mercredi 16 avril 2008
La cherté de vie est une triste réalité que partage toutes les quatre régions naturelles du pays. Toutefois dans certaines régions cette cherté de vie est ressentie beaucoup plus et est vécue tous les jours que Dieu créa.
C’est le cas malheureusement de la région de Kankan et environs qui traverse déjà des moments de crise répétés par le manque ou l’insuffisance d’aliments pour la nourriture quotidienne. De Dabola à Kankan en passant par Kouroussa et toutes les autres régions, la réalité est presque la même, mais à des degrés différents. A Kankan, tous les jours, les prix grimpent en flèche, certes à l’image du baril du pétrole qui connait des hausses.
Pour preuve la mesure du riz locale ou riz cultivé en Guinée varie entre 3600 fg et 3700 fg selon les qualités alors que le riz blanc ou riz importé est à 2500 fg et 2700 fg. Le maïs cultivé dans toue la région de la Haute Guinée est vendu 3500 à 3900 fg la mesure. La pâte d’arachide se vend à 4500 fg la mesure. Quant aux pissons, le kilogramme se vend entre 7000 et 8000 fg selon toujours la qualité, tandis que le kilo de viande de bonne qualité se vend à 13000 fg dans les boucheries de la ville.
L’huile d’arachide est passé de 7500 à 8000 fg le litre et l’huile rouge de 4500 à 5000 fg le litre. Le kilo de la poudre du sucre est à 3500 fg soit 500 fg de plus depuis juste une semaine.
Face donc à cette situation qui ne permet pas à des familles de manger à leur faim, la grande période des mangues qui pointe déjà à l’horizon est impatiemment attendue par la population locale. Et à l’amorce de cette période qualifiée de douce eu égard à l’abondance des mangues à Kankan, la bouillis à la mangue communément appelée en langue du terroir « Mango Saadi » est devenu l’aliment favori de tout le monde. C’est le repas de tous les soirs dans les familles qui ont trouvé là une autre solution pour dévier la consommation quotidienne et régulière du riz. Etant entendu que l’igname dont la culture est une spécialité et une exclusivité dans la région n’est plus à la bourse de monsieur tout le monde. Pourtant ce tubercule est produit en abondance à Kankan et dans certaines préfectures environnantes. Mais l’exportation vers les pays limitrophes comme le Sénégal, le Mali, la Coté d’Ivoire etc. La population ne bénéficie quasiment aucun impact de cette production nationale d’igname. C’est dire que l’exportation et la réexportation des produits de base en Guinée est un phénomène qui causerait assez de tord à la population guinéenne qui, avec un pouvoir d’achat faible, a du mal à faire bouillir la marmite deux fois pour ne pas dire une par jour.
Lutter contre l’exportation et la réexportation des produits alimentaires de première nécessité, c’est lutter contre la famine et c’est aussi et surtout alimenter les marchés nationaux et locaux au profit des populations diminues.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com
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