Guinée : MAMADOU SYLLA PORTE PLAINTE CONTRE ''L'OBSERVATEUR'' AU CNC : PLAINTE OU COMPLAINTE ?
21 novembre 2005
Le PDG de Futurelec, dans tout son ‘’sérieux’’, a porté plainte devant le Conseil national de la communication (CNC) contre L’Observateur. Lui au moins sait ce qu’une victime – même fausse comme lui, dans ce cas de figure – a à faire. L’État guinéen, quant à lui, ‘’grande victime’’ d’El hadj Mamadou Sylla, n’a toujours pas porté plainte contre lui. Le monde à l’envers quoi !
Mais que reproche le PDG de Futurelec à notre journal ? Des banalités, en somme. El hadj Mamadou Sylla accuse un rédacteur de L’Observateur de s’acharner contre lui à travers une série d’articles. Son image personnelle et celle de son entreprise souffriraient énormément de l’évocation d’une affaire – qu’il n’a pas osé nommer – dans nos colonnes.
Le PDG de Futurelec parle aussi d’une commission – sans doute occulte – qui confronterait ses arguments aux accusations contenues dans le rapport Kerfala avant de tirer des conclusions. Avant le ‘’rapport’’ de la commission, le PDG de Futurelec appelle L’Observateur à se taire. Pour que sans doute, il n’éprouve pas un sentiment de culpabilité devant les révélations accablantes qui le condamnent aujourd’hui et demain à une vie loin d’être enviable, celle d’un homme ‘’traqué’’.
Nous avons fait remarquer au Conseil national de la communication que nous n’étions guère concernés par la plainte du président du patronat guinéen qui, à nos yeux, ne comporte aucun grief précis : il ne cite aucun texte, ni en partie ni en totalité, il ne fait non plus référence à aucune parution spécifique du journal pour expliquer ses récriminations ; bref, il exprime purement et simplement des états d’âme qui nous laissent totalement indifférents.
Y a-t-il de la place pour les jérémiades dans les cœurs des Guinéens qui ne demandent qu’à ce qu’on leur explique comment un seul homme les condamne aujourd’hui à la misère et au dénuement ? Il n’y a donc pas eu débat faute d’arguments du plaignant. En a-t-il seulement ? Il a donc été invité à mieux se ‘’pourvoir’’ pour être entendu.
Il est vraiment drôle qu’El hadj Mamadou Sylla se soucie encore de son image quand on sait que celle-ci est marquée par la pauvreté que l’opinion pense qu’il a contribué à promouvoir dans le pays en vidant les caisses de l’État. Il est vrai qu’il dépense une fortune pour ‘’paraître’’ avoir ‘’bonne presse’’. Mais aucune campagne de presse ni autre opération de propagande ne peut modifier les sentiments négatifs et le jugement hostile des Guinéens à l’égard de l’homme. À ce propos, l’on éprouve de la compassion, plus que tout autre sentiment, pour ceux qui voudraient trouver quelques ‘’atouts’’ à un homme dont la cause est perdue.
L’on pense notamment à Paul Moussa Diawara qui, se définissant lui-même comme un patriote et un journaliste au-dessus de tout soupçon, a réussi la performance de parler de l’actualité guinéenne en occultant délibérément le ‘’phénomène’’ Mamadou Sylla, n’ayant pour seul centre d’intérêt dans sa démarche singulière que le Premier ministre qui empêche son ‘’bailleur’’ de dormir en ouvrant la boîte de Pandore.
L’affaire Futurelec ne ferait-elle pas partie des ‘’bons sujets’’ ? Ou alors Paul Moussa Diawara, dont on doutait déjà du talent et maintenant de la moralité, voudrait-il briller par une ‘’information sélective’’ sur aminata.com qu’il voudrait disqualifier par cupidité ? Ses ‘’communiqués’’ ont montré ses limites professionnelles. En Guinée, le PDG de Futurelec a recruté les plus médiocres des plumes guinéennes pour organiser désespérément sa défense. Des journaux qui ne paraissent que lorsqu’ils se ‘’vendent’’ à certains, au propre comme au figuré, n’ayant ni crédibilité ni lectorat.
Peuvent-ils, dans ces conditions, faire la leçon aux autres ? Surtout que parmi ses alliés aliénés, quelques-uns ne savent ni parler ni écrire le français – comme leur commanditaire du reste – quoique, en parfaits ‘’usurpateurs et imposteurs’’, ils ne répugnent point à ‘’assumer’’ et ‘’signer’’ des articles du ‘’niveau de la maternelle’’ dont la lecture de chaque ligne révèle qui se cache derrière ? Qui disait déjà : « Qui se ressemble s’assemble » ? ‘’Filous’’ de la presse et des affaires, quel ménage, pardon, quel mélange ! Pour que vive le vice. Alors, trêve de plaintes et de complaintes des faux moralisateurs qui, après avoir joué les pyromanes, crient au feu.
La rédaction de l’Observateur
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