vendredi 25 avril 2008
Impliquer davantage la presse dans la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance en Guinée. C’est l’ambition pas des moindres, d’un jeune réseau qui vient de lancer ses activités, le jeudi 21 avril dernier à Conakry. Le Réseau Guinéen des Journalistes contre la corruption pour la promotion de la bonne gouvernance (REGUIJOC) est né au mois d’octobre 2007 et regroupe des journalistes venus de tous les médias (presse écrite ou parlé) évoluant dans le pays. Au cours du lancement officiel des activités du réseau, on notait la présence du ministre du contrôle économique et financier, de l’éthique et de la transparence (MCEFET) accompagné des cadres de son département, des cadres et travailleurs de l’Agence Nationale de Lutte contre la corruption en Guinée (ANLC), des représentants de certaines ambassades et institutions, des leaders politiques, des ONG comme l’OGDH, des journalistes de la presse nationale et étrangère ainsi que plusieurs autres invités de marque. C’est sont les locaux du jardin de l’agence de lutte contre la corruption qui ont servi de cadre aux festivités de lancement officiel des activités du réseau.
Après l’accueil et l’installation des invité, il est revenu au président du REGUIJOC de prendre la parole pour faire une large présentation de son jeune réseau et de ses ambitions à s’impliquer par la participation effectives des médias dans la lutte contre la corruption. C’est donc avec un ton engagé que le président du réseau Algassimou Diallo connu sous le nom de Abou Bakr (voir photo) journaliste au groupe de presse Lynx-Lance s’est adressé à l’assistance. « Plusieurs fois, les médias guinéens ont levé un coin du voile sur les pratiques de corruption dans la Fonction Publique, dans les Sociétés Privées, dans les institutions républicaines et même dans les institutions internationales évoluant en Guinée. »
Sur les objectifs du réseau, le président dira qu’il vise la formation et la spécialisation des journalistes dans les investigations de faire d’eux des véritables professionnelles dans la lutte contre la corruption. Car pour Abou Bakr une presse bien formée en investigation est une arme efficace dans la lutte contre la corruption. Pour appuyer ses propos, sur le rôle de la presse dans une démocratie et un Etat de droit, le président du réseau dira pour preuve « Prenant l’exemple du secteur minier, le rôle de la presse consistera à diffuser le contenu des contrats, les revenues attendus, ceux perçus et l’utilisation de ses derniers au bénéfice de la population. » Et dans la même logique il poursuit : « Les Guinéens ont besoin, ont le droit de savoir comment sont dépensés les sous issus de l’exploitation des richesses du sol et du sous-sol. Où vont les recettes générées par la commercialisation du patrimoine halieutique. Comment ceux qui nous gouvernent dépensent nos sous. Comment se ficelle les marchés, les contrats, les conventions. Bref Comment va le pays. Notre responsabilité à nous les journalistes est de répondre à ces questions par le biais des reportages, des enquêtes, des investigations, des interviews, pour tout dire, l’information »
Dans son discours de circonstance, le présent du réseau Abou Bakr n’a pas manqué de souligner que la presse est un outil redoutable contre la corruption. Pour lui, les journalistes doivent mener des investigations dans les secteurs des Mines, de la Pêche, de l’Education nationale, de la Fonction publique, du Commerce, de l’Environnement et de l’énergie, de la Santé etc. Ils ont pour mission de dénoncer, de faire la lumière sur tous les cas de corruption dans ses secteurs. Ce qui pour le président, peut amener nos gouvernants à changer le fusil d’épaule, à revoir leur façon de nous gouverner. Pour terminer son discours, le président du réseau guinéen des journalistes contre la corruption a tenu à remercier le ministère du contrôle économique et financier, l’agence de lutte contre la corruption et les partenaires au développement pour leur appui constant au processus de la mise en place du réseau.
Par ailleurs, le ministre du contrôle économique et financier s’est exprimer dans un discours oral à l’intention des membres du réseau et à tous les invités présent. Pour le ministre Saidou Diallo, la naissance de ce réseau revête une importance toute particulière dans la lutte contre la corruption dans le pays. Et d’ajouter : « En effet nous ne devons pas nous voiler la face et nous dire que la corruption n’existe pas en Guinée. Nous savons tous que la corruption existe à une grande échelle, selon les secteurs d’activités qu’on considère. Le rôle de cette association est d’aller chercher l’information objective là où elle se trouve. Il ne s’agit pas non plus de dire qu’il y a la corruption, il faut le prouver. » a-t-il conclu.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com