Guinée : "On ne peut pas fonder la prospérité des uns sur la misère des autres"
19 novembre 2005
Chers frères et sœurs,
Très cher(e)s compatriotes Guinéennes et Guinéens, sommes-nous tous d’avis avec Vincent Oriol lorsqu’il dit que :
« On ne peut pas fonder la prospérité des uns sur la misère des autres » ?
Si oui, alors qu’attendons nous pour enfin faire cesser cette terrible tyrannie chez nous ?
Et pourtant, pas plus loin qu’au préambule de la loi fondamentale de nôtre chère patrie la Guinée, il est marqué que : « Tirant les leçons de son passé et du changement politique intervenu le 3 avril 1984, ».
Très chers compatriotes, vous conviendrez avec moi que dans ce cas, soit les leçons tirées n’ont pas suffit ou alors la définition de dictature, injustice, corruption, népotisme et régionalisme n’est plus la même que nous nous la connaissons car nous sommes bien convaincus que ces maux et vices, sans vouloir les expliciter, font le beau temps en Guinée.
En parlant de leçons, nous faisons allusion bien sûre aux 26 années de règne du premier régime dont nous ne pouvons décompter les bavures, nous nous rappelons encore que l’une des plus regrettable fut la condamnation à la diète noire de l’un des hommes qui aurait pu empêcher notre patrie et voire même tout un continent de sombrer dans la perdition: le premier secrétaire générale de l’O.U.A (Diallo Telli).Que son âme repose en paix ainsi que tous ceux qui ont été victime du premier régime Guinéen.
« On connaît une nation aux hommes qu’elle produit, mais aussi à ceux dont elle se souvient et qu’elle honore » (J.F.Kennedy).
Selon ce texte extrait du préambule de la loi fondamentale, ces 26 années auraient suffit au peuple de Guinée pour tirer les leçons qui allaient lui servir pour conduire les destinées de notre chère patrie vers le bonheur.
Chers frères et sœurs, très chers compatriotes, voilà maintenant 21 ans que la Guinée, notre patrie, n’arrive pas à sortir du cercle vicieux de l’inconscience nationale et internationale pour enfin prendre à deux mains son destin qui est celui d’un Etat souverain, prospère et digne comme nous l’avons avoué dès le départ aux yeux du monde entier : «nous préférons la liberté dans la pauvreté que l’opulence dans l’esclavage ».
Chers compatriotes, au bout de 47 ans, si nous n’avons pas pu tirer des leçons du passé, alors nous sommes, nous peuple et population guinéenne, entièrement responsable de la situation qui prévaut chez nous, c’est vraiment regrettable.
« Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite » (Joseph de Maistre).
Chers frères et sœurs, très chers compatriotes, PEUPLE de GUINNEE, quand allons-nous enfin lever la tête?
Quand allons nous prendre enfin notre destin en main ?
Le salut ne peut venir que de nous, le peuple.
Mais comment le peuple de GUINEE en est-il arrivé jusque là, en supportant toute cette misère sans aucune revendication majeure; sans pouvoir faire valoir ces droits?
Ce n’est pas l’oppression de cette minorité au pouvoir qui m’effraie, c’est l’indifférence de ceux sensés prendre les devants de la scène comme vecteur du changement, car on dit que si milles personnes prennent la route, il en faut, nécessairement, une pour prendre la tête.
Mais où sont nos leaders politiques ?
Savions nous que la force de ceux qui gouvernent, n’est que la faiblesse de ceux qui sont gouvernés?
Excusez moi de l’expression, tant je reconnais qu’ils font des efforts, mais l’opposition est inexistante.
Il est vraiment temps, le grand changement n’attend que des hommes pour amorcer le flambeau, mais apparemment de grands hommes.
Il est temps parce que la crise est là, et elle est réelle et pointue. Maintenant tout le peuple est prêt pour le changement, il manque juste ces amorceurs.
« Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui, coopère avec lui » (M L King).
Chers frères et sœurs, nous sommes tous convaincus que quelques-uns des maux qui empêchent et retardent ce changement sont juste cette obsession du pouvoir et ces considérations ethniques.
Peuple de Guinée, admettons que « Le monde ne peut pas passer son temps à regarder en arrière et à entretenir les haines du passé. On ne progresserait pas sinon» (Marlon Brando) . Je crois que c’est l’ultime leçon que nous avons enfin à tirer de toute cette histoire.
Ce n’est pas dans ses effets qu’on combat un mal mais dans ses causes. Les causes sont connues et les maux bien identifiés et croyez moi qu’il est enfin temps de guérir ces maux, plus question de les venger car comme M L King le disait dans sa célèbre expression : «l’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité mais toute lumière peut la chasser, alors chers frères et sœurs la haine ne peut pas chasser la haine, mais tout amour peut la chasser ».
Guinéennes et guinéens, très chers compatriotes, hommes politiques, « insistons sur le développement de l’amour, la gentillesse, la compréhension, la paix. Le reste nous sera offert » (Mère Teresa).
La première phrase, en son article 3, de la loi fondamentale de la Guinée indique que : « les partis politiques concourent à l’éducation politique des citoyens et à l’expression du suffrage ». Sur ce point nous dirons carrément qu’ils ont manqué à l’un de leur rôle car le peuple est politiquement immature et ne sait même pas où se donner la tête.
Où se donner la tête ?
Nous sommes en face d’une opposition presque inexistante et d’un régime qui à un bras long et un bras court ; le long sert à prendre et arrive partout, le bras court sert à donner, mais n’atteint que les plus proches.
Croire à cette opposition et espérer changer les choses pour le bien de tous ou rester au près et collaborer avec ce régime en place pour pouvoir tirer son épingle du jeu ?
Où se donner la tête ?
Chers frères et sœurs, «s’opposer c’est proposer », une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur et comme disait le grand homme politique François Mitterrand : « un homme politique s’exprime d’abord par ses actes ; c’est d’eux dont il est comptable; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son œuvre d’action ».
Une opposition qui, depuis le 3 Avril 1992, n’a pas su rassembler le peuple, n’a pas pu insuffler au peuple un esprit politique, n’a pas pu expliciter au peuple ses droits et devoirs, n’a pas su empêcher ce carnage socio-économique que connaît la Guinée aujourd’hui, une opposition qui n’a pas pu faire entendre sa voix, croyez moi chers compatriotes, que cette opposition est, sans aucune rancœur ou préjugés, la principale cause de toute cette misère qui prévaut chez nous, car s’engager dans la vie politique d’un pays, d’un Etat comme le nôtre cela suppose de grande responsabilités, il ne faudrait pas seulement voir le côté purement politique c’est une vocation avant tout car des milliers de vies y dépendent ;
« Nous voyons beaucoup de gens qui ont la maturité politique, nous en voyons moins qui ont la maturité humaine » Jean Rostaud.
Chers compatriotes, insister sur le jeu de la crise sociale c’est vraiment n’avoir aucune maturité humaine, car si c’est réellement l’amélioration des conditions de vie des populations guinéennes le souci majeur de nos leaders politiques, nous voyons mal comment, dans ce cas, supporteraient-ils de voir ce peuple mourir de faim, ce peuple qui la raison primordiale de leur lutte, ce peuple appelé à les élire. S’ ils ont pu supporter de voir une fois le peuple dans la misère sans rien faire, une fois élu ça ne les dérangera pas de voir ce même peuple une deuxième fois dans cette même misère ou pire encore.
Chers frères et sœurs, c’est vraiment dommage et regrettable, mais en Guinée nous serons obligés encore une fois d’assister à un prolongement du régime mourant en place par un régime qui est déjà prêt dans les coulisses et qui ne sera que substitution au régime conté. Avec cette nouvelle nomination de Mr lamine Sidimé comme Président de la Cour Suprême et le maintient, ou le changement prochain, de Mr Somparé comme président de l’Assemblée Générale, les barons du P.U.P, notamment Mr Fodé Soumah - Cellou Dallein, et leurs puissant homme d’affaires Mr Sylla, ont le chemin libre pour, nous ne savons combien de temps encore, piller notre chère patrie et servir leurs intérêts personnels. Et tout cela par la faute des grands hommes dans les rangs de nos leaders politiques.
Une situation prévisible est tout simplement le jeu de l’article 34 de la loi fondamentale, c’est-à-dire, étant donné l’état de dégradation de la santé du chef d’état virtuel de la Guinée, le président de l’assemblée nationale (Mr Somparé ou le Prochain chef d’Etat), par la permission de Mr Lansana Conté, pourra saisir le président de la cour suprême(Mr lamine Sidibé) qui constatera la vacance de pouvoir et permettra ainsi le président de l’assemblée générale d’assurer la suppléance en attendant les 60 jours pour l’organisation d’un scrutin.(qui sait combien de temps ces 60 jours dureront)
Cette situation à multiples avantages pour le pouvoir Conté :
• se protéger et protéger tout ses proches contre les accusations et poursuites des victimes de son régime ;
• assurer la continuité du règne du P.U.P et de ses faucons (M. Sylla et F. Soumah);
• faire valoir cet ethnocentrisme qui est de concentrer le pouvoir en basse côte ;
• assurer à l’armée, sa maison, le même pouvoir et avantages qu’il connaît aujourd’hui;
• s’assurer une fin tranquille dans son Wawa natal.
Nous voyons bien que tous les noms qui figurent dans ce jeu de carte sont les pions véritables du Général président paysan.
Chers frères et sœurs, très chers compatriotes, peuple de Guinée n’acceptons plus et n’attendons plus, que ceux qui peuvent, agissent et les autres, qu’ils enseignent et dénoncent en jouissant de leurs droit le plus subjectif qui est celui énoncé à l’article 7 de la loi fondamentale «l’homme est libre de professer ses idées et opinions par la parole, l’écrit et l’image », guinéennes et guinéens la patrie à besoin de ses héros et non de zéros qui passent leur temps à bavarder car il faut rappeler que la première qualité d’un héro est d’être mort et enterré.
Chers compatriotes, très chers frères et sœurs joignons nous et unissons nous car ensemble nous serons de plus en plus fort.
Ne restons pas chacun de son côté comme l’ont fait nos pères et mères, nous nous n’accepterons pour ne rien au monde que nos postérités connaissent ce qu’on a connu comme misère chez nous, au contraire nous leur montrerons l’état d’avancement afin qu’ils puissent assurer une continuité de la poursuite des reformes démocratiques qu’on aura commencé.
Chers frères et sœurs, je lance un appel à tous ceux qui, par compassion pour la patrie connaissent des interruptions de sommeil, joignons nous et unissons nous, cultivons le changement dès maintenant pour le bien de la patrie et de ses fils.
Un Guinéen n’est pas un américain, car un américain peut naître et vivre pour lui sans se préoccuper de la construction d’un pont à Manhattan ou d’un hôpital à Houston, aujourd’hui il est du devoir de tout citoyen Guinéen de vivre pour l’intérêt général et de faire son maximum pour la patrie car rien n’est encore fait : « Il ne faut pas se demander ce que votre pays peut faire pour vous mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays ».
Très chers compatriotes, “la dictature a paralysée le pays et la politique l’a ôtée de sa chaise roulante”, fort heureusement que le pays a encore quelques fils valident, ces fils c’est nous, nous internautes, nous lettrés, nous qui connaissons nos droits et devoirs, nous qui acceptons les partis politiques mais qui refusons l’esprit de parti, nous jeunesse guinéenne, nous sommes les nouveaux responsables de l’avenir de notre patrie et des conditions dans lesquelles nos enfants vont aussi vivre en Guinée.
Vont ils être hués ou respectés partout où ils seront amené à être ambassadeur de leur pays ? Car actuellement, par la faute de quelques irresponsables, être Guinéen est vraiment désolant.
Vive la voix de la jeunesse, vive une jeunesse unie, vive l’action politique, vive le changement pour que vive la GUINEE.
M. Mamadou Oury Diallo
Etudiant en Administration des Affaires
Maroc
E-mail: chiccodiallo@yahoo.fr
Correspondance spéciale pour www.nlsguinee.com
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