Guinée : le réveil
20 novembre 2005
Depuis l'accession de notre cher pays à l'indépendance en 1958 jusqu'à
nos jours, un seul système de gouvernement nous a été imposé par nos
dirigeants: la dictature.
Le 28 Septembre 1958, à la faveur d'un vote massif qui a rejeté le
référendum Gaulliste, la Guinée accédait dans l'honneur et dans la
dignité à la souveraineté nationale. Une oeuvre de tout un peuple sous
l'égide d'un leader charismatique et éloquent le président Ahmed
Sékou Touré (paix à son âme). Cette oeuvre fut la plus gigantesque
qu'il ait offerte à la Guinée.
Cette indépendance acquise sans effusion de sang, a été perçue par les
observateurs comme un bon signe de maturité politique des nouveaux
dirigeants guinéens.
Elle souleva un grand espoir chez les africains, ce qui encouragea les
autres leaders africains à accéder à l'indépendance par la voie
pacifique et ils en étaient fiers.
L’indépendance acquise, la Guinée avait de grandes chances malgré son
''NON'' à la métropole d'amorcer de grands projets de développement
socio-économique et culturel dont le pays en avait réellement besoin
grâce à l'aide et au support dont bénéficièrent les nouveaux
dirigeants.
Des quatre coins du monde, les guinéens arrivèrent de partout pour
faire bénéficier le nouvel état de leur expérience. Ceci éviterait aux
dirigeants de la jeune république de tomber dans la folie de la
dictature et s'atteler directement à la reconstruction du pays.
L'afflux de l'intelligentsia africaine et l'aide internationale à la
jeune république ne se firent pas attendre, et au fil des années,
l'espoir se transforma en désespoir et le peuple resta sur sa faim.
Ensuite vint le 3 Avril 1984 avec l'avènement de la deuxième
république. Le peuple guinéen adhéra avec enthousiasme et délivrance
aux programmes du C.M.R.N. qui venait de prendre le pouvoir et encore
sans effusion de sang, et pour la première fois dans l'histoire de
notre pays, le guinéen faisait l'expérience de l'exercice du pouvoir
militaire.
Après 26 ans de pouvoir absolu, les nouveaux dirigeants pouvaient eux
aussi réaliser le rêve du peuple guinéen en tirant les leçons d'un
passé récent car l'allégresse dans laquelle le peuple et la communauté
internationale les accueillirent leur ouvrait également de grandes
perspectives de développement pour le pays.
Encore une fois de plus le peuple fut déçu et comme sa soeur aînée, la
deuxième république baignera le peuple dans la dictature absolue et
sauvage.
L'espoir se transforma en désespoir et le peuple resta sur sa faim.
Deux expériences deux échecs, est-ce une malédiction ou une punition?.
L'on ne saura jamais répondre à cette question et désormais le peuple
saura prendre les dispositions nécessaires pour endiguer de telle
répétition. N'oublions pas cet adage qui dit « jamais deux sans
trois ». Espérons que la Guinée fera exception à cette règle. On dit
également « aide-toi, le ciel t'aidera. »
Réveillons-nous, unissons-nous, ne nous laissons plus à la merci d'un
seul ou groupe d'individu.
La Guinée regorge d'immense potentialité humaine et matérielle lui
permettant un rapide décollage de tous les secteurs de développement
du pays, profitons-en.
Aujourd'hui le seul problème qui se pose à la Guinée est le problème
de leadership. Avec un leader patriote, courageux et intègre ayant
l'expérience des dossiers nationaux et internationaux, ayant la
confiance et la crédibilité des institutions internationales, la
Guinée sera comptée parmi les pays africains avancés. Il comblera son
retard en un temps record et trouvera sa place dans le concert des
nations libres et prospères.
En tirant les leçons de ces expériences, nous devrions user de tout
notre sens patriotique pour désormais songer au bonheur du peuple
guinéen. Nous devrions éviter de tomber dans des conflits
inter-ethniques, car nous avons beaucoup de défis à relever.
Enfin nous devons éradiquer la politique de l'arbitraire, la
xénophobie et l'exclusion.
Préservons notre unité, ensemble nous vaincrons, divisés nous périrons.
Nous devrions à l'instar des pays comme l'Afrique du sud, le Bénin, le
Mali etc.… nous inspirer comme models de réussite de transition
pacifique de pouvoir. Tous ces pays ont évité la déchirure du tissu
social en se mettant au dessus de leur différent pour la cause
commune. Dans ces pays, l'intérêt supérieur de la nation a prévalu sur
l'égoïsme et sur l'ethnocentrisme.
Serions-nous incapables d'en faire autant chez nous?.
Aujourd'hui le souci du guinéen après Conté est avant tout la
préservation de cette unité nationale.
Au seuil de la fin de ce régime ethnocentriste, évitons le pire en
éveillant nos consciences car toute lutte politique sans éveil de
conscience est vouée à l'échec.
Cultivons l'amour, la paix, le pardon et le dialogue seuls facteurs
pour nous guinéens aujourd'hui de préserver cette unité.
Cultivons, éduquons, compagnons et enseignons les avantages de l'unité
nationale et de la démocratie à notre peuple afin que nous ne tombions
pas dans des actes aux conséquences regrettables.
Considérons la Guinée non pas comme un héritage de nos parents mais
plutôt comme un emprunt à nos enfants à qui nous devons rendre compte
un jour.
Une analyse de M. Mohamed ''Joe'' Sidibé
Correspondance pour www.nlsguinee.com
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