Présidentielle au Liberia : Johnson Sirleaf remporte la présidentielle, recours de Weah à l'examen
15 novembre 2005
Ellen Johnson Sirleaf a remporté le second tour de la présidentielle libérienne avec 59,4%, mais ne pourra être proclamée première femme chef d'Etat d'un pays africain qu'une fois examinés les recours de son adversaire, l'ex-star du football George Weah, a annoncé mardi la Commission électorale.
La présidente de la Commission Electorale Nationale (NEC), Frances Johnson Morris, a présenté les résultats portant sur 100% des suffrages, lors d'une conférence de presse à Monrovia.
Confirmant les résultats déjà diffusés, cette totalisation donne 59,4% à l'ancienne économiste de la Banque mondiale, contre 40,6% à Weah. La participation a atteint 61% lors du scrutin tenu le 8 novembre.
Weah était arrivé en tête du premier tour, qui avait opposé 22 candidats le 11 octobre, avec 28,3%, devant Mme Sirleaf Johnson, deuxième avec 19,8%. La participation avait alors été de 75%.
Le camp de l'ancienne star du ballon rond ayant porté plainte pour fraudes devant la NEC, la présidente de la Commission a pris soin de souligner que la victoire de Mme Sirleaf Johnson ne pourrait être proclamée qu'une fois ces recours examinés. Une première audience est prévue mercredi, selon la NEC.
"Les membres de la commission devront attendre les résultats définitifs avant d'annoncer le vainqueur. Le vote doit être confirmé légalement d'ici le 23 novembre, et nous annoncerons alors le résultat final", a déclaré Mme Johnson Morris.
La rivale de Weah s'est d'ailleurs bien gardé de crier victoire, mais avait, dès vendredi, tendu la main en déclarant: "J'espère qu'il (Weah) surmontera sa déception pour que nous puissions oeuvrer ensemble pour le bien du pays".
L'ancien "Ballon d'Or" et meilleur joueur de la FIFA devait détailler mardi après-midi devant la presse ses accusations de fraude, selon son entourage.
Ses partisans, dont de nombreux jeunes anciens combattants de la guerre civile qui a ravagé le pays pendant 14 ans (1989-2003), ont déjà manifesté à plusieurs reprises à Monrovia, suscitant des craintes de violences. Lundi (bien lundi) environ 1.500 d'entre eux ont porté sans incidents une motion à l'ambassade des Etats-Unis.
La sécurité à été renforcée à Monrovia, où les Casques bleus de la mission des Nations unies (MINUL), une des plus importantes au monde, sont déployés en force, notamment avec des blindés.
Le ministre de la Justice libérien, Kabineh Ja'neh, qui devait rencontrer mardi le patron de la MINUL, Alan Doss, a déclaré à l'AFP avant cette rencontre que le gouvernement prendrait des "mesures appropriées" en cas de troubles.
Suite aux contestations du camp Weah, la pression internationale, émanant en particulier du continent africain et de l'Onu, s'est faite de plus en plus pressante pour que l'ex-star du football reconnaisse sa défaite.
Dimanche, plusieurs "poids-lourds" africains, notamment les présidents nigérian Olusegun Obasanjo, qui préside l'Union africaine, sud-africain Thabo Mbeki, ainsi que le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, avaient qualifié dans une déclaration commune le scrutin de "pacifique, transparent, libre et juste".
Ils ont également appelé les perdants à "utiliser les moyens légaux et constitutionnels pour faire part de leurs doléances".
Le Conseil de Sécurité de l'ONU a pour sa part assuré que ces "élections libres et équitables" représentaient "un grand pas en avant" dans la normalisation du pays.
Mais les diplomates sur place soulignent également que le processus électoral doit offrir des garanties de transparence pour assurer la stabilité.
"La communauté internationale souhaite que ceci soit véritablement une élection démocratique et ne veut pas d'un échec (...) et nous prenons donc ces plaintes (du camp Weah) très au sérieux" a déclaré mardi à l'AFP Geoffrey Rudd, chargé d'affaires de l'Union Européenne à Monrovia.
Source : AFP
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