structures artificielles mais plutôt une question de définition de valeurs, une question d’intégrité, une question de conscience nationale, une question de vérité, une question de tolérance, d’amour du prochain, d’acceptation, de pureté et de compréhension…
En un mot, tout est question de culture de changement.
Chers frères et sœurs, très chers compatriotes, on ne parlera de révolution économique que lorsque nous aurons fini de parler de révolution mentale et culturelle.
Si nous aspirons réellement à devenir une grande Nation, un grand continent, au lieu de cueillir les fruits des arbres d’autrui, cherchons à arroser nos propres arbres.
N’est ce pas qu’il est mieux d’être un K.Marx, un keyns, un A. Smith, un J.B. Say, un Ricardo, un Senghor, un Aimé Césaire, un Malcolm X, un Martin Luther King, … tous ces grands architectes et visionnaires d’économies et de nations, que d’être un Bush ou un Chirac qui eux ne font que rouler sur les chemins tracés par leurs prédécesseurs.
Chers compatriotes il faudrait alors abandonner le court terme, nous ne pourrons bâtir les bases solides d’une Guinée, d’une Afrique tant riche qu’en pensant déjà à ce que nous voulons faire de notre pays, de notre continent et bâtir des bases adéquates à nos visions.
Au terme du prochain demi-siècle, voyons-nous la GUINEE/L’AFRIQUE comme l’un des pays/continent les plus développés et prospères du monde?
Ceux parmi nous qui ont foi au développement du continent, même au point d’être référence des grandes civilisations d’aujourd’hui, sont ceux-là qui ont la patience et le contrat d’édification, de redressement et de conscientisation du peuple pour une suite favorable de l’histoire du continent.
N’oublions pas aussi que «le jugement du monde n’est que l’histoire du monde».
Par contre, ceux qui pensent pouvoir changer brusquement les habitudes et mentalités de nos peuples en appliquant strictement des règles démocratiques d’autres nations, ceux-là qui veulent de la Guinée et/ou de l’Afrique comme le petit Paris n’ont qu’a bien analyser le cas de la Côte D’Ivoire et voir si réellement il y a deux Paris possible.
Chers amis Guinéens, peuple d’Afrique, la seule manière de poser une pierre qui restera et qui assurera la prospérité de nos Nations via nos postérités sera tout simplement de commencer par la première marche de l’échelle et d’avancer ensemble, pas à pas, pour être sûre que nous ne reviendrons plus à la case départ.
Il est temps de se remettre enfin en route; pourquoi baisser déjà les bras? Avons-nous oublié qu’il n’y a pas de réussites faciles ni d’échecs définitifs?
Nous devons évoluer ensemble selon nos propres structures, nos propres valeurs, il n’est pas le temps de discours purement économiques, il est temps d’affirmer notre identité au monde entier et croyez-moi que cela ne peut être possible qu’en «N’imitant rien ni personne, car un lion qui imite un lion devient un singe». Nous sommes aussi des lions, des lions en quête de reconnaissance, luttons contre le déracinement, conservons nos acquis culturels et rejetons tout ce qui n’est pas conforme à nos cultures. Nous allons beau tourner autour du pot, mais si c’est le vrai changement que nous voulons, nous reviendrons tous autour de la table pour parler union nationale/continentale.
Une seule solution, une seule opportunité: la solution c’est l’union et l’opportunité c’est la tension et la crise actuelle.
Saisissons cette opportunité pour obtenir un meilleur changement car A. Einstein
nous enseigne qu’«au milieu de la difficulté se trouve l’opportunité»
Terminons enfin avec cette citation de Marcus Garvey qui nout dit: «Un peuple qui a oublié ses origines, son passé, son histoire, sa culture est comme un arbre sans racines»
« Vive la voix de la jeunesse, vive l’union nationale, vive la fusion, vive la liberté d’expression pour que vive la GUINEE ».
Mr Mamadou Oury Diallo
Etudiant en Administration Des Affaires
E-mail : chiccodiallo@yahoo.fr
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