Guinée : DROIT : LES DÉRAPAGES DE LA PREMIERE JOURNEE DE GREVE DE LA CNTG
16 novembre 2005
La liberté syndicale et le droit à la grève sont reconnus par la loi guinéenne. Partant de cette réalité, la Centrale syndicale proche du gouvernement, la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), a lancé une grève générale d’avertissement de 48 heures, les 15 et 16 novembre 2005.
Une grève dont la décision a été prise lors de la réunion extraordinaire du Bureau exécutif de la CNTG le 26 octobre dernier;une rencontre présidée par sa première responsable Hadja Rabiatou Sérah Diallo. La rumeur de la grève a pris une ampleur considérable dans le pays ces dernières heures. Cette autre forme de l’expression démocratique est consécutive à la flambée des prix des produits de premières nécessités. Augmentations de prix que ne suivent pas les salaires des travailleurs notamment de la Fonction Publique.
C’est pourquoi, après avoir respecté l’invite des Syndicats par le Premier Ministre « à observer la trêve sociale », ces derniers semblent désormais « ne plus jouer à l’hypocrite en feignant de jouer le jeu d’un partenaire qui n’a pas respecté ses engagements pris lors des négociations avec l’Intersyndicale des enseignants », a confié un syndicaliste du secteur de la communication à www.justinmoreljunior.net
Dans différents services de l’Administration, la grève a été suivie et la solidarité a été exprimée par endroits dans certains services mixtes, ne serait-ce que pour cette journée du 15 novembre. « Nous, nous sommes solidaires des autres travailleurs pour aujourd’hui seulement, mais dès demain, nous allons reprendre le boulot » a confié un patron de société mixte.
Le fait marquant aura été la révolte de certains élèves de la banlieue de Conakry notamment du lycée Kipé où la grève a été suivie par les enseignants. Ne voulant pas être les seuls perdants, les élèves de cette école se sont rendus dans d’autres établissements scolaires privés pour les contraindre à quitter les lieux sous des jets de pierres.
C’est ainsi que les écoles privées "Hamadallaye secondaire", "Sylla Lamine", "Koumandjan Kéita 3", ", "Koumandjan Kéita 4", l’école primaire publique "Konimodou", le lycée public "Matam" pour ne citer que ceux-là ont reçu « la visite de leurs "amis" » qui les ont empêcher de suivre les cours et forcés à quitter les lieux.
Conséquences : cas de blessures par des projectiles relevés. Sans compter les attaques contre des véhicules de l’Administration immatriculés " VA" à Matam Corniche, des barricades par endroits, des pneus en flamme sur la chaussée, des bris de vitre, la police ne sera pas épargnée dans ce « semblant » de remettre l’ordre dans la cité, car certains avaient commencé à s’attaquer à des magasins.
La grève prenant ainsi une tournure sauvage et anti-démocratique. On oublie que le droit de l’autre à jouir de ses biens est sacré et consacré par la Loi fondamentale au même titre que la liberté syndicale ou le droit à la grève. Toutefois la plupart des quartiers de la capitale étaient calmes même si grévistes et non grévistes s’y côtoyaient.
Il est fortement recommandé que ceux qui déclenchent les grèves fassent précéder leur action par des séances d’éducation ou de sensibilisation des uns et des autres pour que soient évités désormais ces cas regrettables. A noter que ni la radio, ni la télévision d’Etat n’ont pipé mot de cette grève.
Dany Curtis
JMJNewsroom, partenaire de NLSGuinee
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