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    Guinée : M. Baila Ly a été et reste une crème intellectuelle qui a participé à l’éveil démocratique en Guinée et en Afrique


     samedi 12 avril 2008   

    M. Baila Ly a été et reste une crème intellectuelle qui a participé à l’éveil démocratique en Guinée et en Afrique. Sa contribution dans les débats politiques pacifiques a été phénoménale. Certes, les dictateurs et hors de loi qui luttent pour faire taire les débats démocratiques se jetteront sur Baila Ly comme des hyènes affamées. L’expulser à Conakry est une sentence de mort et les autorités helvétiques en porteront éternellement la responsabilité.

    Voici en rétrospective une brillante analyse de M. Ly Baila.

    Dr Mamadou Diallo, Membre Fondateur de l'ANDD et Guinea-Forum

    Articles écrits par Ly Baila :

    1)- Quand la faillite de la démocratisation conduit à la désillusion ! (Par : M Ly El Hadji Baïla)

    Rediffusion : Mise en ligne pour la première fois en Aout 2006

    Chers amis et compatriotes, bonjour !

    Nous n'héritons pas la Guinée de nos parents mais nous l'empruntons à nos enfants ! Les assassiner, c'est assassiner l'avenir...

    Après une longue période de pause, nous rompons le silence volontaire que nous nous sommes astreints pour réagir sur ce qui fait l’actualité politique de la Guinée. Le moment est venu pour nous de tirer les leçons des derniers développements de la situation politique de notre pays qui vit, faut-il le rappeler, une des périodes les plus incertaines de son histoire récente.

    Depuis l’évacuation de Lansana Conté dans un hôpital genevois et son retour précipité à Conakry, en passant par le limogeage de l’ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo sans oublier la double mobilisation de l’inter-centrale et les assassinats du lundi 12 juin, il s’est passé tant de choses surprenantes, insensées et dangereuses…

    En effet, on était tous plus ou moins au courant de cette guerre fratricide qui oppose les membres et proches du clan du Général-Président Lansana Conté.

    L’excès de zèle avec lequel le régime guinéen s’est rendu coupable en réprimant toute forme de contestation est devenu très préoccupant. Pour faire face au mécontentement de sa population, le régime guinéen ne faillit pas à sa tradition.

    Il assassine et présente ensuite ses condoléances aux familles des victimes. C’est ce comportement condamnable et répréhensible, guidé par l’instinct et la brutalité doublée d’un acharnement à sauvegarder des privilèges usurpés qui a coûté récemment la vie à plusieurs jeunes compatriotes.

    Paix à leurs âmes !

    Aujourd’hui force est de reconnaître que la désillusion démocratique et le désespoir qui hantent le guinéen n’ont jamais été aussi préoccupants.

    Désillusion démocratique !

    Le chef de l’Etat que chacun donnait pour mourant il n’y a pas si longtemps a créé par une des pirouettes dont il a la marque de fabrique, une situation de non droit avec une instabilité et une terreur qui va crescendo.

    Pour illustrer cette situation, il suffit de jeter un regard sur la gestion de la crise née de la grève de l’Inter-Centrale. Les organisations syndicales ont lancé deux mots d’ordre de grève en l’espace de trois mois. La gestion de ces deux mobilisations permet entre autre d’indiquer le degré de radicalisation du régime Conté.

    En effet, lors de la première grève, une négociation fut engagée par le Gouvernement et l’Assemblée Nationale avec les principaux concernés et malgré le succès qu’a connu la grève, il y a eu zéro mort. Ceci ne s’explique pas uniquement par le calendrier des examens de fin d’année. L’explication la plus plausible est que M Fodé Bangoura, Ministre plénipotentiaire chargé des Affaires Présidentielles se voit déjà Roi à la place du Roi. Il se croit désormais tout permis, comment pouvait-il d’ailleurs faire autrement puisqu’il avait réussi avec brio à mettre Cellou Dalein et amis sur la touche ?

    De remaniements en remaniements ministériels l’on a fini par aboutir à un désastre humain car ce nouveau gouvernement est désormais composé de « tueurs d’enfants » et des complices. Telle est la nouvelle donne !

    Aujourd’hui, des partis politiques à la Société Civile en passant par les couches juvéniles et estudiantines, la plupart de nos concitoyens sont hantés par cette espèce de désillusion démocratique du pays. Le retour des anciens dans un gouvernement sans feuille de route claire n’a fait qu’accentuer cet état de fait.

    Comment peut-on espérer que MM SOLANO et GOMEZ - longtemps connus pour avoir torpillé le processus démocratique en Guinée dans le seul but de pérenniser un pouvoir caractérisé par la terreur et la malgouvernance - puissent résoudre une crise qu’ils ont eux-mêmes créée voire attisée ?

    Il y a forcément un retour en arrière très dommageable à la démocratie.

    x décennies de démocratisation pour arriver aussi bas ?

    C’est de la « Non Assistance à Patrie en Danger » !

    Le tout est maintenant de savoir quelles sont les possibilités de sortie de crise.

    Poursuite des mobilisations et revendications démocratiques !

    Les guinéens n’ont plus d’autres choix que de continuer à se mobiliser et revendiquer leur droit à une vie meilleure. La mobilisation doit être poursuivie !

    Il a certainement été dit et écrit par d’autres compatriotes que le rôle des syndicats n’est pas la prise de pouvoir.

    tes, mais comment ne pas espérer de l’Inter-centrale qui constitue apparemment la seule force capable de mobiliser autant de mondes autour de leurs revendications qui ne sont d’ailleurs pas si différentes de celles de l’opposition dans son ensemble ? La dynamique de crise (politique, économique, financière et sociale) n’est-elle pas en effet le catalyseur des mobilisations qui se développent et se déploient tout au long de notre tâtonnement démocratique ?

    Syndicats et opposants ont tous intérêt à ce qu’il y ait une meilleure Gouvernance politique, économique et sociale en Guinée. Il n’est un secret pour personne que le régime actuel ne peut s’appliquer une telle Gouvernance au risque de s’autodétruire. Il faut dire les choses telles qu’elles sont : Syndicats et Opposition poursuivent un même but qui est celui de l’amélioration des conditions de vie du guinéen. Chacun utilisant dans sa quête du bien être les moyens dont il dispose.

    Ceci dit, l’on ne peut s’empêcher de souligner le manque d’engagement effectif des partis d’oppositions aux côtés des syndicats. Nous avons lu et entendu quelques communiqués de soutien à peine audibles, c’est comme s’il y a eu abandon de l’idéal démocratique qui doit pourtant conduire à cette fameuse alternance longtemps promise aux guinéens mais toujours attendue.

    Par ailleurs, au lieu d’afficher clairement un soutien sans failles aux syndicalistes, certains ont voulu torpiller le mouvement à défaut de pouvoir le contrôler… C’est ainsi que des rumeurs de corruption de certains responsables syndicaux ont commencé à circuler sur Internet bien avant la fameuse rencontre dans un hôtel parisien entre M Fofana de l’Inter-Centrale et Mamadou Sylla du patronat. Ce qui est profondément regrettable !

    Nous tenons à souligner ici que malgré les explications fournies par M Fofana, cette rencontre « en aparté » avec Mamadou Sylla fut une grave erreur car n’étant pas précédée d’une consultation de la base. Ce n’est point anodin si certaines voix discordantes se mettent aujourd’hui à dénoncer à tort ou à raison le dialogue opaque qui a permis la signature de l’accord tripartite Gouvernement-Patronat-Syndicats. A partir de cet instant, il devient tout à fait légitime de s’interroger sur l’opportunité de la dernière mobilisation syndicale, surtout si c’est pour aboutir à un tel accord.

    Par ailleurs, ceux qui disent qu’il y a eu des morts pour rien n’ont pas tout à fait tort.

    J. Prévert ne disait-il pas : « Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie ».

    Ceci pour dire que la Société Civile et les partis politiques d’opposition doivent réfléchir sur une meilleure manière de coordonner leurs efforts respectifs. Efforts qui doivent être basés sur la vérité et la transparence sans oublier le soutien de tous et de toutes si nous voulons réellement conduire la Guinée vers une liberté vraie.

    Toute autre démarche risque d’enfoncer le clou en rendant les défis de la faillite démocratique plus difficiles à surmonter.

    Une démocratisation en faillite !

    Il est clair que depuis l’agrément du multipartisme en Guinée il y a plus de deux décennies environs, Lansana Conté et ses amis proches et lointains ont utilisé tous les stratagèmes possibles et imaginables pour retarder l’échéance de l’alternance politique. Les barons (anciens et nouveaux) du régime de Wawa en l’occurrence : M Fodé Bangoura, M Solano, M Gomez, M Somparé et tant d’autres, malgré un exercice douteux de leurs fonctions respectives sont toujours là et aspirent tous à rester même après le départ de Lansana Conté. Ils rêvent tous de succéder un jour à l’actuel locataire de Sekoutoureya.

    M Somparé, pris par quelques secondes de lucidité avait annoncé qu’il y aurait une commission d’enquête indépendante après les tueries du lundi 12 juin 2006. Vite rattrapé par ses habitudes et instincts, il a rectifié le tir en indiquant que l’enquête serait sous couvert du Ministère de la Justice (entendez sous le commandement de M Gomez). Du coup, la lueur d’espoir suscitée par l’annonce de la création d’une commission enquête indépendante s’est très vite estompée en plongeant les familles des victimes dans un désarroi total...

    Malgré ce « un pas en avant deux pas en arrière de M Somparé », nous avons récemment écouté sur RFI un ex Ambassadeur de la France en Guinée (en la personne de Mr A. Lewin) plaider la cause du Président de notre Assemblée monocolore.

    M Lewin se prononçait sur le respect de l’article 34 de la loi fondamentale, permettant de facto à Somparé de succéder au Général Président. Pour cet ex-Ambassadeur et ami du Président de l’Assemblée Nationale, le respect de la loi fondamentale constituerait en quelque sorte l’unique voie de recours légal…

    Malgré tout le respect que nous devons à cet (ami ?) de la Guinée, nous nous permettons de lui dire que légalité ne se conjugue pas avec amitié !

    Ce fut un comble pour nous d’écouter des gens nous parler d’une légalité de façade à géométrie variable au moment où le régime guinéen tire à balles réelles sur des enfants.

    En effet, où était notre expert quand le PUP de Lansana Conté, de M Somparé et autres barons du clan de Wawa ont piétiné la légalité constitutionnelle en vidant la loi fondamentale de toute sa substance consensuelle ? Où était M Lewin quand le régime de Lansana Conté tirait le 12 juin dernier sur des enfants désarmés ?

    La multiplication des débats autours de la succession probable de Lansana Conté n’est là que pour nous divertir car même en cas de disparition soudaine du chef de l’Etat guinéen, le combat contre le système qu’il a instauré doit absolument continuer. Ce n’est pas un problème de personne, il s’agit plutôt faire barrage à cette machine infernale qui broie tout (y compris ses propres enfants) sur son passage.

    Nous avons de plus en plus le sentiment que certains conseillers ont intérêt à ce que le système Conté perdure !

    Des décennies après le discours de François Mitterrand au sommet de La Baule liant l'aide de la France aux progrès de la démocratie, et au terme d'une période marquée par la fin des partis uniques, la floraison d'élections truquées et la multiplication des expériences parlementaires sans résultats probants, force est de constater que la démocratisation de la Guinée connaît un échec cuisant.

    On aurait aimé que certains conseillers et ex-Ambassadeurs tiennent compte de ce fait irréfutable. Les tripatouillages constitutionnels, les magouilles électorales, les intimidations et autres assassinats ciblés sans oublier les promotions ethniques et la corruption, n’ont jamais disparu du paysage politique guinéen. Voilà autant de choses qui reflètent la profonde désillusion largement répandue au sein de la population qui n’en peut plus.

    On peut donc parler de rendez-vous manqué avec l’histoire car les deux dernières décennies ne sont rien d’autres que des années démocratiquement perdues.

    Des années perdues pour le Peuple de Guinée qui aspire pourtant à un idéal politique, économique et social !

    Un Constat s’impose !

    Qui aurait pu prévoir au lendemain de l’indépendance de notre pays en 1958 que les années 2000 seraient aussi mal vécues par nos compatriotes ?

    Qui ne reconnaît pas les énormes potentialités dont dispose notre pays plus que d’autres pour s’en sortir ?

    Est-ce nécessaire de revenir sur ce contraste bien réel ?

    Pourquoi pas !

    Notre pays est doté de ressources humaines et minières très importantes (un tiers des réserves mondiales connues de bauxite, mais également d'importants gisements d'or, de diamants, des perspectives intéressantes de pétrole off shore...)

    La Guinée bénéficie également d'un potentiel agricole élevé, qu’en est-il de sa valorisation ?

    Malgré les volontés affichées du régime révolutionnaire de feu A. S. Touré avec certains choix économiques discutables,

    Malgré la libéralisation sauvage prônée par les nouvelles autorités issues du putsch d’avril 1984, l'agriculture guinéenne reste à un niveau médiéval sans oublier que les cultures d'exportations florissantes au départ sont aujourd’hui presque inexistantes. Pourtant le secteur agricole a reçu des milliards sous forme d’aide sans qu’on ne sache où est partie manne financière.

    Quel étrange destin pour un pays qu'on annonçait, à la veille des indépendances, bien plus prometteur que d’autres pays de la sous région en matière de développement !

    Le contraste guinéen est saisissant entre l’état de délabrement actuel du pays et toutes les opportunités existantes, sans compter que ces opportunités sont bradées de manière tout à fait contestable car aucune transparence n’entoure le processus d’octroi des licences d’exploitations minières, forestières, halieutiques, …

    Pendant que nos travailleurs se voient obligés d’aller chaque fois en grève pour obtenir des miettes vite happées par l’inflation galopante, les contrats d’exploitations minières n’ont jamais été aussi florissants. On nous annonce tous les jours des signatures de gros contrats portant sur l’exploitation des richesses de notre pays.

    Pourquoi donc cette éternelle crise politico-économique et sociale ?

    Les guinéens veulent jouir pleinement du fruit de l’exploitation de leurs sous sol, forêts et ressources halieutiques.

    Preuve est faite il y a longtemps que le régime de Lansana Conté, rongé par la corruption et le népotisme sans oublier la barbarie répressive, ne peut relever ce défi.

    La dictature et la barbarie ne pouvant pas engendrer la démocratie, d’où l’urgente nécessité de penser à la substitution du leadership actuel par un autre leadership plus efficace et plus orienté vers les aspirations de tout un peuple.

    L’heure est venue de dégager de nouvelles pistes de réflexion et d’action permettant à notre pays de voir enfin le bout du tunnel.

    Nous y reviendrons !

    Par M Ly El Hadji Baila
    Directeur Exécutif de wmw.nlsguinee.com
    Membre fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
    Zurich, Suisse
    © Copyright www.nlsguinee.com / (Tous droits réservés) : partenaire de Guinea-Forum

    Mise en ligne pour la première fois en Aout 2006


    2)- Guinée : Une situation économique alarmante – En sommes-nous conscients ? (Par M. LY El Hadji Baila)

    Mise en ligne pour la première fois en Aout 2006 : Les paroles s’envolent mais les écrits restent.

    En juin 2005 nous nous interrogions sur l’absence de la Guinée dans la fameuse liste des pays bénéficiant de l’annulation de la dette des pays pauvres et très endettés (PPTE).

    Quarante (40) milliards de dollars de dettes de 18 pays très pauvres et très endettés (dont 14 pays africains) seront remboursés par le G8 aux institutions financières internationales, comme la Banque mondiale ou le FMI.

    Telle fut la décision entérinée par le G8 il y a de cela une année. La Guinée comme chacun le sait, ne figurait pas sur cette liste pour cause de mauvaise gouvernance.

    Malgré les promesses et autres engagements pris auprès des bailleurs de fonds le pays n’arrivent toujours pas à engager les reformes politiques, économiques et sociales permettant de sortir de sa débâcle actuelle...

    Le refus du G8 de compter la Guinée parmi les pays bénéficiaires de l’annulation de la dette s’expliquait alors par une absence de rigueur dans une gestion qui a été largement dénoncé et couvert par les spécialistes et les médias.

    Voir notre réaction en juin 2005 à ce sujet encore disponible : « voici l’article en entier »

    Une année plus tard en effet, et après avoir lu la récente interview que M Madikaba Camara, Ministre d’Etat chargé du développement économique, Ministre de l’économie et des finances, a bien voulu accorder à un organe d’information de la Banque Mondiale, l’on est en droit de se demander si la Guinée peut réellement s’en sortir avec le leadership politique actuel.

    M le Ministre Madikaba Camara livre ainsi une lecture peu reluisante de la situation économique de notre pays. Son intervention, loin d’être cohérente en soi, s’inscrit avant tout dans une logique de mea-culpa dont-il ne mesure peut être pas la gravité. Tout au long de son entretien, M le Ministre d’Etat a fait le choix d’occulter les causes et conséquences de la politique gouvernementale en matière économique et sociale. "Pour ceux et celles qui avaient encore un doute sur l’état de délabrement de l’économie guinéenne, la dernière sortie de M Camara vient balayer ce doute d’un revers de main. Notre Ministre de l’économie et des finances récemment propulsé par le Général Président Lansana Conté au rang de Ministre d’Etat, décrit en effet les difficultés que son département rencontre sans indiquer les causes profondes de ces énormes difficultés.

    Il se félicite d’avoir obtenu par ailleurs un accord de principe avec la mission du FMI qui a séjourné en Guinée en février et mars derniers. Accord qui porte sur un programme formel appuyé par la FRPC (Facilité pour la réduction de la pauvreté et de la croissance) durant la période avril 2006 – mars 2007.

    Faut-il rappeler que la Guinée- à cause des multiples échecs répétitifs enregistrés dans la gestion des deniers publics et l’absence d’une véritable politique de réduction et de maîtrise du déficit public sans oublier la catastrophe qui entoure sa politique inflationniste- fut recalée pas plus tard que l’année dernière pendant que M Camara occupait le même Ministère ?

    Pourquoi vanter les mérites d’un accord de principe ou d’une convention obtenue avec le FMI sur un cadre macroéconomique alors que la problématique entourant la mauvaise gouvernance reste entièrement posée ?

    Selon M Camara, la mise en œuvre du programme appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et de la Croissance (FRPC) permettra à la Guinée de bénéficier de l’initiative d’annulation de notre dette extérieure à hauteur de 800 millions USD. C’est tout le mal que nous souhaitons à la Guinée même si, connaissant les méthodes de gouvernance du régime-Conté, nous ne pouvons nous empêcher de donner rendez-vous au Ministre de tutelle en décembre 2006 comme promis.

    Non seulement l’acceptation de la Guinée au sein des pays PPTE bénéficiant de l’annulation de la dette n’est pas directement liée au FRPC mais aussi et surtout notre pays hormis la récente annonce de la libéralisation des ondes, ne s’engage pas réellement dans un véritable processus de réformes politico-économiques tel que souhaité par les partenaires étrangers.

    Nos dirigeants ont malheureusement pris la fâcheuse habitude d’annoncer du tout et du n’importe quoi en matière de politique économique. Il est temps que ces vœux pieux se transforment en actes concrets pour le grand bien de tous nos compatriotes. Les objectifs affichés par le Ministre d’Etat à travers ce nouveau et n-ième cadre macroéconomique sont tout simplement irréalistes vue la situation politico-économique actuelle du pays.

    Des taux de croissance du PIB en termes réels de 5,0% en 2006, 5,4% en 2007, 5,9% en 2008 et 5,1% en 2009 sont tout simplement fantaisistes car sans une maîtrise réelle du taux d’inflation et un accroissement soutenu des ressources pendant cette période prévisionnelle, une telle croissance relèverait de l’exploit. La croissance ne se décrète pas a-t-on l’habitude de dire.

    Aussi prévoit-on de limiter le taux d’inflation à 24,3% en 2006, 9,4% en 2007, 6,0% en 2008 et 5,0% en 2009 et de reconstituer les réserves de change de la Banque centrale (BCRG) à hauteur de 1,6 mois d'importations en 2006, à 2 mois en 2007, à 2,5 mois en 2008 et 2,7 mois en 2009. Ces objectifs resteront des vœux pieux aussi longtemps que la gouvernance-Conté restera la règle dominante. Tout observateur averti, sait pertinemment que ces dits objectifs ont des coûts que le Ministre a délibérément choisi d’occulter pour des raisons inavouables. M Madikaba Camara à travers son interview, étale au grand jour ce qui n’était qu’un secret de polichinelle à savoir que la situation économique de la Guinée est catastrophique et que sans une assistance immédiate des bailleurs de fonds, l’Etat serait déclaré en faillite.

    A travers cette intervention de M Camara, plusieurs observations s’imposent :

    L’Etat de nos réserves de change :

    On remarque que la Guinée ne dispose pas aujourd’hui de réserves de change importantes pour subvenir à ses énormes besoins d’importation… Le Ministre Madikaba Camara le reconnaît explicitement d'autant plus que son département prévoit de constituer d’ici 2009 de réserves de changes à la BCRG permettant d’assurer deux mois et demi (2,7 plus exactement) d’importations… Chacun se demande aujourd’hui de combien s’élève nos réserves de change disponibles à la BCRG !

    Même si les prévisions indiquent la constitution de réserves de change à hauteur de 1,6 mois d’importation d’ici la fin de l’année 2006, tout porte à croire que l’Etat guinéen ne dispose actuellement d’aucune réserve à la BCRG...

    Chacun peut aisément imaginer où vont nos maigres ressources. Pour s’en convaincre, il suffit de demander à Mamadou Sylla du patronat guinéen comment lui et ses amis ont pu mettre la main sur les ressources financières de l'Etat...

    Après plus de deux décennies de Gouvernance-Lansana Conté, notre pays est réduit à fixer de tels objectifs minimalistes.

    Comment un pays comme le nôtre, doté d’immenses ressources en tous genres n’arrive pas à disposer de réserves de changes permettant d’assurer deux mois d’importations ?

    C’est une question à laquelle ceux qui ont mis la main à la patte doivent répondre ! De toute évidence, le constat d’échec des deux décennies de gouvernance-Conté s’impose.

    Le pillage organisé de notre économie était prévisible dans la mesure où les scandales de détournements de fonds sont monnaies courantes. La BCRG est devenue le lieu de passage de tous les oiseaux rapaces du régime. L'on se sert comme on veut dans une impunité sans précédent. C’est dire combien de fois le pays est politiquement et économiquement à genoux.

    Considérer que les prévisions du Ministre Madikaba Camara- même atteintes seraient un succès- est une grave insulte adressée à tout un pays aux opportunités de développement multiples.

    Les conditions fixées par les bailleurs de fonds n’ont toujours pas été remplies

    Il existe par ailleurs quelques préalables pour conclure les récents arrangements effectués avec le FMI. Rien n’est encore acquis et les membres du Gouvernement n’ont certainement pas fini de courber l’échine face aux bailleurs de fonds. C’est dire aussi combien de fois l’humiliation a atteint son paroxysme !

    - L’adoption d’un budget qui réponde au cadrage économique proposé reste un casse-tête pour les principaux concernés. Adopter un budget est une chose mais respecter ses prérogatives en est une autre.

    - Un autre préalable non des moindres, reste l’adoption d'un mécanisme d'ajustement automatique des prix intérieurs des produits pétroliers assortis d'un remboursement des créances des compagnies pétrolières sur l'État sur une période de trois ans. Ce qui implique que l’Etat doit se serrer la ceinture et dégager des ressources supplémentaires dans les trois années à venir…

    Comment faire face à ce défi quand-on sait que l’Etat doit des sommes astronomiques aux importateurs de produits pétroliers et sans oublier que le prix du pétrole augmente sans cesse avec les crises à répétition qui touchent le Moyen Orient ?

    - Quant à l’audit des avoirs extérieurs de la Banque Centrale ainsi que la mise en place des comités de trésorerie et de liquidité, ces initiatives restent certes louables mais nous doutons sérieusement de leur mise en œuvre dans la mesure où les rapports d’audit s’ils existent ne sont jamais pris en considération surtout lorsque ceux-là incriminent des dignitaires haut placés.

    Qu’a-t-on fait déjà du dernier rapport de M Kerfalla Yansané ?

    De toute façon avec Lansana Conté, Impunité, Corruption et Irresponsabilité dans la gestion des biens publics ont de beaux jours devant elles. Le « Serpent Guinée » n’a donc pas fini de se mordre la queue, et cela même si notre Ministre d’Etat chargé du développement économique, Ministre de l’économie et des finances pense qu’il y a matière à satisfaction dans sa politique économique longtemps exigée par les bailleurs de fonds et très mal appliquée par les Gouvernements successifs auxquels il a appartenu.

    La politique de rigueur budgétaire et la politique monétaire restrictive (si elles existent) n’ont produit aucun effet permettant de sortir notre pays de la crise. La monnaie nationale glisse à un rythme vertigineux, le déficit budgétaire se creuse et la banqueroute pointe son nez. Si pour payer nos fonctionnaires l’Etat doit éternellement tendre la main aux partenaires étrangers et autres spéculateurs sans scrupules, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser…

    Une communication gouvernementale inaudible et sans effets positifs

    Monsieur le Ministre d’Etat chargé du développement économique, Ministre de l’économie et des finances M Madikaba Camara parle de, je cite : « renforcement de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption par la mise en œuvre de mesures structurelles touchant la gestion des dépenses publiques, l’administration de la justice, la moralisation des activités économiques et financières qui de toute évidence, doivent passer par le développement des capacités institutionnelles et humaines des structures chargées du contrôle et de l’audit… » fin de citation. Est bien intelligent celui ou celle qui pourrait nous traduire ce discours ministériel inaudible !

    Quelles sont les mesures concrètes mises en œuvre et qui touchent la gestion des dépenses publiques, auxquelles M le Ministre fait allusion ?

    L’émergence d’un secteur privé et dynamique ?

    Nous attendons toujours les infrastructures économiques et sociales permettant cela car les crises qui ont été couronnées par les deux dernières grèves de l’Inter-Centrale (CNTG-USTG) ont démontré le contraire...

    L’Ex-Premier Ministre M Cellou Dalein Diallo que Lansana Conté (pour ne pas dire Fodé Bangoura) a limogé récemment pour « faute lourde » avait pourtant sillonné toutes les capitales occidentales à la recherche d’hypothétiques soutiens financiers à un régime connu pourtant pour son incapacité à gérer ce qui lui tombe sous la main.

    Malgré les multiples tentatives de ramener la confiance et présenter une image acceptable de (son) Gouvernement, Cellou Dalein s’est heurté à plus fort que lui.

    Les clans qui gravitent autour du Général-Président et qui sucent la sève de la Guinée ont fini par avoir raison de l’ancien Premier Ministre. M Cellou Dalein Diallo est parti mais la crise demeure !

    M Fodé Bangoura des Affaires présidentielles, M Solano de l’Administration du Territoire et M Madikaba Camara de l’Économie et des Finances peuvent s’agiter autant de fois qu’ils le veulent, le constat reste le même : une crise née de plus de deux décennies de mauvaise gouvernance ne peut être résolue en si peu de temps. Et ce n’est certainement pas ceux qui sont à la base de la crise qui pourront nous aider à nous en sortir…

    Les multiples rencontres avec le FMI ne sauraient constituer par ailleurs une véritable politique économique pour la Guinée.

    Absence d’une véritable politique économique pour la Guinée

    La Guinée peine à mettre en place une véritable politique de croissance économique à long terme capable de résoudre les problèmes de nos concitoyens.

    Depuis que le vent des programmes d’ajustements structurels (P.A.S) ont soufflé chez nous, nos autorités parent au plus pressé. D’une économie collectiviste et communisante on est passé à ce que certains appellent vaguement une économie libérale, avec de milliers de laissés pour comptes…

    La dérégulation du système est telle que l’Etat ne maîtrise plus rien car après avoir bradé les entreprises nationales à leurs proches parents, les hautes autorités se sont transformées en véritables hommes et femmes d’affaires accélérant la mise à mort de ce qui restait de rentable pour l’Etat.

    Les fonctionnaires peinent à recevoir leurs misérables salaires, le secteur informel a pris le pas sur celui formel, la corruption généralisée fait que l’Etat ne perçoit plus de redevances fiscales. Toutes tombent dans les poches de véreux fonctionnaires nullement inquiétés…

    Les infrastructures de base sont soit inexistantes, soit délabrées. La fonction publique est pleine de fonctionnaires fictifs qui perçoivent un salaire mensuel pendant que de milliers de déflatés peinent à joindre les deux bouts.

    C'est toujours les mêmes histoires :

    - Des plans triennaux, quinquennaux et autres projets de développement ont été élaborés ;

    - Des dettes ont été contractées ;

    - Des dons ont été faits à la Guinée ;

    - De juteux contrats miniers et forestiers sont opérationnels ;

    - Des ressources halieutiques sont exploitées ;

    Mais bizarrement, le pays ne cesse de s’enfoncer politiquement et économiquement au point de voir notre Ministre d’Etat chargé du développement économique, Ministre de l’économie et des finances se fixer des objectifs économiques aussi minimalistes que ridicules.

    N’est-ce pas ridicule de tabler sur des réserves de change à la BCRG avoisinant 2,7 mois d’importations d’ici 2009 ?

    - Malgré tous les plans et autres projets de développement existants ;

    - Malgré l’expertise internationale mise à la disposition des autorités guinéennes ;

    - Malgré toutes les bonnes volontés qui ont conduit certains pays à offrir à la Guinée des millions de leurs contribuables pour nous permettre de nous en sortir ;

    - Malgré les opportunités multiples que le Régime-Conté a connues ;

    - Malgré X mesures d’assistance et X possibilités non saisies,… la Guinée et les guinéens végètent, ils se meurent à petit feu !

    On a touché le fond avec le régime actuel. Pour s’en sortir, nous devons absolument revoir nos copies en matière de Gouvernance Politique, Économique et Sociale.

    Pour ce faire, nos concitoyens n’ont pas de miracles à accomplir ; il leur suffit de rejeter la gouvernance Conté qu’on leur sert depuis plus deux décennies maintenant. Ce rejet passe nécessairement par l’adoption d’un leadership politique, économique et social capable de répondre enfin à nos besoins respectifs !

    Le moment est venu de rappeler aux uns et aux autres que sans une vraie démocratisation de la Guinée, rien ne nous permettra de sortir de la crise économique que nous traversons. La crise politique que nous connaissons est étroitement liée à la crise économique que nous subissons. Il est illusoire de vouloir résoudre le second volet sans s’attaquer au premier.

    Telle est la Conclusion qui s’impose !

    Par M. LY El Hadji Baila
    Directeur Exécutif de www.nlsguinee.com
    Membre Fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
    Zürich / Suisse
    © Copyright www.nlsguinee.com / (Tous droits réservés)
    Mise en ligne pour la première fois en Aout 2006

    Par Mamadou Diallo, MD,
    Administrateur de Guinea-Forum et Membre Fondateur de l'ANDD
    Contact E-Mail : nampougou@yahoo.com ou webmaster@guinea-forum.org
    Pour www.nlsguinee.com


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Ces images sont bien des réalités de ce magnifique pays! La Guinée est pourtant l'un des pays les plus riches au monde du point de vue ressources naturelles.
Cette faillite économique est le résultat du pillage systématique des biens publics, le clientellisme, la corruption, le détourment des fonds publics et une mise à l'écart de la majorité des cadres compétants et intègres du pays.
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