dimanche 20 avril 2008
Le Bureau Exécutif National de l’Union Pour le Progrès et le Renouveau (UPR) dans sa session du 18 avril 2008 a mis fin au mandat de président de M. Bah Ousmane.
Le Bureau Exécutif National (BEN) a désigné Madame Assiatou Diallo/ Bah qui occupait le la vice- présidence de l’UPR comme Présidente intérimaire du Parti.
Dans sa décision, le BEN s’est fondé sur l’article 27 du Règlement Intérieur de l’UPR. L’organe Exécutif du Parti de Feu Siradio Diallo mandate Mme Assiatou d’engager toutes démarches utiles pour l’ouverture de négociations avec tout parti politique qui partage les mêmes valeurs que l’UPR.
La destitution de M. Ousmane Bah, augure, sans aucun doute, la poursuite des négociations déjà entamées avec l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, dirigée par M. Cellou Dalein Diallo. Et sûrement avec d’autres.
Nous vous livrons in extenso la déclaration du Bureau Exécutif National de l’UPR.
L’Union pour le Progrès et le Renouveau
Agrément N'A/98/8912 du 09/12/98
DÉCLARATION
L'Union pour le Progrès et le Renouveau UPR, créée en septembre 1998 par messieurs Siradiou DIALLO du PRP, Bâ Mamadou de l'UNR et Aliou DIALLO du RNP, sur la pression de leurs bases respectives, avait pour mission essentielle d'unir tous les guinéens sans distinction d'origine autour des idéaux de tolérance, de paix, du respect d'autrui, bref de démocratie tout court.
Aujourd'hui, les membres de la Direction Nationale de l'UPR, après une analyse approfondie des conditions de fonctionnement du Parti, sont au regret de constater que malgré :
a- les longues assises du B.E.N tenues du 16 Décembre 2007 au 25 Janvier 2008 sous les auspices du Pr. Ali Nouhoun DIALLO, ancien Président de l'Assemblée Nationale de la République du Mali et ancien Président du Parlement de la CEDEAO,
b- les nombreuses initiatives prises ces derniers mois pour restructurer, réorganiser et consolider le Parti sur la base des principes démocratiques et tenant compte de la dynamique unitaire qui s'est emparée de l'électorat de l'UPR et d'autres Partis amis.
Les manoeuvres dilatoires, la désinformation, le travail fractionnel, les invectives et provocations de toutes sortes ont continué de plus belle au point d'aggraver les ressentiments, altérer la confiance et créer un climat de suspicion au sein des membres du Bureau Exécutif National.
Cette crise qui a longtemps prévalu au sein du Parti avait atteint son paroxysme au mois d'Octobre 2007 au point de déclencher les journées de réflexion, de critiques et d'auto critiques au sein du B E N, journées ayant débouché sur l'adoption d'une résolution hardie qui devait permettre de résoudre les problèmes du Parti.
Cette résolution, pourtant transmise aux fédérations par lettre signée du Président en date du 31 janvier2008 pour information et exploitation, n'a été en rien respectée ce, par l'action néfaste d'un groupe minoritaire soutenu par le Président du Parti. En particulier, aucune des trois commissions créées à cet effet, n'a pu mener à bout son travail du fait des entraves organisées et entretenues par le Président du parti. Par exemple , s'agissant de l'intégration
( art 25 des statuts), le Président après avoir proposé par lettre signée de sa propre main la relance des négociations, entre l'UPR et l'UFDG, a vite fait marche arrière en bloquant le travail de la commission paritaire chargée des négociations dès lors qu'il s'est rendu compte que l'intégration, contenue dans la résolution de l'UPR du 25 janvier 2008, adoptée par la majorité des membres du Bureau Exécutif National réunis en session ordinaire le 22 Février 2008, celle là même réclamée avec force par notre électorat.
Pire, le Président de l'UPR a confirmé sa position de blocage s'agissant de l'intégration en déclarant à la réunion du Bureau Exécutif National tenue le mars 2008 à la Minière, citation : « s'il doit y avoir intégration entre l'UPR et l'UFDG . ma position est la suivante :
a: l'UPR est le Parti intégrant,
b : Je reste le Président issu de cette intégration,
c : Je dirige la liste nationale aux élections législatives,
d: Le reste on verra après, »
Il a ainsi fermé la porte à toutes négociations avec un parti tiers.
D'une manière plus générale, les décisions de la Direction Nationale de l'UPR, depuis plusieurs mois, n'ont jamais tenu compte de l'opinion exprimée par la grande majorité des membres du Bureau Exécutif sur les problèmes majeurs du Parti.
Les Assemblées Générales de Samedi à la Minière sont transformées en tribune populaire pour menacer et insulter des responsables nationaux du Parti.
La rencontre de Labé des 14 et 15 Mars 2008, après les cérémonies commémoratives du 4éme anniversaire du décès de notre Président Fondateur, a été une occasion pour la majorité des fédérations de s'exprimer de nouveau en faveur de la volonté unitaire souhaitée par notre électorat ; mais Labé aura été aussi le théâtre de scènes insolites qui ont nuit gravement à l'unité et à la cohésion du Parti.
En effet, des individus préparés et instrumentalisés d'avance ont scandé des slogans et propos malveillants à l'endroit de certains responsables ; plus grave, le Président du parti lui-même, dans son intervention de clôture, a fait état de l'existence d'une 5ène colonne au sein de la Direction Nationale du Parti.
Le refus du Président de convoquer immédiatement après les cérémonies de Labé le Bureau Exécutif National afin d'examiner la situation qui prévaut en son sein comme l'avait vivement demandé la Fédération de Labé, soutenue par les autres fédérations.
Tous les propos et attitudes, singulièrement ceux émanant du lobby du Président et de lui-même, ont détruit totalement la confiance et le respect indispensables à toute entreprise collective.
Aussi, devrons- nous rappeler qu'au cours de la session du B E N tenue du 16 décembre 2007 au 25 janvier 2008, une majorité des membres du Bureau Exécutif avait déjà demandé la destitution de fonction du Président en ces termes :
« tenant compte de tout ce qui précède et se fondant sur les statuts et le règlement intérieur qui régissent le Parti par rapport aux dérives autoritaires de son Président, la Commission en toute responsabilité et dans le souci ardent de sauvegarder les intérêts supérieurs du Parti considèrent que le Président du Parti n'est plus apte dans ces conditions à conduire les destinées de l'UPR conformément aux textes fondateurs du Parti et proposent par conséquent la destitution de fonction du Président, sanction qui correspond parfaitement à la gravité des fautes commises qui s'illustrent par les manquements répétés, constatés et avérés »
Les interventions du Président de séance, le professeur Ali Nouhoun Diallo ainsi que le méa- culpa et les promesses d'amendement du Président du Parti avaient permis de revenir sur la position de destitution avec l'espoir que celui-ci s'engagerait dans la voie de mise en oeuvre des méthodes démocratiques de gestion de l'UPR.
Dès lors, et tirant les leçons, la majorité des membres du Bureau Exécutif National ne se reconnaît plus dans l'esprit et les idéaux qu'ont imprimés à l’UPR, ses pères fondateurs : à savoir la tolérance, le respect de l'autre, le rassemblement, le partage, la démocratie etc.
En conséquence de ce qui précède, et rappelant que la désignation de l'actuel Président résulte d'un consensus du B E National,
Pour compter de ce jour :
• le Bureau Exécutif National ne reconnaît plus Mr Bah Ousmane comme Président du Parti( art 10 des statuts).
• le Bureau Exécutif National décide de la destitution de Mr Bah Ousmane dans les fonctions de Président du Parti( art : 18 des statuts.)
• le Bureau Exécutif National décide d'investir Madame Siradio Assiatou /Bah/ Diallo/, vice- présidente de l'UPR comme Présidente intérimaire du Parti ( art 27 du règlement intérieur ) et lui donne mandat d' engager sans délai la mise en oeuvre de la résolution du 25 janvier 2008 et les recommandations des 14 et 15 mars 2008 à Labé, en particulier les mesures pratiques d'une construction unitaire rapide avec toutes les formations politiques partageant les mêmes objectifs politiques.
• Le Bureau Exécutif National lance un appel aux membres du Comité Central, aux fédérations de l'intérieur et de l'extérieur, sections, comités de base, aux organisations de jeunes et de femmes, aux organisations de masse, aux militantes, militants, sympathisants de toutes les structures à tous les niveaux, à mettre en œuvre cette décision dans le souci de sauvegarder les acquis de l'UPR, chèrement accumulés au cours de plus de 17 années de combat politique sans merci.
Conakry le 18 avril 2008
Le Bureau Exécutif national
Dépêche envoyé par Lamarana Petty Diallo,
Professeur de Lettres- Histoire, Orléans, France
E-maillamaranapetty@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com