lundi 25 février 2008
«A mon avis, on ne naît prostituée, on le devient» dixit une TS anonyme.
Encadrer la pratique de la prostitution en guinée et mieux contrôler la pandémie du SIDA et les autres IST, tel était le thème central débattu récemment lors d’un atelier de 3 jours organisé à Conakry. L’atelier a regroupé les différents acteurs venus de l’AN, les milieux de santé, le CNLS, de la police, des gérants et tenanciers de bars et les représentantes des TS (Travailleuses de Sexes). La rencontre visait a outillé les participants des moyens de lutte contre le sida qui continue de faire’ des ravages dans notre milieux.
Ainsi la pratique de la prostitution selon les organisateurs prend de plus en plus d’ampleur en Guinée. Or la propagation de ce fléaux devrait s’accompagné des mesures sanitaires afin d’éviter des nouveau cas de contamination et d’infection. A l’issu des travaux des recommandations ont été faites pour une plus grande dynamique dans la lutte contre le sida.
Par ailleurs, les enquêtes menées par le CNLS, Comité National de Lutte contre le Sida en 07 révèle que 34% des prostituées sont des séropositives et dans la ville Conakry elle seule atteint le taux de 47 %. De nos jours tous les quartiers ou toutes les communes urbaines de Conakry renferme des bars servant de maison de passe. Un milieu où les prostituées et leurs clients se rencontrent chaque jour de 18h à 6h du matin.
De même les villes de l’intérieur du pays connaissance aussi la recrudescence du phénomène de prostitutions. Interrogées certaines filles se livrant au plus vieux métier du monde ne cachent pas leur gêne par rapport à la pratique du métier. Elles affirment toutes s’être lancées dedans par le besoin de la nécessité : « Ecoutez, on ne naît pas prostituées, mais on le devient. Mois je issu d’une famille digne mais trop pauvre. Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école ou de faire un métier très tôt. C’est pourquoi, par effet d’entraînement, j’ai été récupéré par des amies qui pratiquent déjà la prostitution. Et voilà que je suis dedans. Mais je sais que je m’en sortirais un jour, car c’est un métier qui n’honore pas la famille. » Nous a confié une prostituée ayant requit l’anonymat.
Sur la question du VIH SIDA, les travailleuses du sexe sont bien conscientes de l’existence du fléau, mais n’aiment pas souvent en parler, comme l’atteste notre interlocutrice « Nous sommes toutes conscientes que le SIDA est là, mais que faire ? C’est un métier que nous pratiquons pour vivre. Toutes fois, grâce à des ateliers de formation dans des langues du pays, nous savons de jours comment s’y prendre pour éviter le sida, à travers l’usage du préservatif. Même si un client nous propose une forte somme pour coucher avec lui sans préservatif, moi personnellement je refuse. Car je sais que l’argent est important pour moi, mais la vie avant tout. » Souligne-t-elle avant de disparaître dans un bar situé à quelque mètres de nous.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com