mardi 18 mars 2008
La date du 31 mars 2008 a finalement de fortes chances d'être un jour du
calendrier comme les autres bien qu'étant la fin de "l'ultimatum" lancé par
les syndicalistes pour que l'Exécutif Constitutionnel se conforme à leurs
volontés.
Malheureusement, les forces du changement semblent ne toujours pas avoir
compris que la source de leur problème est leur association à cet "Exécutif
ad hoc"dont le chef, Mr Lansiné Kouyaté, a perdu toute crédibilité ; pire,
il est certainement le principal obstacle au progrès du processus entamé.
Accusé Conté n'est pas objectif car il ne fait que jouer sa partition comme
tout bon politique l'aurait dans la même situation.
En effet, les syndicalistes n'ont pas su se mettre au dessus de la mêlée et
se comporter en arbitre garant des accords dits tripartites. Ils ont, à
tort, pensé qu'en créant une alliance objective avec ce gouvernement dit de
"consensus" et Kouyaté, ils se procuraient les moyens et la pression
nécessaires pour faire plier notre Général.
Erreur de jugement fatal au succès de la mission car leur partenaire, le PM,
avait des desseins inavoués divergents par rapport à l'intérêt de la
majorité des Guinéens.
Que nous l'acceptions ou non, Lansana Conté est au moins constant et
cohérent dans son attitude et comportement depuis 24 ans: Dieu (autrement
dit : les Guinéens) lui a donné le Pouvoir, seul Dieu doit le lui reprendre.
Il fait ce qu'il faut pour le garder.
A notre corps défendant, c'est politiquement de bonne guerre ; reconnaissons
le !
Les syndicats de par leur comportement partisan rendent leur défense
difficile lorsque l'Honorable J. M .Doré et le Doyen Ba Mamadou disent
qu'ils ne peuvent se prévaloir de représenter le Peuple mais seulement les
travailleurs : ce qui n'était pas juste il y a un an mais aujourd'hui ils
ont désormais des arguments pertinents pour le dire.
Ceci dit, quelle fut notre surprise de lire que pour contrer la hausse du
prix du pétrole (essence), l'une des mesures envisagées était l'augmentation
des salaires!
Je ne suis pas économiste mais je sais que dans une atmosphère
inflationniste, cette mesure ne fera que nourrir encore mieux l'inflation :
augmenter le pouvoir d'achat va déplacer le point d'équilibre de l'offre et
de la demande dans le sens de prix (déjà ascendant) plus élevés.
Par contre, nous savons tous que le problème de la Guinée se situe au niveau
des "fondamentaux", autrement résumé en deux mots : la mal gouvernance.
Et la réponse de La Palisse serait : il faut imposer la bonne gouvernance !
Le seul et unique remède passe par des décisions douloureuses sur le plan
social et la remise en cause de tout le système et la manière dont le Pays a
été gouverné jusqu'à présent.
Finalement 2007 aura été pour la Guinée une année "blanche" (comme cela
arrive dans le milieu universitaire) malgré tous ces morts –martyrs- pour
que nous puissions vivre mieux et toutes les professions de foi que ce
sacrifice ne serait pas vain. Nous avons entamé 2008 sous le signe de la
division comme jamais auparavant et un désarroi général : la population
avait, en pis-aller, reposé tous ses espoirs en ces accords tripartites et
sur des syndicats et une Société Civile sensés s'assurer de leur application
intégrale.
Malheureusement, ces derniers semblent, pour certains, plus soucieux de
défendre leurs intérêts personnels que de respecter les promesses faites aux
Guinéens. Ils se sont substitués aux leaders politiques dans l'espoir
qu'ils feraient mieux mais, hélas, le pouvoir de l'argent les a apparemment
perdus.
Maintenant que faire ?
Une des solutions, comme l'a suggéré un internaute, aurait été que nous
fassions appel à l'ancien Président de l'Assemblée le Vieux Biro (vraiment
honorable) qui aurait fait le travail que nous attendons de lui ; si le
schéma de sortie de crise actuel était maintenu : un gouvernement de
consensus ou mieux, un d'union national.
Mais malheureusement même si son état physique le lui permettait, à moins
que notre Général ne soit contraint, je crains qu'il ne mette son veto à
toute nomination de l'Honorable Biro.
Ceci dit, la situation socio-politique à Conakry est si tendue et confuse
qu'il est très difficile de prédire un scénario de résolution et sortie de
crise : une partie des étudiants en grève, des enseignants payés en retard,
une augmentation de 450 % (de FG 18 à +/- FG 81) du prix du sac de riz pour
les militaires et surtout la population déçue des syndicats et la Société
civil du fait de leur attitude sibylline ; ou tout au moins équivoque par
rapport à un apparent support *inconditionnel* au PM, à ne pas confondre
avec le Gouvernement (on peut soutenir ce dernier tout en se distançant de
Lanciné Kouyaté ; vu que nous avons deux entités différentes en terme
d'intérêts).
Nous ne savons plus à quel saint se vouer !
Vu la gravité de la situation, il serait donc sage d'éviter toute
spéculation et jugement hâtif sur ce qui pourrait ou non arriver
maintenant.
*La Guinée** est en quasi situation de banqueroute politique et financière*.
Espérons seulement que la raison l'emportera sur la passion et l'intérêt
supérieur du Pays sera au cœur de toute décision !
Que Dieu sauve le Pays !
Par Ibrahima Diallo "Ollaid", UK
Pour www.nlsguinee.com