mardi 01 avril 2008
M . Aguibou Diallo, âgé de 50 ans, malvoyant de son état et domicilié au quartier Koloma 2 dans la Commune de Ratoma en haute banlieue de Conakry avait été brièvement intercepté par un policier en uniforme. Le Policier qui était à sa recherche l’avait croisé vers 17 heures au carrefour de Bomboli où Aguibou s’était rendu pour l’achet d’un cadenas au compte de la mosquée du quartier.
Le policier, qui n’avait pas décliné son identité, lui avait annoncé brusquement qu’il savait belle et bien que c’était lui « le jeune frère du journaliste Amadou Sadio Diallo qui avait été arrêté ici il y a quelques temps mais qui est actuellement en fuite ».
Le sieur Aguibou Diallo reconnu que son frère répondait à ce nom et que ce dernier avait eu des problèmes qui l’avaient forcé à quitter Conakry. L’agent de police lui demanda si son frère se trouvait. Le frère du journaliste en fuite dit ne pas connaître où son frère se trouvait et qu’il n’avait pas de contact avec lui.
N’ayant obtenu les réponses qu’il voulait et à bout de souffle, l’homme en uniforme décida d’inviter son interlocuteur à le suivre au poste de Police. C’est alors que le policier s’aperçoit que M. Aguibou Diallo était un malvoyant avec une sérieuse carence de vision. L’Agent de Police après avoir proféré des menaces, jura qu’il l’aurait embarqué s’il n’était pas « un handicapé ».
Né non-voyant en 1958 à Dabola, Aguibou Diallo avait subi des opérations chirurgicales réussies deux ans plus tard à l’Hôpital Baley (Ignace Deen) de Conakry. Il n’a pas pu continuer ses études suite à la détérioration progressive de sa vision.
Son grand frère, Amadou Sadio Diallo, est le fondateur et directeur de publication du journal en ligne Les Ondes de Guinée. Avant son départ de la Guinée en décembre 2005, il avait été victime d’une agression violente par des inconnus armés au quartier Koloma 2 où il a été laissé pour mort sur un tas d’ordures. Ses agresseurs l’accusaient d’avoir publié des articles de presse injurieux à l’égard du chef de l’Etat guinéen et de l’armée.
En juin 2006 certains attribuaient l’incendie qui a ravagé 45 cases dans le village de des oncles maternelles du journaliste à une répression perpétrée par des individus inconnus qui s’y trouvaient la veille.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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