Afrique : L'Afrique occupe une place centrale dans le secteur pétrolier et gazier des É.-U.
03 décembre 2005
L'ouverture du Forum 2005 sur le gaz et le pétrole africains à Washington
Le coparrainage du Forum pétrolier et gazier africain 2005 par le « Corporate Council on Africa » (CCA) et le ministère de l'énergie des États-Unis illustre « l'immense chemin » que l'Afrique a parcouru à ce jour, au point d'occuper la place centrale dans les projets d'avenir des secteurs pétrolier et gazier américain, a affirmé le président du conseil d'administration du CCA, M. Frank Fountain, le 30 novembre, lors de son discours marquant l'ouverture officielle de cette conférence de trois jours.
Une telle évolution « reflète bien l'essor du partenariat américano-africain en matière de commerce, de développement et d'investissement », a-t-il déclaré.
S'adressant aux nombreux auditeurs présents dans la salle - ministres africains, industriels et représentants d'organisations non gouvernementales - M. Fountain leur a rappelé que le forum de 2005 mettait précisément l'accent sur l'écoute des perspectives et points de vue africains.
« Nous tenons surtout à connaître vos vues sur ce que vous envisagez comme étant les principaux domaines de partenariat et d'assistance des États-Unis en faveur de la mise en valeur des secteurs pétrolier et gazier de l'Afrique », a-t-il déclaré aux participants africains.
« Les possibilités abondent en Afrique, a-t-il poursuivi, pour l'essor de ce marché émergent, pour le développement de ses capacités techniques, pour les partenariats entre les secteurs public et privé, pour l'exploitation de ses ressources en gaz naturel, ainsi que pour la recherche énergétique essentielle. »
Le forum de 2005 analyse tous ces thèmes vitaux et va même plus loin en abordant les questions non moins importantes du financement, du développement durable et de la promotion de l'Afrique en tant que partie prenante à l'économie mondiale.
Le CCA ne cesse d'encourager une approche qui privilégie le développement global de l'Afrique, a fait observer M. Fountain : « Nous sommes fiers de signaler les progrès accomplis par nos groupes de travail sur le financement, les flux de capitaux, l'agriculture, la lutte contre le sida et le développement des petites entreprises », a-t-il dit, ajoutant que le forum de 2005 représentait « un élément essentiel de notre ordre du jour visant d'une manière générale à stimuler les investissements américains en Afrique ».
Un deuxième orateur, M. Neil Duffin, vice-président de la société pétrolière ExxonMobil chargé de l'Afrique, est monté au podium pour souligner les grandes espérances que nourrissait sa société pour l'Afrique où elle exerce des activités depuis plus de 100 ans.
« Comme vous tous, nous sommes déçus de l'image que se font nombre de presonnes de l'Afrique en se fondant sur les mauvaises nouvelles, les problèmes et les défis », a dit M. Duffin. Certes, ces difficultés sont réelles et il faut y faire face, mais on voit de nombreux gouvernements d'Afrique, ainsi que des ONG et de simples particuliers, s'y attaquer résolument.
« Ce que beaucoup de gens ne voient pas, c'est le dynamisme des peuples, les ressources de la région et les efforts que beaucoup de dirigeants africains déploient pour améliorer la situation. »
M. Duffin a indiqué qu'ExxonMobil produisait plus de 700.000 barils de pétrole par jour dans des champs situés en Angola, au Cameroun, au Tchad, en Guinée équatoriale et au Nigeria, « soit plus que dans toute autre région du monde ». Non seulement ces ressources sont-elles importantes pour la santé économique et la prospérité mondiales, mais elles « fournissent également à nombre d'États africains les moyens de s'acquitter de leurs responsabilités envers leur peuple, sur le plan de la satisfaction de besoins essentiels en matière de santé, d'éducation et d'infrastructure notamment ».
À cet égard, a-t-il dit, sa société se félicite de la détermination croissante des gouvernements africains à administrer leurs revenus pétroliers et gaziers avec plus d'efficacité et de transparence.
« ExxonMobil a une grande confiance dans la capacité de croissance de l'Afrique », a-t-il souligné. « Au cours des cinq dernières années, nous avons investi 12 milliards de dollars en Afrique, et nous projetons de maintenir ce rythme d'investissement jusqu'à la fin de la décennie et dans l'avenir prévisible. »
De plus, ExxonMobil est résolu à favoriser la bonne gestion des affaires publiques en Afrique et une bonne conduite de la part des grandes sociétés : « C'est pourquoi nous investissons lourdement dans la formation de travailleurs locaux, afin de renforcer les capacités locales à tous les niveaux de notre organisation », a dit M. Duffin. De fait, plus de 95 % de la main-d'œuvre d'ExxonMobil au Nigeria est à présent nigériane.
Dans une optique plus vaste, M. Duffin a estimé que la croissance économique à long terme de l'Afrique ne pourrait se réaliser sur la base d'un seul secteur industriel, qu'il s'agisse de café, de diamants ou de pétrole. « En fin de compte, la réussite des secteurs pétrolier et gazier africain dépendra de la mesure dans laquelle d'autres secteurs réussiront à prendre leur essor et à renforcer la capacité des pays ce ce continent de s'intégrer encore plus largement à l'économie mondiale. »
Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »
Source : usinfo
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