mercredi 16 avril 2008
Comment instaurer ou tout au moins renforcer les mesures d’interdiction contre l’exportation et la réexportation des denrées de première nécessité en Guinée ? Cette question était au centre des débats, le mardi 14 avril dernier à la primature. Présidé par le PM Lansana Kouyaté, la 21ème session du conseil nationale de défense s’est achevée avec une note d’espoir quant aux résultats des travaux entres les participants. Et c’est un communiqué final qui sanctionnera la fin de la rencontre. Le communiqué a largement fait état de l’évolution inquiétante des prix des denrées alimentaires de base sur tous les marchés du pays.
Eu égard à la situation qui frappe tous les marchés internationaux, le conseil, semble-t-il, a trouvé désormais les voie et moyens pour atténuer le poids de cette fluctuation des prix sur les populations locales. C’est pourquoi, le conseil a décidé de reconduire les arrêtés conjoints No A/032/ du 25 janvier 2007 et NO A/01345/ du 10 avril 2007, portant interdiction d’exportation et de réexportation des produits agricoles, vivrières, forestiers, de l’élevage, halieutique et pétrolier sur tout l’étendu du territoire nationale. Selon le contenu du communiqué, toute violation de l’interdiction entraîne de facto la saisie et la vente des produits concernés au profit du trésor public. Pour mettre en application cette mesure, le CND a décidé d’impliquer toutes les forces de défenses et de sécurités. Tous les corps habillés seront concernés.
Ainsi, des brigades mixtes mobiles de l’armée, de la police, de la gendarmerie et de la douane seront mises en place pour veiller à l’application strict des dispositions prises. Par ailleurs, toutes les autorités régionales, préfectorales, et sous préfectorales sont interpellés pour le respect de la mesure d’interdiction.
A l’image d’autres pays de l’Afrique et du monde, la Guinée se doit de penser une nouvelle vision allant dans le sens de réorienter la production nationale vers les différents marchés locaux pour la satisfaction des populations. Ceci est autant plus important que la politique de l’autosuffisance alimentaire commence aussi par cette logique de production nationale pour la consommation nationale. Mais pour ce faire, faudrait-il aussi que l’Etat guinéen aide ou assiste les producteurs locaux de céréales en général et du riz en particulier. Ce qui permettra de rentabiliser cette production locale pour une plus grande productivité dans l’intérêt national.
Le département de l’agriculture, à travers ses cadres techniques, est plus que jamais interpellé pour mettre sur pieds des stratégies agricoles afin que la production nationale puisse combler le besoin en l’autosuffisance alimentaire d’une population qui atteint à peine les 10 millions d’habitants. C’est seulement à ce prix que la Guinée peut prétendre échapper à la crise alimentaire qui frappe déjà bon nombre de pays dans le monde et dont la question tend à devenir un enjeu politique pour les Nations mêmes dites développés
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com
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Pour www.nlsguinee.com