dimanche 02 mars 2008
Cette question reste à jamais d’actualité en Guinée. Et la réponse n’est pas encore pour demain. La salle de conférence du ministère des Mines et de la Géologie a servi de cadre à une rencontre de concertation entre le ministre des mines Ahmed Kanté et les membres de l’inter central des mines et industries de Guinée. C’était le vendredi 29 février derniers au environ de 10 h. La rencontre visait une présentation globale et exhaustive des réalités amères et insupportables qui se passent dans les sociétés minières évoluant en Guinée depuis belle lurette. Pour commencer, le ministre des mines et de la géologie, après avoir rappelé un peu la crise que travers son département par les agissements de certains cadres de son département, a cru devoir laisser la parole au secrétaire exécutif du forum de l’inter centrale. Et à Mamadou Mansaré S/E d’introduire en ces termes : « Monsieur le ministre, nous sommes dans notre série de plaidoyer auprès de tous les décideurs de ce pays, pour comprendre l’enjeu qu’est le secteur minier et industriel guinéen. Nous sommes au nom des travailleurs du secteur minier à planter le vrai décor que nous vivons. Nous sommes les soldats de l’économie guinéenne. Nous avons fait tant de sacrifice et nous continuons à faire tant de sacrifice que nous ne pouvons plus accepter que notre pauvre économie continue a supporter l’économie des grandes puissances ».
Dans le souci de canaliser les débats et pour une bonne compréhension des points abordés, le S/E du Forum de l’inter central des Mines et Industries de Guinée a axé son intervention sur sept points essentiels. Il s’agit : du relèvement de l’âge de la retraite, de la situation des sociétés minières. A ce niveau le S/E a abordé le problème épineux de la sous traitance qui constitue une violation flagrante des textes en la matière, la précarité de l’emploi jeune dans les industries, la fraude fiscale et le refus d’immatriculation à la CNSS des travailleurs des sociétés. Ensuite il soulignera aussi le problème de guinéannisation des postes de responsabilité. Pour Mamadou Mansaré, les guinéens ont toujours été marginalisés et ségrégués dans les sociétés minières : « Tous les postes de haut cadres ne sont plus oocystes par les guinéens » dira –t-il. Autres thèmes débattus, il y a la désafricanisation des postes, la révision des conventions minières, le traitement et les conditions de travail des employés, exploités comme des vrais esclaves selon lui. Pour appuyer son argument, il donnera la preuve suivante : le SMIG, salaire minimum d’un expatrié est de six milles dollars (6.000 $ US), ajouté aux primes et autres avantages. Pendant ce temps, le salaire mini d’un guinéen est moins de 100$.
Parlant des conditions sanitaires des travailleurs et leurs familles, le S/E dira que c’est la désolation totale à ce niveau. Les sociétés minières préfèrent des évacuations qui coûterait cher aux employés au lieu de rénover les centre hospitaliers qui existent à défaut d’en construire des hôpitaux pour une prise en charge a moindre coût. L’exemple qu’il a donné est assez évocateur à ce niveau. Pour le cas de la CBG, cette compagnie dépense chaque année 5 millions de dollars pour faire des évacuations vers les pays limitrophes comme Dakar. Sur ce point, le S/E a fait un plaidoyer au près du ministre des Mines et de la géologie, pour que les sociétés se donnent les mains pour construire deux hôpitaux miniers en Guinée. Pour ce faire, il suffit que chaque société débloque une enveloppe financière de 500 milles dollars pour obtenir un hôpital de référence dans la sous région ouest africaine.
Au terme du réquisitoire du secteur minier guinéen par le S/E du Forum de l’inter central des mines et industrie, il est revenu au ministre des Mines et de la Géologie Ahmed Kanté de s’adresser à l’assemblée présente au nom du gouvernement et à son nom propre. Il a tout d’abord rappelé le rôle de son département dans la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière des Mines et de la Géologie. Pour le ministre, la toute première mesure prise par son département est la gestion efficace du cadastre minier. Il a d’ailleurs signalé que depuis sa prise de fonction, 64 sociétés minières ont perdu 107 permis d’exploration et d’exploitation, étant entendu que la délivrance de ces permis n’avait obéi à aucune règle de procédure, livrés donc à l’époque.
Parlant de la crise que travers son département, le ministre Ahmed Kanté à tenu à apporter des précisions aux différentes délégations des cadres et délégués syndicaux présent dans la salle. : « Je pense que c’est pour nous une occasion de planter le réel décor dans lequel se déroule tout cet activisme. Hier nous avons reçu le forum syndical, par la suite nous avons reçu le syndical du département. Nous avons élargie les contacts à l’ensemble de directeur et sous directeur du département, étant entendu que l’une des prétention de la lettre (une lettre ouverte en date du 14 février adressé au ministre A. Kanté par neuf cadres de son département qui dénonce le comportement du ministre jugée contraire à l’intérêt de l’Etat et du peuple de Guinée ndlr), était que ceci était largement partagé par l’ensemble des cadres et agents du ministère des Mines et de la Géologie ».
Crise au département des Mines et de la Géologie : Les Quatre vérités du ministre A. Kanté
En marge des travaux de concertation avec les membres du forum de l’inter centrale des Mines et Industries de Guinée, le Ministre des Mines et de la Géologie Ahmed Kanté est revenu largement sur la prétention de la lettre et l’ambition cachée des cadres qui veulent toujours garder leurs privilèges auprès des sociétés minières de la places. Il a pour la circonstance dit qu’il y a des cadres de son département qui touche entre 18 et 30 millions de francs guinéens comme primes accordés par des sociétés minières implanté en Guinée. Et ceci depuis plusieurs dizaines d’années. C’est pourquoi dans une interview accordée à un journal de la place, le ministre Ahmed Kanté dira : « Le budget de fonctionnement du département va dans les poche des cadres. Cela n’est pas normal »
Voici donc l’intégralité des propos du ministre sur la lettre ouverte qui lui a été adressée par des cadres de son département : «Nous sommes au troisième millénaires, nous sommes dans un régime démocratique où la liberté d’expression est quelque chose qui doit être respectée. C’est la raison pour laquelle dès notre arrivée au niveau de ce ministère, compte tenu de toutes les informations que nous avons reçues sur le traitement de certains nombres de dossiers qui affecte aujourd’hui gravement l’avenir minier du pays, des cadres nous ont instruits du faite que ces décisions ont été prises contrairement à leurs volontés. Nous avions à l’époque demandée où sont les notes qui indiquent que pour ces cas particuliers vous avez un avis contraire par rapport à cette réalité pesante pour notre économie. Ces preuves nous les attendons toujours. Nous avons alors dit qu’un agent technique a le devoir de traiter l’ensemble des dossiers qui lui sont transmis par son hiérarchie avec des considérations techniques. Il donne son avis et c’est au ministre, le politique de prendre la décision. Mais dans l’un ou dans l’autre des cas, il doit donner son avis en toute indépendance. Et c’est ce que nous essayons de cultiver. Mais je pense que l’esprit de la lettre ne correspond pas à cela. Quand quelque chose ne va pas, l’action doit être constructive et je pense que c’est pour cela que nous sommes là. Il s’agit si c’est le cas d’écrire, ou alors avec le staff rapprochée, s’asseoir, poser le problème pour essayer de trouver les solutions. Surtout que le problème qui y sont posés sont de très loin différents des problèmes réels du secteur minier. Hier j’ai reçu le syndicat du forum qui représente les syndicats des sociétés minières qui opèrent dans notre pays. Et ils m’ont dépeint la réalité. Nous avons cru devoir livrer au public, à la presse pour que personne n’essaye de nous divertir avec des problèmes qui n’ont absolument pas un impact réel sur le développement économique du secteur minier dans notre pays aujourd’hui. Nous reviendrons pour vous donner avec quelques détails, les enjeux du secteur minier, les enjeux au niveau du département des Mines et de la Géologie face à la négociation du tournant décisif dans lequel nous nous trouvons et de la bonne négociation duquel dépendra l’avenir de plusieurs générations de guinéens. Imaginez que vous venez dans un département et que vous vous rendez compte que le budget de fonctionnement va dans la poche des cadres. Dès la première semaine de notre arrivée ici, nous avons dit qu’il n’est pas question que le budget de fonctionnement (que l’on prélève d’ailleurs injustement sur le fonds minier) aille dans les poches des cadres. Il y en avait qui jusqu'à hauteur de 18 millions de francs par mois. Ce n’était pas normal. Nous avons dit alors que le budget doit être ramené au niveau du directeur des affaires administratives et financières. Chacun des services a le loisir de faire un bon de commande, des bons d’achat adressé à la DAAF. Ce n’est pas à un cadre d’aller négocier des factures et de les tendre au ministre pour qu’il les paie. Je pense que c’est des réactions alimentaires. Les gens sont habitués à tirer leurs quotidiens de ce genre d’opération. Il faut dire que la gestion des recettes de l’Etat pose problème. »
Face aux tractations et aux agissements des cadres dont les intérêts ont été touchés par les décisions et mesures rigoureuses du ministre Kanté, ce dernier reste à jamais déterminé d’aller jusqu’ au bout de ses décisions. Le ministre Ahmed Kanté de préciser : « Nous irons jusqu’au bout dans ce processus de changement, que cela plaise ou que cela ne plaise pas à quelqu’un d’autre. Je voudrais rassurer les uns et les autres que les reformes qui sont engagées ne visent pas quelqu’un. Elle ne vise que les intérêts supérieurs de la nation guinéenne. Nous sommes là pour que la Guinée puisse enfin tirer profit de ses ressources naturelles. Pour cela nous allons faire un contrôle sur les dossiers et un contrôle sur le terrain. A partir de là il y aura une société de patrimoine qui va prendre tout cela en charge. Je demande donc à tous les cadres de s’inscrire dans la dynamique du changement. »
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com