mardi 25 mars 2008
ASSOCIATION GUINEENNE DES VICTIMES
DU CAMP BOIRO
BP : 3020 - CONAKRY
Conakry, le 12 Mars 2008
L’Association Guinéenne des Victimes du Camp Boiro (AGVCB) prend acte des manigances de certains esprits machiavéliques qui ont entreprit avec malignité une œuvre de destruction du tissu social de ce pays.
L’AGVCB prend à témoin l’opinion nationale et internationale des conséquences qui pourraient résulter de l’activisme de l’association ASNAVIE sous la houlette de l’épouse du Premier Ministre, qui pour ce faire utilise des fonds dont l’origine reste à être rendue publique. Mr Lansana Kouyaté par son attitude se rend solidaire du dessein inavoué poursuivi par son épouse. Ce faisant, il en devient la caution morale.
Pourtant, les circonstances très dramatiques vécues par le peuple de Guinée, en début 2007 et qui ont conduit à sa nomination, devraient l’amener, à plus de neutralité. A notre sens, plus que tous ces prédécesseurs, Mr Lansana Kouyaté devrait ménager les sensibilités des populations de notre cher pays, la Guinée. Il devrait plutôt s’atteler à l’exécution de sa lettre de mission, issue de négociations consensuelles, de la volonté de la majorité des guinéens.
En tant que légalistes, nous nous adressons solennellement aux plus hautes autorités de ce pays pour attirer leur attention sur les violations suivantes :
1ère violation
La loi L/2005/013/AN dispose en son art. 4 que « Les associations se constituent librement sans discrimination. Elles sont apolitiques et ne peuvent s’affilier à un parti politique ».
Cette disposition cardinale régit toutes les associations.
Or, nous savons que l’éléphant a symbolisé, pendant les 26 ans de dictature sanglante le PDG, « Parti-Etat » et son chef, Sékou Touré. L’éléphant avait été alors même imposé dans les armoiries de la Première République. Tout ceci dans un pays laïc et fortement dominé à au moins 90% par des religions, qui condamnent l’idolâtrie.
Aussi, en érigeant sur une place publique le symbole du PDG qui ne détient, de surcroît, aucune légitimité particulière, vu le nombre de députés (2) qui siègent en son nom à l’Assemblée nationale, ASNAVIE se découvre dans sa démarche politique.
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) n’aura été qu’un alibi comme le confirme le rajout tardif d’un ballon de football disproportionné au pied de la statue syli.
Le choix de l’emplacement n’est pas innocent non plus. Les cases de la Bellevue sont des bâtiments de souveraineté qui abritent des hôtes d’Etat, une façon de dire : « Le 3 avril l’armée a mis fin aux atrocités de l’éléphant, aux massacres inhumains du PDG, alors le revoilà, bien décidé à reprendre le pouvoir ».
De façon sournoise, ASNAVIE fait l’apologie de ce parti au détriment des autres formations politiques qui ont aussi pourtant des symboles.
Alors que même le Parti au pouvoir (le PUP) n’a pas abusé de sa position dominante pour imposer son symbole à la nation.
Le 1er Ministre lui, n’en a cure, à preuve, il s’est écrié avec dédain « …n’en déplaisent à certains… » Lors de son discours de l’inauguration précipitée, de cette monstrueuse statue.
L’appel lancé par le Premier Ministre à la jeunesse de Dixinn et de Bellevue lors de l’inauguration de la statue syli, illustre parfaitement une volonté de destruction du tissu social. En faisant un calcul perfide visant à faire s’affronter les victimes du Camp Boiro et la jeunesse enthousiasmée par le football. Diviser pour mieux régner en manipulant la jeunesse de Guinée et en ne lui permettant pas de comprendre le sens d’une réaction de la part de l’Association des Victimes du Camp Boiro. Or, à aucun moment, les allocutions prononcées lors de l’inauguration n’ont fait allusion au football ou à la gloire de notre équipe nationale. Au contraire, en cette même occasion, un fieffé « Pédégiste », tout de blanc vêtu, opportuniste d’hier et d’aujourd’hui et thuriféraire de tous les régimes, avait exprimé toute sa nostalgie et sa satisfaction de ce retour de l’ère du PDG.
2ème violation
Le Conseil de ville et le Gouverneur constituent respectivement les organes délibérant et exécutif de la gestion des espaces publics.
Le Gouverneur est au fait de leur réglementation. Cette dernière ne doit pas se faire ni au détriment des intérêts moraux, ni contre la vérité historique. Pour disposer de ces espaces publics, il faut une large consultation préalable. Après délibération, la décision se prend à une majorité des 2/3.
Les procès verbaux devront en faire foi. Aucun texte n’ayant été rendu public dans ce sens, la question est de savoir si ASNAVIE a observé toute la procédure y afférent. On a simplement vu surgir une statue au mépris de toutes les règles du code urbanistique et en parfaite violation des autorisations administratives du département techniquement compétent.
En réalité, cette association, l’une des dernières née, s’est accaparée par cet acte, de toute la légitimité Républicaine.
Cette posture d’ASNAVIE en dit long sur la suite réservée à ce fameux programme du cinquantenaire, alors que la réalité des charniers est encore plus rebelle pour prétendre la remiser au grenier de l’oubli.
3 ème violation
Le principe du multipartisme et la pluralité qui y est associée sont violés par le choix discriminatoire du symbole d’un parti politique au détriment des autres formations politiques dont les symboles se valent.
Par ailleurs, il y a aussi une absolue cacophonie entre les prises de position unilatérales de Monsieur Ibrahima Mongo Diallo, Président de la Commission Nationale du Cinquantenaire et la sous-commission techniquement compétente pour concevoir des édifices et d’en proposer les noms de baptême.
4ème violation
Même le Président de la République doit, dans certains cas, passer par le Conseil de Ville pour des actions de souveraineté. L’utilisation des espaces publics en vue d’une codification est régie par la loi. Le but étant de favoriser le consensus pour resserrer le tissu social. La construction d’un édifice public est régie par une réglementation et non par une démarche privée.
Considérant tout ce qui précède et étant donné la provocation manifeste, d’ASNAVIE, nous avons pris la décision de faire, une marche de protestation le 26 mars 2008. Cette marche se veut une protestation publique et pacifique, suite aux dérives dangereuses de l’association de Mme l’épouse du 1er ministre, qui s’éloigne de sa vocation initiale, d’assainissement et de protection de l’environnement. ASNAVIE s’immisce à ses risques et périls sur le terrain de l’adversité politique, qu’elle a ainsi annoncée, par la pose de cette statue syli.
Nous avons également pris la décision d’examiner les voies et moyens légaux à notre disposition pour obtenir le retrait de cette insulte à la mémoire de nos disparus et situer les responsabilités pour que Plus Jamais çà.
ASSOCIATION GUINEENNE DES VICTIMES
DU CAMP BOIRO
BP : 3020 - CONAKRY
Transmis par Mme Mata Thiam
Pour www.nlsguinee.com