lundi 24 mars 2008
Je pose cette question à toute la Guinée ! je la pose parce que monsieur le Premier Lansana Kouyaté et son ministre de l’intérieur viennent d’expulser une citoyenne guinéenne, une sœur répondant au nom de madame Chantal COLE, pour seul motif d’avoir émis son avis sur la gestion de son pays. Cela a été vite perçu par le ministre de l’intérieur comme un délit, un crime contre la personne du PM élu à la tête du gouvernement au suffrage syndicaliste.
L’infortunée ! même si je ne la connais pas personnellement, et je ne l’ai jamais rencontré, il est du devoir de tout esprit libre et responsable, de lutter contre chaque premier mauvais exemple dans la vie d’une nation. Je souhaite aussi que cette nation en devenir ne soit celle d’un « Bamba-Toumani » où il sera interdit de poser la question au Chef. Car :
« Un seul mauvais exemple, une fois donné, est capable de corrompre toute une nation, et l’habitude devient une tyrannie » Voltaire
Si cette décision absurde passe, ce sera une porte ouverte au totalitarisme en Guinée. En écrivant mon article, j’attends aussi mon expulsion vers mon village natal KOLON (Boffa). Je dis cela car, contrairement à celle que je souhaite désormais appeler « la Sœur COLE », je bénéficierai d’une circonstance atténuante d’être un indigène de la Basse-cote et pas un métisse franco-guinéen, Je resterai donc consigner dans village pour critique sur la décision du Chef.
L’injustice qui s’applique à madame COLE peut désormais frapper tout guinéen qui, par inconscience se hasarderait à émettre des critiques sur la gouvernance du Saint Pierre. Cela fait-il parti des accords tripartites ( nouvelle constitution guinéenne ) du syndicat de la primature ? A chacune de répondre.
Qu’avons-nous fait de la déontologie du changement, à savoir la transparence, la responsabilité et la probité ? Je n’en ai aucune réponse !
Où sont nos hommes de droit ? Nos Institutions Républicaines, notre ministre de la justice ?
Qu’en pensent-ils de cette décision administrative d’expulsion dont une citoyenne guinéenne est victime ?
Qu’en pensent l’honorables Aboubacar SOMPARE et maître Lamine SIDIME respectivement Président de l’assemblé nationale et Président de la Cours Suprême?
Doivent-ils attendre que le Président de la République intervienne en personne dans cette affaire sordide ? Ce sera gravissime pour notre démocratie. Nous attendons plus au PM, le résultat de l’audit et les sanctions sévères contre les responsables incriminés, une première réponse à la « Sœur COLE », et la présentation mensuelle et détaillée de l’actif et le passif de l’Etat pour se dédouaner définitivement aux « accusations ».
Je pose ces questions à ces symboles de la République, ils doivent réagir avec fermeté pour marquer leur désapprobation, face l’attitude belliqueuse d’un PM et son ministre, ce sera la preuve de la vivacité de notre démocratie, mais aussi preuve que ces symboles défendent les principes de droit et des libertés Républicaines dans notre pays.
«Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs » Voltaire
Je ne viens pas ici pour juger madame Chantal COLE de ce qu’elle est ou de ce qu’elle eut été, ceux-ci ne m’intéressent pas. c’est la décision administrative dont elle est victime qui me paraît contraire à la loi et à la constitution guinéenne.
Le Président de la République qui est garant de la constitution guinéenne, lui fait régulièrement l’objet des critiques passionnées voir injurieuses, de clips vidéos avec paroles très dures sur les sites, et cela en toute liberté. Il n’a jamais inquiété les auteurs car, il sait mieux que personne que les dérapages, les excès et les passions font parti du décore de l’apprentissage de la démocratie. Dans ces conditions, notre pays doit obligatoirement passer par-là pour devenir une « nation civilisée »
Face au silence de nos institutions Républicaines, situation incompréhensible pour moi, je demande solennellement au Président de la République, d’ordonner au PM et par voie hiérarchique, son ministre de l’intérieur, de revenir avec raison sur le droit qui fonde notre République dans lequel, il n’est jamais fait mention « qu’un citoyen est expulsable » dans son pays.
Vive le peuple de Guinée !
Vive la République ! Merci !
Paris, le 23 mars 2008.
Par Lansana Bangoura
Courriel : lansanabang@yahoo.fr
De www.nlsguinee.com