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Guinée: Elections communales ou ultime bouée de sauvetage pour une démocratisation en panne?

 02 décembre 2005  

Les élections communales et communautaires prévues le 18 décembre prochain attirent tous les regards et font l’objet de commentaires aussi multiples que variés.

Pourquoi un tel engouement pour un scrutin qui se limite strictement au niveau local ?

Nous sommes tentés de dire que depuis les derniers scrutins litigieux qui ont permis aux autorités actuelles de s’accrocher tant que mal à leurs fauteuils, le parti au pouvoir (PUP) et les partis de l’opposition trouvent tous leurs comptes dans l’organisation de ce scrutin sans véritables enjeux pour l’alternance.

Du côté des dirigeants, organiser un tel scrutin qui ne risque nullement de les déloger là où ils sont, permet finalement de donner un certain gage de bonne foi à la communauté internationale en vue de l’obtention d’une aide financière. N’oublions pas qu’après avoir dilapidé nos maigres ressources financières à travers les pillages répétés de la Banque centrale et la corruption endémique, l’actuel gouvernement fait face à un besoin de liquidités sans précédent. Il faut donc faire vite ce qu’on a toujours fait le mieux c’est-à-dire tendre la main aux bailleurs de fonds avec un argument à la clé: «nous sommes sur la voie de la démocratisation de notre pays». Argument imparable puisqu’il n’y aura cette fois-ci aucun boycott et même les futures contestations des résultats auront peu d’échos compte tenu de l’éparpillement des candidatures locales.

Du côté de l’opposition traditionnelle, les communales permettent surtout à ceux qui avaient juré de ne plus participer à une élection organisée par Lansana Conté, de se faire «peau neuve» en remballant leur fierté.
Autrement dit, ces élections locales sans enjeux véritables permettent à l’opposition d’exister artificiellement sur le terrain. D’ailleurs certains de nos opposants ne s’y trompent pas. Après avoir lu une interview que le leader de l’UFR a accordé au journal «L’ENQUTEUR» dans sa livraison du 23 novembre au 8 décembre 2005, nous nous sommes rendus à l’évidence que la participation de l’opposition à ces élections locales était une sorte d’échappatoire.

Chacun y trouve finalement son compte et du côté du pouvoir, et du côté des opposants.

Il nous est difficile de penser autrement dans la mesure où chacun des leaders politiques «traditionnels» qui se sont exprimés ces derniers temps n’a pu vraiment avancer des arguments convaincants quant à la participation à ce scrutin purement local.

Le Doyen Bâ Mamadou de l’UFDG ne pouvait que participer à ces communales dans la mesure où il s’est tellement impliqué dans la création de la fameuse Commission Électorale Autonome (CENA). Il ne rate aucune occasion pour démontrer qu’il y a eu des avancées ces derniers temps dans les négociations avec le gouvernement. A-t-il vraiment raison? Nous le saurons bientôt.

Quant au leader du RPG M Alpha Condé qui nous prédit une catastrophe programmée en Guinée à cause selon lui de «la situation de blocage politique, économique et sociale que traverse actuellement le pays», il se lance pourtant lui aussi dans la bataille des communales.

Malgré toutes les «tares» de ce régime que M Sidya Touré a dénoncé dans son interview, il décide tout de même de participer aux communales.
Ainsi, selon le leader de l’UFR, la participation de son parti UFR aux élections communales vise à prouver que lui et ses partisans sont présents sur le terrain. Ils entendent démontrer par ce scrutin local je cite : «l’inexistence de prétendus adversaires sur le terrain…» fin de citation.
Seulement voilà, qui ne sait pas aujourd’hui que le PUP ne vit que grâce à l’Administration et surtout grâce aux intimidations et autres formes de corruptions de fonctionnaires?
Participer aux communales pour ensuite dénoncer toutes les irrégularités… C’est tout?
À quoi ont servi alors tous ces boycotts répétitifs du passé si c’est pour dénoncer des irrégularités déjà connues de tous et de toutes?
Cette attitude minimaliste nous laisse perplexe dans la mesure où M Sidya Touré et son parti fondent apparemment leur espoir sur la communauté internationale en cas de fraudes. En tout cas c’est ce qui ressort de son interview.
Après avoir lu les déclarations de l’ancien premier ministre de Lansana Conté, l’envie de crier au chantage politique nous tenaille. Voici entre autres l’arme politique que l’UFR entend brandir à l’occasion de ces consultations communales: «fraudes électorales = sanctions internationales.
En voulant coûte que coûte réduire l’enjeu des élections communales à la volonté ou non de la communauté internationale d’accorder des aides financières à la Guinée, beaucoup de leaders politiques guinéens risquent d’être déçus au bout du compte.
À la question de savoir ce qu’il faut faire pour que les guinéens vivent mieux, on nous répond qu’il faut changer de régime. Qui dit mieux !
N’oublie-t-on pas par hasard que pour qu’il y ait changement de régime comme celui que notre connaît aujourd’hui, il nous faut une opposition unie et responsable avec une stratégie de lutte commune?
À qui sert le véritable morcellement de l’opposition traditionnelle guinéenne?
À qui sert cette absence de stratégie commune, élaborée par une opposition consciente des défis qu’elle est appelée à relever?
Si le régime actuel gère nos biens comme bon lui semble c’est parce qu’il n’y a pas d’alternative politique crédible aux yeux de la population. C’est tout!
Changer de régime, oui mais comment?
Par des élections qui ne seront jamais transparentes ou par un coup de force civil ou militaire?

Voilà la problématique !

La participation à ses élections communales et communautaires soulève plusieurs autres interrogations qui restent pour l’instant sans réponses: Voici quelques interrogations parmi d’autres:

- En participant à des élections organisées par une autorité dont la légitimé fût contestée pas plus tard qu’hier par cette même opposition traditionnelle regroupée notamment au sein du FRAD, ne reconnaîtrait-elle pas de facto les résultats de toutes les dernières consultations électorales?

- Ceci ne reviendrait-il pas à reconnaître tacitement ou bien ne serait-ce qu’indirectement la légitimité de l’actuelle Assemblée Nationale?

- Cette participation n’impliquerait-elle pas pour l’opposition traditionnelle l’entérinement de la présidence à vie que le référendum tant décrié a instauré?

Tant que nous n’obtiendrons pas des réponses claires à ces questions, nous continuerons de penser que ces élections communales constituent un véritable «piège politique» pour les partis politiques dits de l’opposition.

Il n’y aura aucune victoire au bout de ces consultations locales; et cela même si le PUP ne trichait pas car les prochaines élections législatives et présidentielles ne sont pas pour demain.
Et même en supposant une disparition soudaine du chef de l’Etat, la légalité constitutionnelle acquise de façon totalement antidémocratique s’imposera à l’opposition. On peut dores et déjà dire que les véritables gagnants des prochaines élections communales seront ceux qui auront pu asseoir finalement par cette petite consultation locale leur légitimité avec une subtilité et une finesse qui restera dans les anales de la politique guinéenne.
Croire qu’un élu local issu de l’opposition pourra dans les conditions actuelles gérer normalement sa circonscription sans l’aval du pouvoir central qui est tout sauf respectueux des règles démocratiques qui régissent la cité, est une pure illusion que nos futurs maires de l’opposition (s’il y en a) ne tarderont pas à découvrir. Sans moyens ni représentation au niveau national (Assemblée Nationale), qui viendra au secours des futurs élus locaux issus de l’opposition? Les partis? Ces nouveaux venus ne tiendront pas assez longtemps un futur bras de fer avec le PUP qui est largement surreprésenté au niveau national et qui détient tous les moyens financiers de l’Etat...

Les barons du PUP se frottent actuellement les mains car d’ici 2010 (fin officielle de l’actuel mandat présidentiel), ils seront légitimement les seuls maîtres à bord en laissant l’opposition ruminer ses regrets et ses divisions sur la touche à moins que l’armée ne vienne mettre tout le monde d’accord par un coup de force salutaire.

Ce jeu de poker politique au niveau local risque de faire pas mal de dégâts sur l’échiquier politique guinéen. Espérons que le peuple de Guinée pourra en sortir indemne; c’est tout le mal que nous souhaitons à nos compatriotes qui ont tant soufferts à cause de petites ambitions personnelles.

Bon vent aux organisateurs et à tous ceux qui participent à ces élections locales !

M. Ly Elhadji Baila
Directeur Exécutif de www.nlsguinee.com
Membre Fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org


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