vendredi 02 mai 2008
Le 01 Mai 2008, a marqué la 122ème anniversaire de la journée internationale du travail, célébrée dans le monde entier. En Guinée, cette journée à été célébrée sur fond de crise et dans une division certaine des mouvements syndicales avec une indifférence du gouvernement. C’est du moins ce que constatent certains observateurs sur le terrain.
Deux événements ont donc marqué cette célébration. Tout d’abord au stade de la mission à Kaloum, ce sont retrouvé les responsables syndicaux de l’USTG, de la CNTG élargie à l’UDTG et à l’ONLSG, le patronat dirigé par Youssouf Diallo, le représentant du gouvernement en l’occurrence le ministre de la Fonction Publique, des représentants des entreprises publiques et privées, ainsi que de nombreuses sections syndicales de Conakry et de l’intérieur du pays.
A cette occasion, de multiples déclarations ont été faites par les syndicalistes axé sur le thème : « Soutenir le changement par le dialogue et lutter contre la vie chère. » Ceci pour prouver encore une fois leur engagement à défendre le monde du travail en Guinée. Et c’est la S/G de la CNTG Hadja Rabiatou Séra Diallo qui donnera le ton en disant que « cette célébration donne l’occasion aux organisations syndicales de rappeler les succès enregistrés par les travailleurs sous la conduite éclairés de leurs organisations syndicales. Nous estimons que toute politique de développement doit tenir compte des réalités du pays. Et les besoins primordiaux de la population. A défaut, l’anarchie se développe et les troubles naissants remettent en cause les vrais acquis accumulés aux prix de milles et une difficulté. L’inter central ayant mis en place des stratégies pour renforcer le processus de changement, l’instauration de l’autorité civile et syndicale et la bonne gouvernance pour développer d’avantage les alliances avec les acteurs du développement. »
Abordant dans le même sens et pour soutenir sa collègue de lutte, à Docteur Ibrahima Fofana de souligner certaines circonstances de la lutte syndical en Guinée, qui consiste selon lui à améliorer les conditions de vie et de travail des syndiqués. « Depuis pratiquement l’an 2004 et cela a été concrétisé surtout en 2006, 2007 et 2008, le mouvement syndical guinéen s’est engagé dans un combat. Le combat contre la pauvreté et la misère non seulement au niveau des travailleurs mais aussi au niveau de l’ensemble de la population guinéenne. »
Après une minute de silence à la mémoire des disparus dans les luttes syndicales en Guinée et à ailleurs, le représentant du gouvernement à la cérémonie, le ministre de la Fonction Publique a donné des informations quant aux réalisations du gouvernement de « consensus » à travers des reformes de l’administration. Tout de même, il a reconnu que beaucoup reste encore à faire. Pour le ministre de la Fonction Publique Amadou Diallo, des résultats tangibles ont été obtenus. Et d’ajouter : « Le relèvement de la pension de retraite dont le point d’indice passe de 182 en 2005 et à 2002 en 2008. Le taux de la pension qui passe de 70% en 07 et à 80% en 2008 Le gouvernement a également procédé au recrutement de 23.870 agents à la fonction publique de mars 2007 à nos jours. L’augmentation des salaires des travailleurs en activité de tous secteurs confondus. Le relèvement de la valeur de la monnaie. Dans ce cadre le gouvernement a réussi à réduire le taux d’inflation de 40% à 12,8% de février 2007 à décembre 2007. »
Ensuite c’est dans la commune urbaine de Matame que l’autre groupe de syndicats a choisit pour célébrer au nom de leur membres la journée internationale de travail. Là, on notait le regroupement d’un « clan » diamétralement opposé à la nouvelle équipe gouvernementale et à l’inter central syndicale CNTG et l’USTG et surtout favorable à la cause du président de la République et ses partisans. Ainsi on pouvait facilement noter la présence des organisations syndicales comme SIFOG, CGTG, CGSL entre autres. De même la cérémonie avait été présidée par le secrétaire général à la présidence de la république Sam Soumah. Il avait à ses contés le président de l’autre conseil national du patronat guinéen Mamadou Sylla. Des déclarations faites ont surtout souligné le manque de résultats concret du gouvernement de consensus. C’est pourquoi cet autre mouvement syndical a profité de l’occasion pour faire des recommandations au gouvernement. Mme Touré Koura Dioubaté précise : « Considérant la monté vertigineuse des coûts des matières de premières nécessités consécutive à celle du coût des produits pétroliers, considérant l’exclusion manifeste et entretenu des nos organisations syndicales respectives par le gouvernement dans les grands débats intéressant la vie de notre nation, nous UGTG, SIFOG CGSL, et CGTG sollicitons au gouvernement le renouvellement des structures de concertation triparties, etc. »
Ainsi donc c’est en rangs dispersés et dans une atmosphère de division palpable que le mouvement syndical guinéen a célébré cette année 2008 la journée internationale de travail. Cette crise au sein des différentes organisations syndicales a depuis l’an dernier lors du déclenchement de la grève fait des prolongements dans toutes les sphères de l’administration publique et même dans le secteur privé et la société civile. Pour preuve, le gouvernement a fini par constituer des groupes d’intérêt et de pression, le patronat guinéen est divisé, les mouvements syndicaux se sont désamorcé, les mouvements de jeunesses ont éclatés, les groupements de femmes aussi divisés. C’est autant dire que parler de l’unité nationale en Guinée et surtout ouvrer pour sa construction relève d’un véritable parcours de combattant. Pendant ce temps, le pays s’apprête à célébrer le cinquantenaire de son indépendance prévu pour octobre 2008.
Qu’à cela ne tienne, cette journée internationale de Travail est célébrée de par le monde depuis le 1er mai 1886 à l’occasion du soulèvement à Chicago des travailleurs noirs contre la répression policière et l’exploitation de la main d’œuvre.
A l’époque selon les documents historiques, près de 4.000 travailleurs avaient suivi la grève. Ce qui avait porté atteinte au bon fonctionnement de plus de 12 000 industries et usines. C’est pourquoi d’ailleurs l’internationale socialiste a lors du congrès à Paris reconnu en 1889, le premier de chaque année comme Fête Internationale des Travail.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com