En France ou en Afrique, la jeunesse brûle : « Frère » Jacques René Chirac peut-il faire mieux ?
05 décembre 2005
Quand le banal devient serment, il contribuera à faire brûler davantage le Continent africain. Lors du sommet de Bamako du 3-4 décembre 2005, le Rais français déclara a qui voulait l’entendre et surtout par rapport a la jeunesse africaine dépossédée que « la France ne saurait plus être une destination naturelle.»
Que le Président Chirac puisse se moquer des pseudo-dirigeants africains est peut-être acceptable pour eux, mais qu’il dise que la France ne saurait plus être une destination « naturelle » pour la jeunesse africaine dépasse l’entendement. Nous n’attendons pas qu’il dise le contraire puisqu’il n’arrive pas à s’occuper de cette jeunesse qui est française depuis bientôt 30 années, mais qu’il continue toujours à la considérer comme jeunesse « africaine. »
L’électrocution des deux jeunes d’origine africaine met à nu les insuffisances et le manque d’adéquation des services étatiques par rapport aux aspirations d’une jeunesse française qui a l’indésirable caractéristique d’être de souche africaine. Nonobstant quelques miettes de misère, cette jeunesse française ne trouve pas du tout son compte en France. Rappelons que cette jeunesse est en France depuis plus de 3 décennies et le fait qu’elle soit de souche africaine lui a valu la relégation au dernier plan sur l’échiquier national français.
Que le Président Chirac se rappelle bel et bien que c’est la politique erronée de la France qui a occasionné et continue de soutenir des délinquances étatiques africaines. A cet errement s’ajoute le fait qu’il s’est tissé des relations personnelles avec beaucoup de ces fossoyeurs africains, jusqu’au point ou certains se plaisent à l’appeler d’ailleurs « frère Jacques». La conjugaison de ces facteurs fait de certains pays dirigés par les « frères de Jacques » parmi les plus corrompus du monde comme l’ont rapporté Transparency International et le Programme des Nations Unies pour le Développement (HDI) dans leurs rapports de 2005.
Le mal dans ce concept de fraternité répond extrêmement bien aux volontés néfastes et insatiables des pseudo-dirigeants. Ceux-là sapent les ressources et les énergies requises pour développer les nations africaines afin qu’elles puissent servir les aspirations de cette jeunesse. Il n’est un secret pour personne que le Rais Français est dépassé. Il n’a même pas peu convaincre les Français de souche « on s’excuse de cet usage » à voter pour la constitution européenne. Malgré son amère et écrasante défaite il s’est plié aux souhaits de ses compatriotes. Cependant il encourage ses « frères » africains de modifier leur constitution et de se pérenniser dans les états et affaires africaines. Aussi, le président Chirac profite de sa présence à Bamako pour féliciter avec « chaleur la réélection brillante » du président Oumar Bongo Ondimba du Gabon. Allez-y voir une cohérence dans ce type d’encouragement par rapport au rang qu’occupe le Gabon dans les rapports du PNUD et de Transparency International.
Cette pérennisation a comme corollaire la déliquescence des états et les frustrations de la jeunesse. Nul n’a t-il besoin de rappeler au président de la 5ème république et ses frères africains que l’exode de la jeunesse africaine vers des horizons meilleurs est la résultante des malfaisances et absurdités dilatoires émanant de leurs manquements graves. A cet effet, la jeunesse africaine s’est trompée de destination et la 5ème république n’est pas à la hauteur de son aspiration. Il est tout à fait raisonnable de demander au frère Jacques de considérer, au minimum, informer ses « frères » qu’il n’est pas en mesure de s’occuper de leurs enfants comme le dicte la tradition africaine. Et qu’il vaille la peine de créer les conditions susceptibles de les faire vivre chez eux. Ceci réduirait la possibilité des flammes qui font si peur, et avec raison, à l’Honorable Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l’Union africaine, qui disait tout haut et à qui voulait l’entendre que « ce continent va brûler si rien n’est fait. »
La crainte de l’Honorable Konaré a plus d’un titre bénéficié, ne serait-ce que par inadvertance, du support du président Chirac qui intima lors du sommet de Bamako du 3-4 décembre 2005 : «rien ne serait plus dangereux que de laisser les jeunes Africains sur le bord de la route. S’ils devaient prendre la voie sans issue de la contestation violente et des idéologies extrémistes, l’Afrique serait en grand péril et le monde en déséquilibre».
Dans la mesure ou une simple mise en œuvre d’un minimum de transparence suffirait largement à renverser la tendance, il est peut-être temps que le président de la 5ème république honore la jeunesse africaine en demandant à ses « frères » de faire preuve de bon sens. Comme il s’est plié à la volonté des ses citoyens de souche après son écrasante défaite au vote pour le referendum européen, n’est-il pas temps qu’il déconseille à ses « frères » de faire avaler des couleuvres à la jeunesse africaine ? Le 21ème siècle est très méchant et l’on ne pourra pas accepter que toute une génération ne puisse dessiller ses yeux pour un avenir meilleur. Supporter l’invraisemblable risque de porter préjudice.
Dr. Djimé Adoum (USA)
membre de l'équipe Alwihda
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