Guinée : À QUOI SERT UNE CAMPAGNE ÉLECTORALE EN GUINÉE ?
05 décembre 2005
La République de Guinée est en campagne électorale du 2 au 16 en vue des élections communales et communautaires du 18 Décembre prochain comme le stipule l'acte du pouvoir central dans un décret rendu public sur les antennes de la RTG le jeudi 1 Décembre 2005.
Sous d'autres cieux la période de la campagne électorale est un moment propice d'étaler , d'une part , sur la place publique les faits et gestes nuisibles du pouvoir en place qui ont contribué à l'aggravation des conditions de vie des populations et par ricochet au retard sociaux-économiques du pays , c'est une période de promesses de la part des hommes politiques qui aspirent aux suffrages de leur compatriote.
Ces deux semaines devraient êtres également une période de bilan du parti au pouvoir et de la prise de nouveaux engagements en vue de l'amélioration ou de la rectification des erreurs commises vis-à-vis de la gestion du denier public mais aussi à l'encontre des gouvernés qui ont droit à une nation où il fait bon vivre.
L'une des exceptions Guinéennes réside au fait que pendant les électorales le pouvoir du Général Lansana CONTÉ et ses acolytes ne feront pas du tout état du bilan , parce que inexistants , mais aussi s'est toujours réserver de prendre des promesses estimant que le peuple connaît la ligne politique et sa manière de travailler.Quel gachis !
L'incapacité du parti au pouvoir à présenter son bilan a occulté le débat entre les hommes politiques candidats aux différents postes à pourboire en République de Guinée . Jamais l'on a assisté à un débat entre le Général Lansana CONTÉ et son opposition lors des présidentielles.C'est pareille pour les différents candidats aux Maires de la Nation.
Pour le Guinéen moyen la campagne électorale se résume au passage des candidats ou leurs représentants sur les antennes des médias d'état , à la distribution de the shurts , à l'organisation des meetings géants et des marches pacifiques le long des artères des autos routes , le tout dans une anarchie indescriptible.
Aujourd'hui point n'a besoin de meetings politiques , ou des déclarations radio-diffusées des partis pour connaître la racine des maux dont souffrent les Guinéens. Ce que les Guinéens ont besoin de nos jours c'est un programme politique clair et précis susceptible de les rendre heureux.
Ils n'ont pas besoin des CV des différents candidats , loin de là , mais que l'on facilite la tenue des débats entre les candidats à tous les niveaux .Trop c'est trop. Tout le monde sait la situation dramatique dans laquelle le régime du Général a plongé le pays durant ces 21 ans de règne sans partage , alors l'on a pas besoin de répétition même si nous sommes d'accord avec Leon BRUN lorsqu'il a dit ''qu'un homme politique est condamné a se contre dire et à se répéter ''.
Les Guinéens ne veulent plus de ce régime. Si les futures élections sont transparentes , rare seront les mairies qui reviendront au parti au pouvoir. Ce qu'ils ont besoin , se sont les meneurs d'hommes capables de les diriger vers l'alternance politique tant souhaitée en dehors de toute langue de bois et de toute démagogie politicienne. Le peuple a soif de leaders capables de mettre les erreurs d'organisation et les fraudes de ces élections à profit pour imposer le changement avant qu'il ne soit trop tard.
Que certains n'utilisent pas cette campagne électorale seulement pour se faire voir sur le petit écran de la RTG à travers la lecture de discours que tous les Guinéens connaissent déjà les grandes lignes. Il est bien temps de dénoncer la violation du code électoral et les
pièges du ministère de l'administration du territoire et de la décentralisation dont l'objectif numéro un est de donner le Parti de L'unité et du Progrès ( PUP ) victorieux contre vents et marrées. L'opinion salut les efforts des partis politiques qui le font car ce n'est facile de les détecter.
Après toute cette mamaya les observateurs de la scène politique nationale sont unanimes que le pouvoir de CONTÉ n'organisera jamais les élections transparentes, régulières et honnêtes. La CENA n'est qu'un trompe-l'oeil en lieu et place de la CENI à laquelle le Général a toujours été hostile, c'était pour convaincre les bailleurs de fonds et obliger les partis d'oppositions à participer aux élections en vue de leur donner un certain crédit.
Sinon sur la forme et sur le fonds de l'organisation des élections rien à fondamentalement changer. C'est le ministère de l'administration du territoire et de la décentralisation qui est l'organisateur en amont et en aval de tout le processus électoral. Il est temps de ne pas rêver au père Noël qui viendra organiser des élections crédibles et transparentes.
Loin de nous la volonté de faire Le Nostradamus , il ne serait pas exagérer de dire que parmi les cinq communes de la capitale , seule Matam a plus de chance de revenir à l'opposition à condition que tous les partis qui soutiennent la candidature de Madame KABA née Rougui BARRY se lèvent comme un seul homme car avec le régime de CONTÉ tout est possible.
Et KIRIDI ne prendra jamais le contre pieds de ses prédécesseurs , c'est-à-dire qu'il se battra pour la victoire de son parti , le PUP, que cela soit clair comme l'eau de roche.Attendons les lendemains du scrutin pour le savoir.
Aboubacar SAKHO
Directeur de la publication du site de l'hebdomadaire Guinéen ''L'observateur''
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