Guinée : en attendant
13 novembre 2005
Depuis plusieurs jours, semaines, mois et années les guinéens sont
comme on le dit sur leur oreille en quête de ce qui leur paraîtra en
ces temps de misères indescriptibles comme la nouvelle tant attendue.
Cette nouvelle est d'autant plus attendue que toute autre nouvelle en
ce qui concerne le décollage socio-économique et culturel du pays, la
réconciliation de la Guinée avec elle-même, le prestige, la fierté,
l'amour et l'honneur retrouvés passent par cette nouvelle et l'avenir
du pays en dépend. C'est l'annonce de la fin de Conté et de son
régime.
En attendant le jour ''J'' de l'annonce de cette nouvelle, les
guinéens doivent se mobiliser comme un seul homme pour parer à toute
éventualité de dérapage de la part des LOUBARDS du régime de Conté.
C'est maintenant qu'il faut soumettre au peuple les grandes lignes de
la politique que chaque parti politique compte adopter pour une plus
large éducation du peuple aux avantages de la démocratie dans notre
pays.
C'est maintenant qu'il faut taire les velléités, les querelles
mesquines et égoïstes entre nos leaders qui ne savent même plus qu'est
ce qui est leur cible.
La longévité de Conté au pouvoir a complètement déphasé nos leaders du
FRAD qui aujourd'hui soyons francs sont à bout de souffle.
Le seul fait pour le FRAD de participer à cette CONTELECTION qu'ils
disent connaître l'issue avant la proclamation des résultats est une
faute grave. On ne participe pas à une élection dont l'issue est
dorénavant connue et cela pour tout simplement faire plaisir aux
bailleurs de fond.
Conté ou du moins les barons du PUP s'en fichent pas du tout, que
l'opposition rafle tout, leur objectif se remplir les poches
parce qu'ils savent que leur patron Conté s'il veut, il peut destituer
tous ces élus pour les faire remplacer par ses hommes.
Ce pouvoir vomit par les guinéens ne misait que sur ces CONTELECTIONS
pour tester le FRAD et se réhabiliter aux yeux de l'opinion nationale
et internationale. Le FRAD est tombé dans le piège, dommage pour le
peuple guinéen qui se voit orphelin et abandonné dans sa lutte par
ceux qu'il avait choisi comme ses leaders.
Déjà sachons que Conté de son vivant a tout mis en place pour qu'après
lui, qu'il ait confusion, dérapage bref toute sorte de désordre aux
conséquences incalculables par les éléments préparés pour cette sale
besogne par son pouvoir moribond.
En attendant le jour ''J'' de l'annonce de cette nouvelle libératrice,
les guinéens doivent tirer les leçons des événements précédents à
savoir que c'est dans la douleur qu'on médite et c'est dans l'euphorie
qu'on prépare les mauvais jours, et ainsi après la douleur c'est la
joie et après la joie c'est la douleur ainsi va la vie.
Mais est t-il que nous devrions être vigilants, conséquents et
pragmatiques. Ne retombons plus dans les erreurs du passé. A cause de
notre égoïsme, notre soumission et notre suivisme exagéré, nous sommes
incapables de soigner le mal qu'on s'est nous-mêmes crée.
Aujourd'hui le guinéen est anxieux, il est incertain sur l'avenir du
pays nous ne faisons que supposer mais rien n'est sûr
A cause de l'incompétence et de la mauvaise gestion du pays par Conté
et sa clique, la Guinée risque d'avoir des moments difficiles après la
disparition du dictateur
Avec des institutions illégales, la guerre de succession qui a déjà
commencé risque d'être âpre et sans merci.
Et c'est là que nous verrons nos hommes en tenue encore une fois de
plus intervenir.
Savons nous que chaque jour qui passe est un jour d'enfer pour le
peuple de Guinée, et plus grave il désespère davantage et voit
l'avenir pas du tout radieux.
La jeunesse qui est l'avenir du pays est sans emploi, à cause de notre
irresponsabilité à nous dresser contre le mal, le mal à fini par nous
responsabiliser par sa puissance de corruption, de division et de
terreur qu'on n'a pas voulu combattre dès les premiers jours.
Aujourd'hui le guinéen s'est rendu compte qu'il ne peut compter que
sur lui-même, il sait plus que jamais que son armée n'agit que lorsque
le tenant du pouvoir n'y est plus.
Aujourd'hui plus que jamais les guinéens souffrent, et ils ont trop
souffert leur souffrance n'a plus de nom. Ils sont désespérés et leur
désespoir a atteint son paroxysme.
Connaissant tout ce cortège de malheurs qui nous a été imposé par une
élite apatride, le guinéen ne voit la fin de ses malheurs que dans la
disparition de Conté et de son système.
En attendant l'annonce de la fin du régime de Conté, la Guinée est
bloquée, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, elle est abandonnée.
Le peuple a perdu espoir en tout:
1 - Armée pour n'avoir pas jouer son rôle conséquemment dans les
événements des 2 et 3 février 1996 en mettant fin une fois pour toutes
à ce régime rétrograde.
2 - Institutions: pour n'avoir pas prit ses responsabilités quand le
président est dans l'incapacité physique et mentale de diriger.
D'ailleurs elles sont toutes inconstitutionnelles et illégales.
3 - Opposition: pour s'être livrée à des querelles personnelles et inutiles
Ne nous faites pas croire que Conté est capable de diriger, tout le
monde sait que depuis belle lurette l'homme est inconscient de ses
actes.
Seulement pour la sauvegarde de leur intérêt égoïste, un petit groupe
d'homme immoral impose au peuple guinéen cet homme fini par la
maladie.
Pourquoi sommes-nous aussi cruels et égoïstes entre nous?.
Nous devons toujours placer les intérêts supérieurs de la Guinée avant
tout. Nous n'arriverons jamais à détrôner le dictateur tant que nous
ne nous aimons pas, tant que nous ne prenons pas conscience de notre
devoir et droit.
Même après Conté, si nous ne nous aimons pas, nous ne nous faisons pas
confiance nous ne réussirons jamais à relever les nombreux défis dont
nous faisons face, si nous aimons la Guinée, on se pardonnera, on se
mettra au dessus de nos différences pour qu'ensemble nous construisons
une Guinée nouvelle.
Une analyse de M. Mohamed ''Joe'' Sidibé
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