samedi 12 avril 2008
La semaine dernière, à travers un communique du Ministre du Commerce, le gouvernement a annoncé l’augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe. Le litre d’essence, du gaz oil et du pétrole lampant est passé de 4300 fg à 7000 fg sur tout l’entendu du territoire national. Pour justifier cette augmentation en flèche, le gouvernement avancera des arguments en disant que l’Etat, à travers le budget national a supporté plus 101 milliards de fg de subvention pour les produits pétroliers pour le seul trimestre 2008. Face donc à cette situation le gouvernement n’a trouvé d’autres alternatives que de revoir à la hausse tous les prix à la pompe.
Pour le ministre du commerce, « s’agissant des cas particuliers des produits pétroliers, cette subvention en perpétuelle évolution s’est chiffré en 2007 à plus de 90 milliards de nos francs et à plus de 101 milliards pour le trimestre 08. Cette politique de subvention a eu pour conséquence immédiate la réduction des recettes de l’Etat susceptibles de fiancer la réalisation des infrastructures de base : écoles, centre de santé, piste rurales etc. et de procéder au recrutement des nouveaux agents à la fonction publique. » a souligné le ministre du commerce, de l’industrie, du tourisme et de l’artisanat, M Mamadi Traaoré. Dans son discours, le ministre dira que l’accentuation des exportations frauduleuses des produits pétroliers vers certains pays limitrophes où les prix sont plus élevés est un facteur non moins important qui pèse sur le budget de l’Etat.
Cependant, le ministre a noté les conséquences immédiates de cette augmentation sur le dos de la population. « le gouvernement est conscient qu’une révision à la hausse des prix des produits pétroliers à la pompe exercera une pression sur les coûts des services de transport et des charges des entreprises. Cette pression peut alors se diffuser à l’ensemble de l’économie et entraîner une baisse du pouvoir d’achat des populations. »
Par ailleurs, la question qui reste posé est celle de savoir comment aider la population à supporter le coût combien difficile de la vie ? pour ce faire, le gouvernement à travers la voix du ministre du commerce dira que : « pour atténuer le poids de cette perte de pouvoir d’achat, le gouvernement a accepté de consentir les mesures de compensation ci-après :
- la suspension à titre transitoire des taxes perçus les importations du riz au cordon douanier ;
- le réajustement à la hausse des primes de transports, des agents de la fonction publique et les bourses des étudiants de l’enseignement supérieur ;
- l’affectation de 14 bus du ministère du transport aux élèves de l’enseignement pré-universitaire ;
- le recouvrement des créances des différents débiteurs de l’Etat »
En plus, selon le communiqué du gouvernement, les prix seront désormais ajustés à la hausse ou à la baisse à chaque fois que les prix internationaux des produits pétroliers augmenteront ou diminueront de 4%.
Ce qu’il faut dire c’est que malgré ces mesures d’accompagnement annoncés ça et là par le gouvernement, l’inquiétude demeure encore au sein de la population qui a du mal à joindre les deux bouts. Tous les prix ont, si non triplé du moins doublé dans les marchés de Conakry et de l’intérieur du pays. Les charges qui pèsent actuellement sur les chefs de familles sont de nature à les pousser vers la démission devant leurs responsabilités familiales. La nourriture quotidienne de la famille, les frais de scolarités des enfants, les frais de loyer des maisons, les frais des soins de santé primaire et les frais du transport urbain.
Devant cette situation, le gouvernement se doit de passer au plus presser, car ventre vide n’a point d’oreille dit-on souvent.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com
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Pour www.nlsguinee.com