mardi 04 mars 2008
Monsieur Tibou Kamara, nouveau président du Conseil national de la Communication (CNC), a été installé ce mardi 04 mars 2008 dans sa nouvelle fonction de Président du (CNC)
Voici l'intégralité de son discours
Monsieur le conseiller du chef de l’Etat chargé des relations avec les institutions,
Messieurs les membres du conseil national de la communication,
Mesdames et messieurs les invités,
Je voudrais naturellement commencer par exprimer ma profonde gratitude à son excellence le général Lansana Conté, chef de l’Etat, président de la République pour l’inestimable confiance dont je bénéficie aujourd’hui de sa part. Une confiance que je voudrais humblement partager avec ma génération que le président honore à travers ma modeste personne. Pour la jeunesse guinéenne à laquelle le mandat actuel du général Lansana Conté est dédié, s’ouvrent des perspectives prometteuses et encourageantes, ce à un moment où beaucoup d’entre nous appréhendent l’avenir et perdent confiance en eux-mêmes. Justement, l’un des défis de ma nomination à la tête du Conseil national de la Communication est de montrer et démontrer que la jeunesse n’est pas un vice, un handicap, elle est plutôt le meilleur atout dont dispose notre pays dans sa quête d’un grand destin.
Je voudrais aussi rendre hommage à mes illustres prédécesseurs pour l’oeuvre accomplie et dont je souhaite être le digne continuateur.
Mesdames et messieurs, je prends fonction comme président du CNC, l’une des institutions de notre pays, à un moment où aussi bien cette institution que l’ensemble de notre société voudrait s’inscrire dans la logique et la dynamique du changement. Celui-ci doit se faire avec chacun et tous et suppose une reconversion des mentalités et en aucun cas ne devrait constituer un prétexte d’exclusion et de discrimination, source de toutes les frustrations et des conflits.
Ici, au CNC, à compter de ce jour, je le souhaite, s’ouvrira une nouvelle page d’histoire. Au-delà de l’effet d’annonce, c’est au fond de moi-même un engagement ferme et solennel, une promesse d’avenir, un gage de responsabilité partagée. Notre institution, en effet, doit subir très rapidement de profondes mutations pour améliorer son image auprès de l’opinion, accroître chaque jour son prestige et sa crédibilité. Pour ce faire, des actes, rien que des actes et seulement des actes forts et significatifs qui marquent des innovations, une rupture.
Mesdames et messieurs,
Je tiens à rassurer ceux qui en douteraient encore que j’ai l'intention durant mon mandat de contribuer à préserver et renforcer les acquis de la liberté de la presse. Tout comme je m’engage devant vous et l’opinion publique à cet instant à défendre et promouvoir les droits inaliénables des journalistes. Bien sûr j ‘aurai une facilité plus grande à le faire si les journalistes eux-mêmes et en toute responsabilité, après le constat peu reluisant qu’ils font de l’exercice de leur métier, parviennent à un sursaut, une prise de conscience individuelle et collective. Ce qui m’amène à aborder un sujet qui tient à coeur à la fois aux journalistes et aux citoyens : l’assainissement de la presse qui, loin de constituer un frein aux libertés ou un alibi à la censure, est une volonté de conquérir plus de liberté : cette liberté si chère et précieuse à nous tous, individuelle et collective est-elle seulement incompatible avec la responsabilité sociale et la conscience professionnelle ?
Pour ma part, je retiens de ma modeste expérience que la liberté de ton de la presse est le signe le plus évident de la vitalité d’une démocratie, tout comme la responsabilité de la part des communicateurs est un gage de stabilité de l’Etat et de la paix sociale. Nul n’ignore le rôle et la place de la presse dans l’éducation morale et intellectuelle des citoyens, leur épanouissement effectif. Les médias, j’en suis convaincu, sont le ferment de la démocratie. Aussi, ne voudrais-je pas être amené durant mon mandat à infliger une sanction à un journal ou à un journaliste. Mais si c’était aussi nécessaire et indispensable à renforcer l’autorité et la crédibilité de la presse, je n’hésiterais pas un seul instant. Le compromis a de tout temps été utile à réduire les tensions entre les hommes et limiter les risques de confrontation, cependant et parfois aussi la fermeté est nécessaire pour parer à la crise d’autorité et les actes de défiance vis-à-vis du pacte social et républicain fondant la vie en communauté. En tout état de cause, je privilégierai dans toutes mes décisions et ma démarche le dialogue, la concertation.
A cet égard, un partenariat sincère et loyal avec toutes les associations de presse me tient particulièrement à coeur dans la mesure où elles peuvent exercer une vigilance et une influence en amont, qui éviteraient en aval au CNC d’agir, de réagir sur la base des lois et textes régissant les médias.
Mesdames et messieurs, chers invités,
Rassurez-vous, aucun journaliste, aucun journal ne pourra être inquiété pour ses idées, ses opinions, des faits révélés dans le cadre du débat public ou du devoir et du droit à l’information. Le Conseil national de la communication, comme l’autorise la loi, s’opposera désormais et sans la moindre complaisance à tous les dérives et dérapages qui se sont multipliés et aggravés à cause de l’impunité ambiante. Je veillerai au respect scrupuleux des engagements librement contractés par le biais de cahiers de charges incombant à chaque organe d’information du pays. C’est à ce prix que la presse sera crédible et le journaliste aura une meilleure image. Nous sommes parfaitement conscients que pour créer un type de journaliste responsable et indépendant, il est nécessaire d’améliorer les conditions de vie et de travail dans les différentes rédactions du pays. C’est pourquoi, le CNC est favorable par exemple à une convention collective pour les journalistes, qu’il prendra son bâton de pèlerin pour mobiliser les ressources financières nécessaires au bien-être matériel et moral des professionnels des medias.
Mesdames et messieurs,
Par ailleurs et enfin, le Conseil national de la Communication s’engage à encourager un dialogue entre les différentes institutions de la République d’une part et entre celles-ci et Monsieur le président de la République d’autre part, pour un échange d’idées et de points de vue susceptible d’améliorer la qualité de la gouvernance économique et politique. C’est d’autant nécessaire que le chef de l’Etat soit la clé de voûte de nos institutions, et ces dernières sont l’émanation des uns et des autres l’expression de la volonté populaire, donc légitimement fondées à parler et agir au nom de chacun et de tous. Les institutions de la République doivent jouer pleinement leur rôle et pour ce faire, elles ont besoin de reconnaissance et de respect de la part de toutes les composantes de la nation. C’est le fondement de la République et l’essence de la démocratie.
Vive la République
Vive nos institutions
Vive le CNC
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com