Liberia : Elections : le parti de George Weah demande un nouveau scrutin au Liberia
12 novembre 2005
Le Congrès pour le changement démocratique (CDC) du candidat à la présidentielle libérienne George Weah a demandé qu'un nouveau scrutin soit organisé, qualifiant d'inéquitable le second tour disputé cette semaine.
Après dépouillement des bulletins dans 97% des bureaux de vote, l'ex-ministre des Finances Ellen Johnson-Sirleaf est créditée de 59,4% des suffrages, une avance décisive. Mais l'ancien attaquant du Milan AC a dénoncé le scrutin de mardi.
"Le processus n'a pas été équitable. Il y a une différence entre des élections libres et des élections équitables", a déclaré à Reuters Milton Teahjay, conseiller politique de Weah et du CDC. "Nous demandons l'organisation d'un nouveau scrutin."
Le CDC estime que l'élection a été entachée de graves irrégularités, alors que les observateurs internationaux qui ont suivi le processus l'ont jugé acceptable.
Le président de la commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, ancien président du Mali, a appelé samedi dans un communiqué les candidats à accepter l'issue de l'élection présidentielle, expression, selon lui, de la volonté du peuple libérien.
MISE EN GARDE DE LA MINUL
Le CDC a demandé à la Cour suprême d'ordonner l'arrêt du dépouillement, qui touche à sa fin, mais cette juridiction a fait savoir aux partisans de Weah qu'elle ne pourrait se saisir de la plainte avant qu'elle n'ait été examinée par la Commission électorale nationale.
Le gouvernement de transition mis en place il y a deux ans au Liberia pour mettre un terme à 14 années de guerre civile a exhorté Weah et le CDC à rétablir le calme après les violences de vendredi.
Des partisans de l'ancien footballeur ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre et des policiers de l'Onu ont dispersé à coups de matraques et de gaz lacrymogènes plusieurs centaines de personnes qui manifestait devant l'ambassade des Etats-Unis à Monrovia. Le calme semble être revenu depuis dans la capitale libérienne.
"Le gouvernement estime que de tels désordres constituent une violation grave de la loi et sont donc totalement inacceptables", ont déclaré les autorités dans un communiqué.
Weah lui-même a lancé un appel au calme sur plusieurs radios et demandé à ses partisans de rentrer chez eux, a déclaré à Reuters le chef de la campagne du CDC, Jacob Kabakole.
Par ailleurs Alan Doss, qui dirige la Mission des Nations unies au Liberia (Minul), forte de 15.000 hommes, s'est entretenu avec Weah au sujet des violences de vendredi, a annoncé la Minul dans un communiqué.
"La Minul répète qu'elle réagira fermement et de manière décisive à toute tentative, d'où qu'elle émane, pour recourir à la violence en vue de faire dérailler le processus électoral ou mettre en danger la paix et l'ordre public."
Source : Reuters
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