mardi 22 avril 2008
Aux yeux de bon nombre d’observateurs de la scène politique nationale, c’est une véritable cacophonie qui se déroule au sein du Bureau Exécutif National de l’Union pour le progrès et le Renouveau (UPR).
Depuis la mort de M Siradiou Diallo, fondateur du parti il y a de cela quatre années seulement, c’est Bah Ousmane qui assure la présidence de la formation politique et du groupe parlementaire UPR avec au total 20 députés à l’Assemblée nationale. Seulement, depuis plus d’une semaine, rien ne semble plus aller entre les membres du bureau exécutif national du parti qui, à ne pas douter, traverse une crise. Des « clans » opposés s’affrontent et s’accusent par médias interposés à travers la publication de déclarations ça et là.
En effet, le 18 avril derniers une déclaration faisait état de la destitution de l’actuel président en la personne de Bah Ousmane. Ce que ce dernier et tous ceux qui sont dans son sillage auraient démenti de façon tout à fait formelle. Qu’a cela ne tienne, des rencontres de dernières minutes ont eu lieu pour une tentative de réconciliation rentre les différentes parties protagonistes et pour une résolution définitive de la crise. Mais en vain. Puisque, malgré tout, certains membres du bureau exécutif national sont restés ferme.
Ainsi, le lundi 21 avril, le BEN à animé un point de presse pour faire l’état des lieux de la situation qui prévaut actuellement au sein de l’UPR. Au cours de la conférence de presse, le Secrétaire à la communication de l’UPR à tenu à souligner que c’est un groupe de personnes qui avait annoncé la destitution du président Bah Ousmane et son remplacement par la vice-présidente Mme Diallo, Assiatou Bah. Ce qui pour lui constitue une violation flagrante des textes et règlements intérieur du parti. Et au Secrétaire à la communication EL Hadji Morou Baldé d’ajouter :
« Le bureau exécutif national de l’Union pour le Progrès et la Renouveau UPR affirme par expérience qu’on ne conçoit pas de grande politiques sans grandes architectures reposant sur différents concepteurs. Cela veut dire que, ceux qui estiment qu’ils peuvent parler pour l’UPR et décider de son sort, en écartant toutes les structures du parti se trompent lourdement. »
Par ailleurs, l’autre fraction du bureau exécutif national à officiellement procédé à la destitution, comme prévu de l’actuel président Bah Ousmane et à l’investiture de Mme Diallo Assiatou Bah dans les fonctions de présidente du parti UPR. L’évènement s’est déroulé le lundi 21 avril derniers au siège du parti devant plusieurs membres du BEN, des militants et sympathisants de l’UPR.
Concernant les circonstances ayant conduit à cette décision importante, certains membres n’ont pas manqué de dénoncer le comportement du président « destitué » dans la gestion des affaires dudit parti et à la non rentabilité des ses actions depuis qu’il est à la tête du parti avec un « clan » qu’il aurait mis en place pour servir sa cause. C’est le cas par exemple du Commandant Alpha Oumar Barou Diallo qui dira que :
« Le premier leaders et président fut votre regretté et cher époux. Le parti a traversé depuis la mort de celui-ci de nombreuses turbulences qui ont culminé en décembre 2007 avec le déclenchement de longues et denses journées d’étude, de critique, d’autocritique et de véritables scènes d’explication. Après ces journées de vérité, des grands espoirs de relance de notre parti étaient nées. Mais l’opinion pariait déjà sur la capacité de Monsieur Bah Ousmane à faire rebondir l’UPR et de la hisser au premier rang des formations politiques résolument engageés à aller à l’assaut des pouvoirs législatifs et exécutifs. Malheureusement, il n’en a rien été. Le parti a plutôt poursuivi son allègement par les dérives du président et de son lobby en foulant au pied les intérêts majeurs de l’UPR, privilégiant le moi, l’égoïsme, la suffisance, le rejet de toute forme d’action démocratique. Sur forte pression de la base, le BEN, lors de sa session ordinaire du 18 avril 2008, à son siège à Lensébouyi a pris ses responsabilités, en destituant Monsieur Bah Ousmane de ses fonctions du président du parti et installe Mme la vice-présidente comme présidente intérimaire du parti »
C’est donc officielle, Mme Diallo née Assiatou Bah, l’épouse de feu Siradiou Diallo, est désormais la présidente du parti de l’Union pour le Progrès et la Renouveau UPR en remplacement de Mr Bah Ousmane « destitué » par une partie des membres du BEN du parti. A noter que dès les touts premier début des cette crise au sein de l’UPR, plusieurs médiations ont été faites par des personnes tierces pour empêcher l’éclatement de l’UPR, seul parti qui siège au sein de l’hémicycle guinéen avec 20 députés, constituant le groupe parlementaire de l’opposition. Parmi ses médiations il y a par exemple, le cas de l’ancien président de l’Assemblée nationale de la République du Mali, qui a séjourné en Guinée le 14 décembre 2007. Après plus de deux semaines, Aly Nouhoun Diallo, qui se trouve être un ami de longue date de feu Siradiou, et président du parlement de la CEDEAO avait réussit à rapprocher les différentes parties en conflit pour discuter autour d’une tables les problèmes de divisions au sein du parti. De l’avis de certains observateurs, il serrait regrettables de constater que, près de cinq mois après la médiation d’une personnalité étrangère, tout bascule et reprend à zéro, pour les multiples acquis du parti. Du coté de bon nombres de militants à la base, des inquiétudes commencent quand on sait que la campagne pour les élections législatives s’annonce dans un futur proche. Avec l’éclatement du BEN de l’UPR, il va s’en dire que l’électorat du parti pourrait en supporter le coup. Car jusque là, le parti possède des militants et sympathisants, à des dégrée différentes dans tout le pays, avec une forte représentation en Moyenne Guinée. Et selon certaines données disponibles dans les archives du bureau exécutif national, le parti se réclame avoir obtenu des résultats suivants : 267 conseillers communaux et communautaires dont 2 Mairies, 27 Communautés Rurales de Développement (CRD) dirigées par l'UPR etc. Au moment où nous mettons sous presse, aucune déclaration ou tout moins aucune réaction de la part du président « destitué » en l’occurrence Bah Ousmane, à propos de l’acte.
Nous y reviendrons…
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com