lundi 31 mars 2008
Décidément, s’il y a un fléau qui est entrain de gagner du terrain aujourd’hui sans qu’on ne s’en aperçoive, c’est bien celui de la recrudescence des enfants végétant dans l’extrême pauvreté et qui se nourrissent dans des poubelles à travers la ville de Conakry.
Ces enfants, la plupart sans espoir aucun sont obligés de se battre par mille manières pour subvenir à leurs besoins primaires. Pour de nombreux cas ces jeunes enfants sont issus des familles pauvres, exclus de la société ou de l’éclatement de la famille. A cela il faut ajouter des enfants qui ont été confiés à des familles tierces ou des maîtres coraniques et qui les exploitent sans état d’âme.
De toute évidence face à cette situation les enfants finissent par se tourner vers la chemin de la facilité qui se trouve être la rue pour vivre selon la loi de la nature. Une fois là, ils sont laissés pour compte et vivent le sort des plus malheureux au vu et au su de tout le monde.
Ainsi, ils passent les nuits à la belle étoile, sous les vérandas des magasins, des boutiques, sur des tables des marchés publics, sous les gros fromagers, dans les gares routières où ils dorment nus, avec comme couverture des cartons. Chaque jour que Dieu fait, ces enfants sont obligés des passer par des poubelles pour se nourrir. Et il n’est pas rare de voir des enfants se battre pour des restes de nourriture jetés à la poubelle. De surcroît, l’on observe quelques fois ces enfants qui se tirent des restes des plats de riz ou des morceaux de pain avec des chiens ou des fous. Pour s’en convaincre de la réalité du phénomène il suffit de se promener dans les rues de Conakry et même dans certaines grandes villes de l’intérieur du pays. Ce phénomène qui est qualifié par les sociologues comme étant un fléau social a finit par aggraver le grand banditisme et la délinquance dans les cités.
Que faut-il faire pour stopper l’évolution de ce phénomène ?
Voici l’avis d’un sociologue spécialisé en éducation et la prise en charge de la petite enfance. « A mon avis, si tous les acteurs se donnent la main, nous pouvons résoudre l’équation malheureuse du phénomène des enfants de la rue. Pour ce faire, on peu par exemple recenser tous les enfants de la rue, les réunir dans des centres sociaux spécialisés et appropriés pour les initier à un métier ou les alphabétiser tous. Ce qui va s’accompagner d’une éducation civique et citoyenne de rigueur. C’est seulement à ce prix qu’on arrivera un jour à faire de nos enfants abandonnés des véritables citoyens mûrs et aptes à participer au développement socioéconomique du pays. »
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : lansanaminata@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com