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Guinée : SOTELGUI : LA FACE CAHÉE DE JEAN CLAUDE SULTAN

 23 novembre 2005  

L’actuel ministre des Postes et Télécommunications Jean-Claude Sultan profite de la Société de télécommunications de Guinée (Sotelgui) de plusieurs manières. Il ne s’agit pas seulement de cette fameuse affaire d’attribution de la quatrième licence GSM.

En effet, cette affaire n’est qu’un révélateur. Par son entêtement à privilégier une société comme Investcom qui a déjà montré ses limites techniques dans son partenariat avec Spacetel, tout laisse croire que des dessous de table ont été perçus. À la Sotelgui, l’on vous dira allégrement que la nomination de Sultan à la tête du département des Postes et Télécommunications constitue pour lui une opportunité de faire des affaires à la moindre occasion.

Déjà, quand l’homme était le tout-puissant secrétaire général de ce ministère, il avait fait livrer à la Sotelgui, à travers une société fantôme chinoise, du matériel informatique peu fiable et somme toute inadéquat. Un marché gré à gré qu’il avait imposé à l’époque à la Sotelgui, loin de faire l’affaire de la société. La Sotelgui consentira ainsi à faire un investissement dans du matériel informatique non adaptable à son besoin d’équipement. Il fut évident à tous que l’intérêt personnel de Sultan avait primé sur l’intérêt national et sur celui de la société.

La nomination de l’homme à la tête du département des Postes et Télécommunications crée dans la gestion de la Sotelgui une ambiguïté indescriptible. Son besoin de faire feu de tout bois a été perçu dans l’attribution de la 4e licence GSM. Ainsi, uniquement pour les intérêts personnels de Jean-Claude Sultan, la Sotelgui est pratiquement devenue une ‘’chinoiserie’’ au détriment du développement du secteur de la téléphonie en Guinée.

En effet, la société chinoise Huawai, qui était venue en Guinée dans le cadre d’une installation de fibres optiques, s’occupe de tout autre chose que de sa mission initiale à la Sotelgui. En lieu et place de l’installation de fibres optiques, cette société livre, sur recommandation – dans l’ombre – du ministre Sultan, du matériel téléphonique chinois à la Sotelgui. Ce qui fait qu’actuellement les techniciens de la Sotelgui éprouvent pas de mal de difficultés à s’accommoder des matériels fournis. Il y a une incompatibilité totale entre les anciens matériels de marque française et les nouveaux matériels chinois. C’est l’impasse totale.

Pour se convaincre de l’invasion de la Sotelgui par les Chinois, composez le 124 sur votre téléphone, et écoutez le message vocal qui vous indiquera d’appuyez sur le trois. Eh bien, c’est une ‘belle’’ voix chinoise qui vous indiquera votre numéro de téléphone.

L’arrivée des Chinois à la Sotelgui est une affaire en or pour l’actuel ministre des Postes et Télécommunications Jean Claude Sultan. Avec le dossier de l’attribution de la quatrième licence, il est facile de comprendre l’enjeu pour le ministre et l’intérêt qu’il a de gérer isolément cette licence GSM, en dépit d’une décision gouvernementale portant son choix sur la Sonatel. C’est pourquoi l’opinion nationale et internationale assiste depuis un certain temps à une cacophonie au sein de l’appareil de l’État autour de la 4e licence GSM.

Au demeurant, la confusion entretenue jusqu’à maintenant pour l’attribution de la 4e licence GSM laisse apparaître la quasi inexistence de l’État et un manque criard de cohésion et de solidarité gouvernementale. L’État semble perdre son prestige et ses repères. Sinon comment expliquer qu’il ne parvient toujours pas à attribuer la 4e licence GSM à un opérateur de son choix ? Qui a dit qu’un État est un et indivisible ?

À l’évidence, l’attribution de la 4e licence GSM, qui place depuis un certain temps l’État sous les feux des projecteurs, démontre combien la gestion des affaires publique est désastreuse dans ce pays. Dans la conduite des affaires publiques, l’intérêt national est toujours relégué au second plan. Les divergences suscitées et entretenues au sein de l’État dans l’attribution de la 4e licence GSM confirment le manque d’autorité qui règne dans le pays. Cette affaire fait de la Sotelgui une proie sans défense qui attend d’être dévorée. Qui désormais pour sauver cette entreprise pour un vrai développement de la téléphonie en Guinée ?

Baila Bah
L’observateur, partenaire Nlsguinee


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